Des envies d'ailleurs, aujourd'hui, dans la presse. La surprise est venue des Etats-Unis avec l'offre d'Illiad, maison-mère de Free, sur son cousin T-mobile. Alors, le quatrième opérateur téléphonique français aux commandes du quatrième acteur américain ? Perspective vue, de France, avec une certaine excitation. Le Figaro et les Echos utilisent la même expression : "Free à l'assaut". Les pages saumon notent bien que l'"opération intervient après la fin de recevoir pour le rachat de Bouygues telecom". Le quotidien économique souligne que le Français "changerait de dimension" en prenant le contrôle de T-mobile. L'Américain compte 50 millions d'abonnés, cinq fois plus que Free mobile. Le conditionnel reste de rigueur, "la bataille ne fait que commencer" et la presse américaine ne voit pas vraiment le Frenchie l'emporter face à l'autre offre, déposée par Sprint, le troisième opérateur aux Etats-Unis.

Le Wall Street Journal, qui a révélé l'affaire, souligne que l'envol de l'action T-mobile doit beaucoup à "l'anticipation d'une montée des enchères" et pas grand-chose à la crédibilité de l'offre française. Un analyste interrogé se dit "septique" et le quotiden juge "douteuse" la complémentarité des deux entreprises, donc les économies d'échelles envisagées. Il s'interroge aussi sur la largeur des épaules de Xavier Niel, le patron de Free. Vu d'Amérique on relève son pedigree d'entrepreneur impeccable, depuis ses 18 ans et la messagerie rose jusqu'au "fauteur de trouble des télécoms" en passant par le tout premier fournisseur d'accès à Internet en France. Mais "en 20 ans Illiad n'a réalisé qu'une seule acquisition" s'inquiète le Wall Street Journal, qui creuse la biographie jusqu'à évoquer le goût de Xavier Niel pour la musique. Iil a effectivement investi dans le catalogue musical de Claude François, dont le "comme d'habitude" s'est bien exporté, ce qui fait de Niel, vu des Etats-Unis, "l'un des co-détenteurs des droits de my way".

L'autre surprise du jour est bien bien française, c'est dans Marianne, ce sondage qui donne Marine Le Pen en tête devant Nicolas Sarkozy dans tous les cas de figure pour la prochaine présidentielle, au prix d'une contorsion temporelle... la question posée à un millier de personnes commençait par "Si dimanche prochain avait lieu de premier tour de l'élection présidentielle de 2017". Du coup le sondage est très peu repris dans les quotidiens, si ce n'est pour se voir descendre en flèche par Libération. Jonathan Bouchet-Peterssen pointe dans son billet la "très grosse limite" d'une étude 3 ans à l'avance et se demande si c'est "bien raisonnable" d'un point de vue de journaliste, et pas de cartomancien".

Libé retient quand même une leçon : Manuel Valls a beau être plus populaire que François Hollande, il ne recueille pas davantage d'intentions de vote, 17%. Les hypothèses Fillon et Juppé n'ont pas été testées. Cette surprise bien française trouve aussi un écho outre-Atlantique. Le Financial Times évoque "la menace grandissante" que représente le Front national pour des partis de gouvernement affaiblis. Le FT note la chute de 6 points de Nicolas Sarkozy par rapport au précédent sondage sur 2017, en avril, c'était avant l'affaire Bygmalion.

A l'opposé du Financial Times (à la santé florissante), la mort d'un titre en Italie. L'Unita ne paraîtra plus. L'ancien "journal du parti communiste" fondé par Gramsci ne comptait plus que 25 mille lecteurs. C'est donc le cousin italien de l'humanité qui disparait, à 90 ans.

Le Monde raconte sa chute, parallèle à celle du communisme italien. Le journal était ces dernières années dans l'orbite du parti démocrate, au pouvoir, et dans son dernier édito son directeur accuse Matteo Renzi de "n'avoir rien fait pour le sauver". Le titre continuera d'exister indirectement. Comme l'Huma il a donné son nom aux fêtes de financement du parti. Elles se poursuivent, "il va donc s'organiser un peu partout en Italie des fêtes de l'Unita... sans l'Unita".

