Patrick Cohen : A la Une ce matin : Ségolène Royal... Bruno Duvic : Ah, le sourire de Ségolène Royal ! Un beau sourire qui irradie son visage, qui a parfois quelque chose de jubilatoire et qui s'accompagne souvent dans les yeux, d'une lueur de défi. C'est un sourire de guerrière. Voilà comment Anne Fulda dans Le Figaro, parle de l'ex-candidate, et peut-être future candidate à la présidentielle. "La candidature Royal rebat les cartes au PS" titre Le Figaro. Qu'on aime ou pas la Dame du Poitou, il faut lui reconnaître un talent : elle inspire les journalistes bluffés par son culot. "Flamboyant culot qui reste sa marque de fabrique" écrit Gille Debernardi dans Le Dauphiné-Libéré sous le titre "Bons baisers du Poitou". Alors qu'elle semblait la jouer "discrète et collectif", alors qu'elle est larguée dans les sondages, la voilà à la Une en prenant tout le monde par surprise. "Il faut se méfier de l'eau qui dort. En particulier si Ségolène se trouve dans la piscine", enchaîne Philippe Waucampt dans Le Républicain-Lorrain. En entrant dès maintenant en campagne, elle entreprend de faire remonter sa cote. Comme pour Nicolas Sarkozy, il serait hasardeux de la passer trop vite par pertes et profits. Elle est décidément très forte Ségolène Royal ! Même Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro est épaté ! Tactiquement, c'est bien joué. L'ancienne candidate est à nouveau au centre de l'échiquier. Il ne sera pas facile de l'en déloger. Patrick Cohen : Ségolène Royal ou l'éternel retour... Tout le monde n'est pas aussi enthousiaste... Bruno Duvic : Dans le même Figaro, Paul-Henri du Limbert relève tout de même qu'on attend toujours le projet du PS. Elle a un sourire, du culot, de la ténacité Ségolène, mais elle sème la zizanie au Parti socialiste. C'est la Une du Parisien ce matin. Et c'est ce que lui reproche André Vallini, député socialiste, proche de François Hollande, dans Libération. "Ségolène Royal est fidèle à elle-même : imprévisible et incontrôlable. C'est ce qui a pu faire sa force. Je ne suis pas sûr que ça séduise encore autant les militants. A ce rythme, les Primaires vont se transformer en machine infernale !". Interview contre interview, dans Le Parisien, Julien Dray défend la candidature Royal. Il était son principal conseiller en 2007, et il considère aujourd'hui sa candidature comme légitime. "Respectons chacun des candidats, dit Julien Dray. Il y a un tour de chauffe : les plus solides resteront en lice. Et il appelle à une accélération du calendrier. "Notre candidat doit être désigné avant l'été 2011". Patrick Cohen : Accélérer le calendrier, cela pose le problème DSK... Bruno Duvic : Car, en vérité, Ségolène Royal est moins un problème qu'un révélateur écrit Jacques Camus dans La République du Centre. Elle a placé le PS en face de sa "stérilisante DSK-dépendance". Rue de Solférino, tout semble suspendu au bon vouloir du "pacha de Washington". Un pacha qui reçoit des compliments à la pelle... "Slate.fr" relève que le site spécialisé "foreign policy" le classe deuxième des grands penseurs mondiaux cette année. Alors le pacha de Washington va-t-il se lancer dans la course ? Le Canard Enchaîné de cette semaine n'a pas beaucoup de doute. Il cite un des pontes d'Euro-RSCG, l'agence de Com qui conseille DSK : "Dominique ne sera peut-être pas candidat, mais en attendant, il nous fait bosser comme des fous. On doit même le freiner pour ne pas travailler déjà sur les affiches du second tour". Patrick Cohen : D'autres informations glanées dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Encore un mot de politique avec Rachida Dati dans Les Echos. Elle dresse un bilan sévère de la politique de sécurité du gouvernement : "Les résultats ne sont pas au rendez-vous. Ce n'est pas seulement en déployant en urgence des policiers au bas d'un immeuble que l'on éradiquera la délinquance. Il faut qu'ils aient les moyens d'agir dans la durée. Et il faut également agir sur l'éducation". Fait-on partir