Vous connaissez peut-être la formule : une rumeur + un démenti = une info. Bon, ce n’est pas à prendre au pied de la lettre.. Il arrive qu’une rumeur ne fasse que courir avant de s’arrêter net… Alors comment interpréter cet écho de rachat par EDF du groupe britannique British Energy, battu en brèche cette nuit par le groupe francais lui-même ? Difficile de se faire une idée tant la formulation d’EDF est évasive : "Les conditions permettant un développement majeur en Grande-Bretagne ne sont pas réunies, à ce jour". Voilà. Mais enfin, comme l’affirme une autre formule : il n’y a pas de fumée sans feu… Les atomes crochus entre l’exploitant nucléaire français et son homologue britannique ne tombent pas du ciel... Alors, en attendant d’en savoir plus, probablement dans la matinée, les journaux annoncent la nouvelle et la commentent… Prudemment ou avec enthousiasme, c’est selon. Du côté de ceux qui se réjouissent : La Tribune… "EDF accroît sa suprématie dans le nucléaire mondial", titre le journal économique… "Une bonne nouvelle pour la France", explique Erik Izraelevicz… "L’illustration que, dans certaines industries, l’énergie notamment, elle occupe de fortes positions". "Mais surtout, renchérit Yves Thréard dans Le Figaro, ce rachat confirme la pertinence des choix politiques faits par notre pays en matière nucléaire il y a près de 40 ans… Sur ce terrain, la France ne subit pas l’avenir, elle le fait". Bien. Mais enfin, plus elle fait l’avenir, plus elle fait de déchets, la France, parce que, face à tous ceux qui affirment que le nucléaire est une énergie propre, d'autres répondent : "Ah bon ?... Parce que vous trouvez que les déchets nucléaires, c'est propre ?"... Alors qu'en fait-on, de ces poubelles radioactives ?... C'est Le Parisien-Aujourd'hui en France qui pose la question en Une, et qui s'intéresse à l'enfouissement des déchets ultimes, ceux qui restent dangereux pour l'homme pendant des dizaines de milliers d'années. Si tout se passe bien, ils seront placés en 2025 à 500 mètres sous terre, du côté de Bure, dans la Meuse... Le contenu n'y est pas encore, mais le contenant est déjà là... Le Parisien est allé voir... Son reporter Marc Payé a pu pénétrer dans ses entrailles, dans ce futur tombeau des déchets nucléaires... "Voyage surréaliste et hallucinant", commente-t-il... "C'est comme un immense coffre-fort, inviolable grâce à sa couche d'argile... Les premiers tests ont été satisfaisants, nous dit-on, mais ils doivent être approfondis... C'est le cas de le dire". Et voilà comment Bure endosse la robe de gardienne de nos résidus nucléaires... Ce qui est tout de même plus ou moins bien accueilli, dans cette localité... Il y a ceux qui y voient un bassin d'emploi... Et ceux qui voient tout cela d'un très mauvais oeil, sur le thème : "C'est mille fois non : la Champagne-Ardennes a assez donné, question sacrifices, au cours du XXème siècle", dit par exemple un maire de la communauté de communes de Bure. "Cachez-moi ces déchets que je ne saurais voir... Qu'est-ce que c'est que cette façon de les cacher sous terre, de faire comme s'ils n'existaient pas ?", note Michel Marie, animateur du Collectif contre l'enfouissement : "La Champagne-Ardennes, clame-t-il, ne doit pas devenir la poubelle nucléaire de la France". D'accord, mais qu'en fait-on, de ces résidus ?... Réponse radicale de Michel Marie : "Il faut sortir du nucléaire". Et une fois de plus, aujourd'hui, les journaux évoquent le pays où vont se dérouler les Jeux Olympiques : la République impopulaire de Chine... Oui, la Chine impopulaire, un peu plus encore, depuis qu'elle a décidé de restreindre l'accès d'Internet aux journalistes, au cas où ils iraient voir ce qu'ils ne doivent pas voir... Certes, on apprend ce matin que les autorités de Pékin ont levé la censure sur plusieurs sites Internet, mais qu'elle continue d'en bloquer beaucoup d'autres au principal centre de presse. Même le président sortant du Comité national olympique français, Henri Sérandour, part à Pékin avec beaucoup d'anxiété... Il faut dire qu'entre les émissions de CO², les violations des droits de l'homme, le musèlement des médias, et accessoirement le dopage, le sport, aux JO de Pékin, fait quasiment figure d'incongruité. Comme le titre, de façon un peu euphémique Le Figaro : "La controverse assombrit le ciel de Pékin" qui, paraît-il, est déjà chargé. Le journal La Tribune, se fait l'écho des lamentations des sponsors, qui se disent : "Ca, c'est la tuile"... Avec tous les problèmes qui constituent l'environnement de ces Jeux, le public se détourne... Une enquête réalisée par l'institut Sports & Marchés le confirme... 