L’accident au ski de Michaël Schumacher sur toutes les premières pages

C’est très rare de voir la même Une partout. Du Diario de Noticias au Portugal au Svenska Dagbladet à Stockholm, l’état de santé de l’ancien pilote de Formule 1 devient de plus en plus préoccupant, surtout sur les sites web actualisés au cours de la nuit.

Dans son pays, en Allemagne, il est "en danger de mort" ou même déjà "dans le coma" selon les titres. Schumi lutte pour sa vie, c’est la Une de Bild . __

Die Welt essaie de comprendre la mentalité de ce sportif . Son principal journaliste sportif, qui le connaît, affirme que Schumacher ne sait plus vivre sans danger. Dans le cockpit de sa voiture, il maîtrisait le risque, lui qui a toujours poussé jusqu’aux limites, même au-delà. Mais Schumacher a toujours été un perfectionniste, il n'agissait jamais de façon illogique. Depuis qu’il n’est plus au volant, en revanche, les choses ont changé. Faire du ski est l’un des loisirs les plus dangereux, de loin. De plus en plus de skieurs allemands portent des casques, certes, mais lorsqu’on se heurte à un arbre à une vitesse de 70 kilomètres/h, le casque n’y peut rien – seul Dieu peut vous aider. Laissons à la psychologie le soin d’expliquer pourquoi tout d’un coup l’appareil émotionnel reprend le dessus sur le rationnel. Peut-être Schuhmacher était-il condamné à risquer sa vie en permanence. Cette fois-ci ce n’est plus lui qui tient le volant de sa propre vie, mais quelques médecins spécialistes.

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L’arrivée des Roumains et des Bulgares à partir de mercredi 1er janvier sur le marché du travail de plusieurs pays

Restons un instant en Allemagne où le parti de droite en Bavière, le CSU, sème déjà la zizanie dans la toute nouvelle coalition selon le Süddeutsche Zeitung , en prédisant une arrivée en masse depuis l’Europe de l’Est sur le sol allemand.

Le Tageszeitung rappelle qu’il n’y a pas de raison d’avoir peur, car les Bulgares et les Roumains qui n’ont pas de travail ne recevront pas d’allocations en Allemagne .

Au Pays-Bas aussi, à la une du Volkskrant ce matin, les Néerlandais ont peur de cette main d’œuvre peu chère venue d’ailleurs. Le ton monte d’un cran – encore ! – en Grande Bretagne où la presse est déjà depuis un moment la plus remontée du continent à ce propos.

La Une de l'Express : « Même les députés roumains nous préviennent de l’arrivée imminente de véritables essaims. Le mot en anglais « swarm » s’applique aux abeilles en anglais mais son impact émotionnel est plutôt l'image de « hordes » de migrants.

The Independent affirme quedes travailleurs migrants devront désormais payer avant d’être soignés aux urgences – c’est nouveau en Grande-Bretagne, et le gouvernement va l’annoncer ce matin.

[The Times ](The Times), sur sa première page, a joint un conseiller du premier ministre roumain qui proteste que ce sont plutôt les banquiers qui piquent l’argent des Britanniques en ce moment, pas les mendiants roumains– le tout transformé dans la Une qui n'est pas prête de calmer le lectorat, loin de là.

D’autres sons de cloche dans la presse étrangère néanmoins...

À commencer par il Corriere della Sera qui cite le pape François qui a rappelé hier que Jésus était un réfugié et qu’il est de notre devoir d’accueillir les migrants de manière générale .__

Trouw au Pays-Bas, journal chrétien, affirme dans son éditorial que les Néerlandais devraient accueillir les Roumains et les Bulgares . « L’Europe n’avancera pas en refermant ses innombrables frontières, mais en investissant dans le développement commun de ses citoyens ».

Mais aussi un article intéressant à ce propos, ce matin dans le journal Publico à Lisbonne, qui rappelle pourquoi certaines personnes, surtout des jeunes, et surtout les plus talentueux d’entre eux – partent, même si beaucoup ont le sentiment de trahir leur pays. Le Portugal « devient à nouveau un pays vide ». Comment voulez-vous que ce soit autrement lorsque 51,9% des personnes interrogées estiment ne plus avoir d’avenir ici ? Dans un pays où l’on ne rêve plus, il est normal de vouloir s'en aller.

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