Bonjour... Il est formidable, Iturria. Iturria, c'est le dessinateur attitré du journal Sud-Ouest, et il réussit à résumer toute l'onde de choc de l'affaire suisse des minarets sans en dessiner un seul... simplement un Français moyen, béret sur la tête et baguette sous le bras, qui s'adresse à Nicolas Sarkozy un clairon à la main, et qui lui dit : "Faites gaffe : à force de souffler dans le clairon de Déroulède, ça peut finir comme ça". "Comme ça" : c'est un Suisse qui souffle dans sa longue corne des montagnes. Paul Déroulède était un ultra-nationaliste qui a poussé à la guerre de 14-18 et qui avait fait rimer "clairon" avec "canon". Hervé Cannet s'étonne dans La Nouvelle République du Centre-Ouest : "Pourquoi, instinctivement, l'opinion publique française se sent-elle éminemment concernée par la votation de nos voisins suisses ? Pourquoi l'émotion et les réactions semblent-elles plus sensibles, plus nombreuses dans la République que dans la Confédération ?". Pour Hervé Cannet, la réponse a un nom, qui n'est peut-être pas très politiquement correct mais qui résume cette crainte : contagion. "Déclencher une querelle de clocher en laissant la problématique sur les minarets perturber l'environnement politique serait prendre un risque non négligeable", dit encore l'éditorialiste. Parce qu'effectivement, comme le souligne Le Figaro, "le résultat du référendum helvétique intervient alors que s'engage le débat sur l'identité nationale dans notre pays". "Ne tombons pas dans le piège suisse", s'écrie Manuel Valls, interviewé par Libération. Le député socialiste est aussi le maire d'Evry, qui abrite la plus grande mosquée de France. "Ce vote suisse, dit-il, peut provoquer une onde de choc qu'il faut savoir maîtriser en France, au moment où le gouvernement instrumentalise un débat sur l'identité nationale". Et Manuel Valls prend pour exemple sa ville : "A Evry, nous avons la seule cathédrale construite au XXème siècle qui n'a pas de clocher, alors que la mosquée a son minaret, et personne ne trouve rien à redire". Ah oui, "les Suisses ont mis le souk dans la classe politique française" : expression de Jacques Camus dans La République du Centre. "Nos dirigeants, malgré leurs efforts de confinement de la votation helvète, n'ont pu empêcher la contagion du débat dans l'Hexagone sur le thème : 'les Suisses ont dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas'. Nos gouvernants, dit Jacques Camus, découvrent à quel point débattre de l'identité nationale s'avère périlleux". Le Parisien-Aujourd'hui en France est allé voir ce que pensent les musulmans de notre pays. Ils ne cachent pas leur amertume. Ils sont lassés que leur religion soit régulièrement stigmatisée. Mais il restent confiants sur la tolérance des Français. Ainsi Azzedine, interrogé par le journal : "Si les minarets dérangent les gens, on peut très bien s'en passer, dit-il. Tout ce que nous demandons, c'est que l'on respecte notre religion et que l'on ne fasse pas preuve de haine à notre encontre". Le Parisien-Aujourd'hui en France qui rappelle que la deuxième religion de France compte 2000 lieux de culte et seulement 10 minarets. Le plus haut est celui de la Grande Mosquée de Paris : 33 mètres. Celui de Marseille, qui vient d'obtenir son permis de construire, fera 25 mètres. Alors qu'à Rome, le minaret de la mosquée est, par contrat, moins haut que la coupole de la basilique Saint-Pierre. Rome où le Vatican a pris position dès hier, en estimant que le résultat suisse est un coup dur pour la liberté religieuse. C'est dans La Croix, qui consacre deux pages au débat. (Nicolas Demorand : "L'autre titre du jour, c'est la Journée mondiale contre le SIDA")... Oui, La Croix nous incite à "redoubler d'efforts contre le SIDA". Car la recherche sur le virus fait d'importants progrès (La Croix nous dit que la France se prépare à tester un vaccin contre le SIDA), mais l'accès aux soins reste largement insuffisant dans les pays du Sud. François Ernenwein, dans son éditorial, constate : "Vingt ans après l'apparition de la maladie, les déficits les plus importants ne portent plus, en Occident au moins, sur les investissements dans les innovations ou sur les résultats obtenus sur le plan médical. Le déficit principal est celui de la solidarité. La stigmatisation qui frappe encore les malades rappelle à quel point la lutte contre les épidémies ne peut pas se réduire à sa dimension technique. Le SIDA et toutes les pandémies font peur, parfois au-delà de toute raison. Aujourd'hui, la mondialisation a une contrepartie sanitaire : la peur peut être globale. Alors, écrit l'éditorialiste de La Croix, la solidarité, s'il y a pandémie, doit l'être aussi". "Ca n'est pas le cas", reprend L'Humanité. "Les pays riches rognent sur les financements. ONUSIDA s'alarme d'un manque de plusieurs milliards de dollars. La crise économique, dit L'Huma, menace les efforts accomplis. Ainsi, aux Etats-Unis, le plan d'urgence du Président pour la lutte contre le SIDA a d'ores et déjà annoncé une stagnation de ses aides pour les deux prochaines années". Et en France ? En France, Didier Pobel s'inquiète, dans Le Dauphiné Libéré, d'un risque de confusion. "S'il est scandaleusement indécent de comparer les ravages du VIH au bilan actuel de 'notre' grippe A, il n'empêche que tout risque à chaque instant de se brouiller dans les esprits... avec un risque majeur : que le quotidien des Français, obnubilés désormais par la course à la vaccination, relègue au second plan des préoccupations cette nouvelle Journée mondiale contre un fléau d'une toute autre dimension". Et Didier Pobel prend une image osée : "Pour éviter toute scabreuse concurrence des virus, dit-il, il ne faut pas qu'il y ait de masque blanc de la grippe sur le ruban rouge du SIDA". En tout cas, à l'Elysée, ça ne risque pas. Pour la première fois, nous dit Le Parisien-Aujourd'hui en France, deux grands rubans rouges ont été accrochés sur les colonnes du perron du palais présidentiel. "Est-ce l'influence de Carla ?", se demande le journal. Ambassadrice depuis un an du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, elle sera aujourd'hui sur TV5 Monde pour faire un bilan de son action. Une phrase : "On n'est pas sorti d'affaire. Il faut continuer à se battre". Allez, quand même un petit mot de la grippe A... Si l'on en croit Le Figaro, l'alerte maximale est envisagée en France : le passage au niveau 6. Les mesures qui seront appliquées ne sont pas encore connues mais, si l'on en croit Le Figaro, ça pourrait donner lieu à l'annulation des spectacles, des rencontres sportives, des foires et des salons, et on pourrait être obligé de porter des masques dans certains lieux publics. Ca promet ! Et Jacques Guyon ironise dans La Charente Libre... "Ce n'est plus aux pompes à essence qu'on fait la queue comme à chaque blocage des raffineries par des routiers en colère, ce n'est plus au rayon 'sucre et huile' qu'on se presse comme chaque fois que les bruits de bottes se font plus lourds quelque part dans le monde : non, cette fois-ci, c'est pour recevoir sa piquouse salvatrice. Et voici donc, poursuit Jacques Guyon, qu'après avoir réussi à coup de com à inoculer le virus de la peur, le gouvernement se retrouve pris à son propre piège. Et ce qui avait été conçu pour démontrer l'excellence de notre système de préventio-vaccination se mue en une gigantesque pagaille". (ND : "Autre chose ?")... Oui, un peu de tout, ou de tout un peu, comme vous voulez... Le Traité de Lisbonne, qui entre en vigueur aujourd'hui, "dans une discrétion qui contraste avec les controverses qu'il a suscitées", comme le note Patrick Fluckiger dans L'Alsace. L'un des seuls à trouver qu'il s'agit d'un moment d'émotion, c'est Valéry Giscard d'Estaing, qui signe toute une page dans Le Figaro. L'ancien Président rappelle qu'il y a dix ans, il a contribué à élaborer le texte fondateur de ce Traité. Mais il s'interroge sur la capacité des 27 européens à faire évoluer leurs institutions. Les journaux économiques ne sont pas adeptes des titres-choc. Pourtant, celui de La Tribune fait sursauter : "La France, un nouveau paradis fiscal ?". Ah bon ? Il paraît que Bercy cherche à convaincre les exilés de l'impôt qu'ils peuvent revenir au pays. Manifestement, il y a encore du chemin pour que la France devienne un nouvel eldorado fiscal. La Tribune note que la fuite des redevables à l'impôt sur la fortune est en léger recul en 2007. Mais enfin, la pente est rude pour les services fiscaux, dit La Tribune... d'autant plus que l'on craint l'instabilité du système fiscal français. C'est la Belgique qui devance la Suisse au palmarès des pays préférés des exilés de l'impôt, devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Et puis on va terminer avec un mensuel qui sort aujourd'hui : un mensuel régional, puisque Nord.Way Magazine est édité par le groupe La Voix. La Voix... du Nord bien sûr. Il paraît qu'il s'adresse plus particulièrement aux urbains de 30 ans et plus de la région Nord-Pas-de-Calais... avec Jean-Paul Rouve, un enfant du pays, en couverture.

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