45% des personnes interrogées en France se disent intéressées par la compétition, alors qu'elles étaient 59% dans ce cas il y a 4 ans à Athènes. Tendance identique en Espagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne, mais aussi en Russie et aux Etats-Unis, bref partout. Alors, pour des partenaires comme Adidas ou Volkswagen, qui ont déboursé jusqu'à 80 millions rien qu'en droits, c'est la panique. Voilà en tout cas une leçon pour le CIO, car les événements lui montrent qu'il ne peut pas miser uniquement sur la force de l'événement et s'abstenir du contexte. Et comme si tout cela ne suffisait pas, le journal L'Equipe nous explique que les autorités chinoises craignent maintenant des pénuries d'électricité... Problèmes d'approvisionnement en charbon... Trop grosses consommations, en cause notamment de la chaleur qui sollicite durement les climatiseurs... Obscurantisme et obscurité... La coupe est pleine. On peut aussi se poser la question de l'après-JO, comme le fait le journal grec Ikatimerini, qui établit ce constat alarmant : depuis les JO d'Athènes en 2004, seuls 30% des stades ont été utilisés... Les autres, ils sont à l'abandon, fermés... Esprit sportif oublié. Quand on sait que leur construction a coûté plusieurs milliards d'euros à la Grèce, les Grecs s'insurgent... "Nous les contribuables, écrit Ikatimerini, nous payons la note... Nous en avons encore pour 36 années... Sans compter les 50 millions d'euros par an que coûte le simple entretien de ces stades où il ne se passe plus rien". Plus souriants : ces quelques échos de la vie en Chine, où l'on découvre, dans l'hebdomadaire La Vie, un pays en maillot de bain. D'où cette photo saisissante, double page, où l'on voit des centaines de Chinois entassés dans une même piscine... Autant vous dire qu'ils sont coude à coude, qu'il est impossible de nager... Pas bouger... D'autant plus que la quasi-totalité des baigneurs ont une bouée... Ils sont donc tous coincés, mais ils ont le sourire. De l'insolite aussi en Chine... Une information rapportée par l'agence Xinhua : l'association des restaurateurs de Pékin interdit à ses 112 établissements homologués de servir du chien pendant toute la durée de la compétition... Il est vrai, comme le diraient les défenseurs des droits de l'homme, qu'on a assez avalé de couleuvres avec ces Jeux. Oui, sur le mode de la sonnette d'alarme... C'est dans Libération, sous le titre : "Le mal des mers... Surpêche, réchauffement climatique, pollutions (avec un "s"), transports maritimes : les eaux, notamment en France, sont victimes des hommes... Les poissons, eux, disparaissent". Point, à la ligne... Comme la pêche, mais celle-là, elle ne fait pas trop de mal... Non : c'est la pêche industrielle qui vide la mer, et autres joyeusetés, du genre coquillages contaminés en Seine-Maritime, huîtres décimées sur la côte Atlantique, algues qui stagnent à Villefranche-sur-Mer... Mauvais signe... Méduses qui envahissent Cagnes-sur-Mer... De mauvaise augure... Et poissons-lapins pêchés au large de Marseille... Anomalie, parce que celui-là, il baigne depuis un demi-siècle dans les eaux du Proche-Orient... Ses ancêtres barbottaient dans la Mer Rouge... Lui, il arrive au large de la Provence... Le réchauffement des eaux y est pour quelque chose. "Paradoxe estival", commente Didier Pourquery dans Libé... "Tandis que l'on fait de plus en plus d'efforts pour avoir des eaux de baignade limpides, il suffit d'aller au large pour constater que le milieu marin souffre". En d'autres termes : pourvu qu'on puisse aller à la plage tranquillement, ce qui se passe au large, on s'en fiche. Or, si les tendances actuelles se poursuivent, l'ensemble des espèces de poissons et de coquillages pêchés pour la consommation disparaîtra avant 2050. La plage : voilà qui inspire, cette semaine, un Philippe Bouvard inspiré. Dans sa lettre hebdomadaire que publie Le Figaro Magazine... Une lettre adressé à son "cher cousin de Paris", le vacancier Bouvard écrit : "Je te le dis : la mer se montre beaucoup trop bonne en acceptant, sans se rebeller, qu'on la piétine, qu'on la pénètre et qu'on la souille... Les baigneurs n'ont de respect pour elle que lorsqu'une lame a emporté l'un d'eux. Le reste du temps, ils lui offrent le désolant spectacle d'une immense salle de bains où le sable remplace le carrelage, et où l'on s'évertue à exhiber tout ce qu'on a raison de cacher le reste du temps. Festival d'épidermes variés, écarlates au début du séjour, calcinés à la fin... Et ce n'est pas tout : quand tu vas sur le sable, tu supportes les conversations des uns et des autres, y compris au portable... Et tu touches là l'escroquerie majeure d'une journée de plage : arrivé le matin pour faire le vide de tes problèmes, tu repars le soir rempli de ceux des autres". Et gardons Le Figaro Magazine pour terminer, avec cette extraordinaire photo d'un "grand blanc", un requin toutes dents dehors : 6 mètres d'envergure pour environ 2 tonnes, une belle bête... Alimentation très variée... Un modèle pour les diététiciens... Espérance de vie : 60 ans... Lui aussi est menacé de disparition... Quant à sa mauvaise réputation, elle n'est que réputation, car ces requins n'agressent que très rarement les hommes, sauf lorsqu'ils les confondent avec d'autres proies... Ce qui reste exceptionnel... Le requin n'aime pas l'homme... Il n'aime pas le goût de l'homme assaisonné à la crème solaire... Le requin a du goût.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.