L’annonce d’élections anticipées en Grèce dans un mois fait la une partout en Europe

Avec des métaphores faciles, mais payantes : « La tragédie grecque, nouvel acte », c’est celle de Die Presse à Vienne.

El Pais , à Madrid, enchaîne « le drame se situe en Grèce mais l’œuvre peut se jouer dans n’importe quel théâtre du sud européen ».

Parmi les spectateurs les plus attentifs de cette tragédie, il y a les Allemands !

Encore du stress avec Athènes, le Frankfurter Allgemeine Zeitung ne cache plus son agacement et donne la parole, sur sa première page, à un économiste de renom qui concède, c’est rare outre-Rhin, que le « Grexit », la sortie des Grecs de l’euro, est maintenant tout à fait envisageable.

Der Spiegel craint que ce soit maintenant que commence la vraie crise de l’Europe, avec, dans le rôle du pyromane, « le charmant dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras ».

Die Welt fait les calcul : « La crise grecque pourrait nous coûter 80 milliards ».

A gauche, le Tageszeitung met en boite, justement, ce genre d’attitude, en posant la question : « Syriza va-t-il introduire le communisme avec ‘notre argent’ ? ».

Mais le « notre argent » est entre guillemets car le journal affirme plutôt que, contre toute attente, le succès de l’extrême gauche grecque pourrait être une vraie chance. Même avis dans The Guardian , à gauche aussi, mais outre-Manche : « Syriza est à même de transformer l’Europe, son programme anti-austérité est plus raisonnable que radical et justement ce dont la Grèce a besoin. Mais ce point de vue est largement minoritaire dans la presse non grecque, il faut bien le dire ».

Sur place, en Grèce __

« Ce sera la fin de l’Empire de la Terreur si je suis élu », c’est ce que promet Alexis Tsipras aux lecteurs de Ta Nea .

Kathimerini en est toujours au règlement de comptes : « Qui a perdu la Grèce ? Depuis quelques mois on claironne que si la troïka insiste sur davantage d’austérité, le gouvernement s’écroule. C’est fait ».

Et pour ceux qui n’auraient pas compris qui est le coupable, l’éditorial est accompagné de la photo du ministre allemand des Finances.

Qui du journal Eleftherotypia ?

Depuis le 21 novembre, une grève « de 48 heures » est annoncée sur sa première page, qui depuis n’a pas bougé d’un iota. C’est un journal qui meurt, tout comme Unità déjà en Italie et dont le site web annonce depuis cet été un retour imminent : hélas dans le silenzio le plus total.

Les animaux font la une ?

Celle du Temps en Suisse, inquiet devant la disparition de certains animaux et son effet boomerang. Tandis que des espèces s’éteignent par milliers, de petits robots à figure de chaton viennent égayer les écoles japonaises.

« Stupeur, nous pourrions connaître le même sort que les animaux », prévient le journal.

Au nom, peut-être, de toutes les bêtes de la terre, un animal prend sa revanche, et elle est terrible sur la première page d’ABC . Je parle du taureau qui a encorné deux fois une Espagnole qui voulait devenir torera. L’image est saisissante. Les cornes du taureau sont rouge luisant, et le regard de souffrance horrible de cette femme devient, à son insu, le symbole de toutes les tragédies qui se jouent dans les arènes de notre continent en ce moment.

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