Ailleurs, les chrétiens d'Irak en rêvent aussi. Réfugiés au Kurdistan, ils sont des milliers à avoir fui notamment Mossoul, dans le nord du pays, à l'arrivée et sous les menaces des islamistes. Le cardinal Barbarin leur a rendu visite toute cette semaine. Un reporter de la Croix accompagnait l'archevêque de Lyon. Il rapporte les témoignages de la terreur dans les heures qui ont suivi l'arrivée des djihadistes. "Parmi eux des Saoudiens, des Pakistanais... pour savoir qui est chrétien dans une ville inconnue ils ont recruté des indics parmi la population". Un ingénieur réfugié raconte le coup de fil d'un collègue de travail lui annonçant que sa maison était désormais "propriété de l'islam" et qu'il devait payer "100 000 dollars pour la récupérer". Entre-temps il avait fui avec sa famille. C'est leur voisin, musulman, qui les a pris en voiture pour passer les barrages sur la route. Le Kurdistan, et après ? Dans le Figaro un prêtre évoque "200 demandes de certificat de baptême par jour" - la pièce est nécessaire pour quitter la région... à destination notamment de la France, qui a proposé d'accueillir les réfugiés. "Ceux-là auront gagné à la lotterie", lâche l'évêque de Kirkouk à l'envoyé spécial du quoditien "mais les autres, la majorité silencieuse, ceux qui ne peuvent pas crier... va-t-on les aider à tenir et à espérer"... pour eux, c'est décidé, l'évêque va rester.

Quand un conflit s'exporte, nouvelle illustration dans Rue 89 au sujet du boycott des produits isréaliens. Depuis la reprise des combats dans la bande de Gaza certains ont appelé à éviter les articles dont le code barre commence par 729 indication géographique de l'Etat hébreu... qui en réalité ne veut pas dire grand chose, une entreprise française peut fabriquer un produit en Israël et le vendre sous un indicatif français, et inversement. Dans le doute, des militants sont passés à l'étape suivante, l'application pour smartphone, liée à une liste qui cible des entreprises entières. Le site s'interroge et interroge son avocat sur le statut juridique de l'initative : liberté d'expression ou "provocation à la discrimination" ? La première version l'emporte en général mais il y a un exemple de condamnation, l'année dernière devant la cour d’appel de Colmar. L’affaire est en cassation.C'est l'excursion annuelle du foot français. Le trophée des champions, premier titre de la saison, a pris l'habitude de se délocaliser. Après le Maroc, les Etats-unis et le Gabon, demain soir c'est à Pékin qu'il opposera les vainqueurs du championnat et de la Coupe de France. Cette année le PSG et Guingamp. Tournée promotionnelle rn Chine pour les Parisiens, relative indifférence pour les Bretons, "pas vraiment importunés par les sollicitations", s'amuse l'Equipe. Les rouge et noir auront au mois un supporter breton pour les applaudir. L'histoire de son voyage est dans les journaux de la région, le Télégramme et Ouest-france, dans France football aussi. Les 2 milles premiers kilomètres dans une 205 d'occasion troquée contre une remorque à chien ensuite, le moteur ayant lâché, le reste du parcours entre train et logement chez l'habitant. Il a fini par arriver, heureusement, c'est tout de même lui qui transportait le brassard du capitaine guigampais. L'aventure pour les footballeurs, aussi dans le Parisien un joueur du PSG se plaint des installations.

Si l'état de la pelouse ne convient pas ils peuvent toujours se tourner vers la Californie, où une entreprise a trouvé la solution à la sécheresse - du moins à une de ses conséquences, les restrictions d'eau qui font ressembler les pelouses à des tapis de foin. Rien qu'un bon coup de peinture ne puisse corriger ! oui, de la peinture verte. La photo des artisans jardiniers-peitres, en action, est dans VSD, au bout du tuyau on voit bien la différence... avant / après. "La teinture est supposée tenir trois mois" précise l'hebdomadaire. Ca se confirme, parfois l'herbe est réellement plus verte ailleurs.

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