On aurait pu imaginer que les unes en Europe soient consacrées aux dégâts de l’orage

Pas du tout ! C’est une tout autre tempête, celle des écoutes américaines, qui est sur toutes les premières pages ce matin, -c’est dire l’importance que prend cette affaire.La Libre Belgique met à sa Une le président de la Commission Européenne qui dénonce l'espionnage américain en Europe.

Le Soir de Bruxelles publie la carte des pays espionnés par les Etats-Unis. Les Pays-Bas ont été frappés par la tempête, certes, mais la Une du Volkskrant ce matin pose la question : « l’espionnage par des amis, est-ce vraiment une chose nécessaire ? »

C’est en Espagne que le ton est le plus remonté ce matin : El Mundo cite le ministre des Affaires Etrangères espagnol qui parle de 'seria preocupación'. Le journal a eu accès en exclusivité à un document secret américain détaillant les appels téléphoniques interceptés à la fin de l’année dernière.

Rien que le 11 décembre, "journée de flux le plus élevé", 3,5 millions d'appels téléphoniques ont été enregistrés. Ces faits constituent un délit prévu par le Code pénal espagnol, et le procureur de l'Etat doit dénoncer la NSA dès aujourd'hui pour violation de l'intimité de millions d'Espagnols.

Les Allemands aussi se posent de plus en plus de questions

Comme souvent c’est la presse la plus populaire qui va droit au but. Bild demande à sa Une ce matin :les Américains sont-ils vraiment nos amis ?

Der Spiegel est allé carrément photographier le toit de l’ambassade américaine à Berlin. De fausses façades en céramique, mais derrière, des antennes très puissantes et équipées, et qui nous surveillent. En Grande Bretagne, The Guardian, le journal par lequel le scandale est arrivé la semaine dernière, titre ce matin sur le revirement de la Présidente de la Commission de l’Intelligence, Diane Feinstein, qui a changé d’avis, annonçant tout d’un coup qu’elle est totalement opposée à l’espionnage des pays alliés.

Il n’y a guère que Publico, au Portugal, qui adopte un angle différent face à la tempête, proposant de transformer l’hymne européen « Ode à la Joie » en « Ode à l’hypocrisie ! »

Que disent les Américains ?

Leurs journaux en tout cas ne sont guère plus compréhensifs, et même parfois plus remontés que ceux de ce côté-ci de l’Atlantique. The New York Times décrit la réponse américaine comme « un mélange pathétique de vœux pieux, de vaines promesses et de platitudes concernant les besoins de la sécurité par les temps qui courent » . « L’excuse la plus bizarre », je cite le journal, « c’est que notre Président ne savait rien. Pourquoi ? Personne n’avait eu l’idée de le lui dire ? »

A Washington, même The Post avance que Barack Obama a été mis au courant des écoutes l’été dernier seulement. Le journal se demande comment rétablir la confiance avec l’Europe, et ne trouve pas du tout convaincants, je cite, « nos efforts de balayer le tout avec de l’humour du genre : vous nous connaissez, les gars, nous ne parlons pas de langues étrangères, si vous n’avez pas téléphoné en anglais, on n’a rien compris ! »

Sinon les journaux font le bilan lourd du passage de la tempête

D’énormes dégâts et des morts dans chaque pays, mais il faut bien le dire le ton général est que cela aurait pu être encore pire. C’est le cas notamment en Grande Bretagne, où l’orage était loin d’être aussi puissant que celui de 1987.

Le journal londonien, The Evening Standard a eu vent justement qu’un arbre a été déraciné dans le jardin de Michael Fish et a précipité illico presto leurs photographes sur place. Ce nom ne vous dit rien ? C’est le journaliste météo de la BBC lequel, en 1987, avait conclut ses prévisions à peine quelques heures avant l’arrivée du cataclysme disant qu’il ne fallait pas s’inquiéter outre-mesure. C’est l’une des plus grosses bourdes de l’histoire de la BBC.

Devant l’arbre tombé dans son jardin, l’ancien présentateur, maintenant à la retraite, était le premier à avoir recours à l’expression anglaise, « it serves me right » - c’est bien fait pour ma gueule !

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