La presse européenne se penche sur les hommes politiques qui gouvernent notre continent

Les hommes dans le sens le plus étroit du terme, (on ne voit pas de femmes à la Une) et puis « gouvernent », c’est encore plus discutable. A commencer par l’infatigable, l’indéboulonnable Berlusconi qui précipite une fois de plus l’Italie dans la crise, en retirant ses propres ministres de la coalition au pouvoir. La presse italienne, du moins celle qui ne lui appartient pas, n’est pas tendre du tout. Eugenio Scalfari, le fondateur de La Repubblica, prend sa plume, -c’est rare-, pour comparer Berlusconi non seulement au caïman du film éponyme de Nanni Moretti, mais également au célèbre bandit charmeur de l'Opéra de Quatre Sous de Brecht : « Comme Mackie Messer, il a un couteau, caché sous son manteau».

L’éditorial le plus parlant est dans La Stampaà Turin, et on sent l’éditorialiste éreinté sous le titre «Basta ! » Au milieu d’un samedi après-midi lorsque les Italiens profitaient des derniers jours de beau temps, avant la pluie de l’automne, voilà le froid d’une crise inutile et désastreuse. Les superlatifs ne manquent pas dans le papier –c’est une crise « durissima ». Pour son anniversaire, il Cavaliere a offert un cadeau des plus amers –« amarissimo ». Il serait temps que soixante millions de personnes aient le courage de dire « cette fois-ci, l’Italie est plus importante ! »

Puis la presse non italienne a perdu patience. Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Berlusconi est l’ennemi de son propre pays . L’Italie est « hypothéquée » pour El Pais à Madrid, et La Libre Belgiqueraconte cette histoire d'un ancien empire devenu un pays ingouvernable.


D’autres hommes à la Une, dont le président allemand

A la fois le journal populaire Bild et le magazine Der Spiegel titrent ce matin sur un livre choc qui sort avec des révélations sur le président allemand, Joachim Gauck. On y parle de ses oublis -il perd constamment ses clefs, son agenda-, puis de ses signes de faiblesse, il a 73 ans, ainsi que son penchant pour les femmes… Et pas seulement, car Der Spiegel publie des rumeurs sur son éventuelle bisexualité.


Les élections autrichiennes hier avec une remontée de l’extrême droite

Encore un homme sur les premières pages : Heinz Christian Strache, le leader de l’extrême droite qui atteint jusqu’à 22% des voix , ce qui donne « un œil au beurre noir » à la coalition fatiguée au pouvoir, selon Der Standard sur place à Vienne.

Pour Die Zeit en Allemagne c’est un triste record avec désormais 30% du parlement autrichien occupés par des partis qui sont contre l’Europe.

Négociations et tractations, donc, et le Neue Zürcher Zeitung a recours en titre de son éditorial à une expression bien allemande : « l’Autriche va devoir se débrouiller avec ses propres saucisses ! », « weiterwursteln » pour les spécialistes.

Un homme à la Une deEletheroptypia en Grèce

Le leader du parti d’extrême droite, mais là vraiment extrême,Nikos Michaloliakos qui menace à son tour de retirer ses 18 députés du parlement , provoquant de nouvelle élections régionales, pouvant « précipiter le pays dans la spirale de la déstabilisation ».

Deux présences féminines sur les premières pages

Presque aussi indéboulonnable que Berlusconi,la princesse Diana trône toujours sur la première page du Daily Express en Grande Bretagne, avec un nouveau témoin des services secrets britanniques « prêt à parler ».

Puis, la seule autre présence féminine sur les premières pages, celle de Trouw au Pays-Bas, plutôt l’image de la partie inférieure des jambes d’une femme en talons aiguilles pour illustrer les mauvaises conditions des travailleuses du sexe depuis la levée de l'interdiction des maisons closes au Pays-Bas, mesure qui n'a pas donné les résultats escomptés . Sans faire de féminisme primaire, notre continent serait peut-être autrement gouvernée s’il y avait des femmes, et autrement, sur ses premières pages ce lundi matin.

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