les mamans trop tôt de la maternité après un accouchement ? Débat ouvert dans Le Parisien. L'Académie de Médecine insistent pour qu''elles restent au moins trois jours, le temps de repérer la jaunisse des nourrissons, banale, mais qui peut devenir grave si elle n'est pas diagnostiquée à temps. Et puis, le froid bien sûr... A la Une de Presse-Océan, par exemple, "Ambiance glaciale en Loire-Atlantique". Dans La Croix, Alain Rémond s'amuse d'un décalage : "Nous claquons des dents. Et pendant ce temps, les spécialistes du réchauffement climatique, réunis à Cancun, parlent à la télévision en chemisette et en short. S'il pouvait nous envoyer un tout petit peu du réchauffement qui les accable, on ne serait pas contre !". Patrick Cohen : En pleine crise de l'euro, un symptôme de la méfiance à l'égard des banques... Bruno Duvic : On parlait de Presse-Océan à l'instant, c'est dans ce journal que tout a commencé. Début octobre, Eric Cantona donne une interview au site Internet du quotidien nantais. On est en plein conflit des retraites et Cantona tient les propos suivants : "Aller manifester dans la rue, ce n'est plus comme ça qu'il faut faire. La révolution aujourd'hui se fait dans les banques : tu vas dans la banque de ton village et tu retires ton argent. S'il y avait 20 millions de personnes qui retiraient leur argent, le système s'écroulerait". Cette interview, raconte ce matin Libération, c'est devenu un appel sur Internet. L'appel à vider son compte bancaire le 7 décembre. Déjà plus de 25.000 inscrits sur le groupe Facebook rien qu'en France. Et cet appel a été traduit et relayé dans 28 pays européens, au point qu'il commence à inquiéter. Libé interroge Marc Fiorentino, un spécialiste des marchés financiers. Il reconnaît que l'initiative de Cantona est la première vraie initiative révolutionnaire, pratique et réaliste tentée depuis le début de la crise. Mais elle est dangereuse ! Dans l'actuel climat anxiogène, il n'y a même pas besoin que des centaines de milliers de personnes adhèrent. Il suffit d'une queue devant une banque pour amorcer une spirale. On joue avec de la dynamite ! Ce qui, au départ, relève de la plaisanterie potache peut se retourner contre l'ensemble des épargnants. Patrick Cohen : Et pour finir, florilège d'interviews et d'articles plus légers parus dans les mensuels de ce mois de décembre qui commence... Bruno Duvic : Le mensuel "Management", nouvelle formule depuis le mois dernier. Si vous êtes accro au poker, "Management" vous dit comment utiliser vos talents pour rafler la mise au boulot. Maîtrise des émotions, sens de la stratégie, capacité à deviner le jeu de l'autre. Le poker peut être un atout dans la manche d'un salarié. Ouvrons maintenant "Gazelle", le magazine de la femme maghrébine. Interview intéressante de Gad Elmaleh. "J'aime mes origines juives et marocaines. Ca ne plait pas aux barbus des deux côtés, mais c'est ce qui me fait moi". "Têtu", pour sa part, interroge Florence Foresti. Son prochain spectacle sera consacré aux hommes. Voici ce qu'elle dit des hommes : "Ils ont été tranquilles très longtemps, mais là, on leur demande non seulement de rentrer le soir avec un salaire mais aussi d'être doux, intelligent, sympa, drôle, viril, créatif, beau et mince. Ils savent, enfin, ce que c'est d'être une femme !". Et pour finir "Psychologie-Magazine" qui propose ce mois-ci un éloge du baiser. Trop souvent négligé alors que c'est une porte d'entrée à plus de sensualité. C'est aussi un signe d'alarme dans un couple, quand on ne s'embrasse plus. Dans toutes les cultures, nous explique "Psychologie-Magazine", quand les personnes cherchent à communiquer de façon pacifiée, elles le font par l'absorption, que ce soit en fumant le calumet de la paix, en mangeant, en buvant un verre ou en s'embrassant. Patrick Cohen, je vous aime beaucoup... Alors, très officiellement, de ce pas, je vous propose que nous... prenions un verre ensemble !

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