Magnifiques idéalistes dans le Monde, persécutés en Chine pour avoir informé. Drucker raconte son triple pontage dans le Parisien, la petite Victoire résiste à une maladie génétique dans la Voix du Nord. Une artiste russe redonne vie à des arbres en les greffant, elle dit "en les faisant parler", Usbek et Rica.

On parle de sauvetage...

Et c'est une journée d'espérance, puisque le navigateur Kevin Escoffier est vivant, dont le visage  ruisselant orne la Une du Télégramme, Escoffier a été recueilli par son concurrent du Vendée globe Jean Le Cam, les deux hommes rient ensemble sur une vidéo que vous pouvez voir sur le site de l'Equipe, "j'ai plié le bateau, un truc de barjot" dit Escoffier qui s'excuse auprès de Jean le Cam de venir lui gâcher sa course... Le Cam se marre, en 2009, c'est lui qui avait été secouru... 

Que vaut en comparaison de ces images vivantes notre une du Télégramme et son titre inquiet "sauvetage à haut risque" -et bien elle reste belle et témoigne d'une peur que nous avons vécu... 

Escoffier sera un fétiche pour nous ce matin  et aussi l'autre miraculé Romain Grosjean qui pointe son sourire et sa main bandée pouce levée dans un coin de la Une de l'Equipe; le journal raconte la saga du survivant Grosjean, faite de voitures décevantes, de podiums suivis de désamours, de disgrâces et la haine un temps des réseaux sociaux excités par sa malchance qui s'étalait dans une série Netflix...  En 2009, il avait explosé sa Formule 2 dans le grillage d'un bureau de tabac à Monaco, il cherchait un bout de pédalier dans sa voiture en morceau, on croit au destin.

Il tourne aujourd'hui le destin d'Alain qui pèse 300 kilos et qui git sur le sol de son appartement délabré dans le vieux Perpignan il va être évacué aujourd'hui, on cassera le mur de sa maison pour le sortir avec une grue et mille précautions, vous saurez tout de ce chantier dantesque entre les sites du Parisien de Midi Libre et l'Indépendant.

Il a bien tourné, le destin de Michel Drucker qui dans le Parisien se raconte en miraculé; une infection dentaire l'a envoyé cet été au tapis, une bactérie passant de la bouche au coeur et l'a emmené je résume jusqu'au triple pontage. Drucker décrit son parcours en passionné de médecine, il a remarché soutenu par une aide et a pris comme une victoire le fait de retrouver un peu de muscle.

Drucker me fait penser à Victoire la bien nommée, qui elle aussi doit faire pousser ses muscles, à l'autre bout de la vie. Elle rit dans la Voix du Nord, un vrai clown de 17 mois; elle manquait de tonicité, elle avait été diagnostiquée d'une maladie génétique, espérance de vie de deux ans, mais elle a bénéficié d'une thérapie génique et elle est là, elle mange une clémentine. Victoire est de ces enfants que des journaux mobilisent pour soutenir le Téléthon qui cherche la lumière sous les Unes envahies de covid et de vaccin. 

Dans l'Echo républicain, on me raconte Jonathan qui était myopathe a vécu trente ans, il serait devenu avocat, si son coeur ne l'avait pas lâché un soir de victoire de son OM. Pensez à Jonathan, les minots qui jouez ce soir en Lique des champions en Grèce et qui partagez la une de la Provence avec le sida -oui il est tant de maladies... La soeur de Jonathan est en formation au généthon, elle travaille sur la maladie de son frère, on survit par les autres...

Et on parle de mémoire...

Qui est la survie de notre intimité et que menace notre paresse encouragée par la technologie, puisque les processeurs, les smartphones, les applications se souviennent à notre place de nos rendez-vous, des adresses, des numéros de téléphone, des langues étrangères, des photos de nos enfants, les avons-nous seulement regardés les mômes quand l'appareil cliquait pour nous? Nous laissons des pans de notre cerveau en jachère, pauvre cerveau qui est me meilleur des GPS par son sens de l'orientation, ce fut attesté par un prix Nobel 2014, mais ce n'est pas à lui que nous faisons confiance pour nos itinéraires... Nous l'abandonnons le cerveau alors il abandonne à son tour, parce que le cerveau s'entraine comme un muscle, il est plastique, il s'adapte, si une fonction est inutile, cela fond. Vous lirez tout ceci et bien plus encore dans un immanquable article de Libération qui s'inquiète des changements auxquels se soumet l'espèce qui externalise sa mémoire... Cela dit, aux temps anciens, les philosophes redoutaient déjà que les bibliothèques, puisqu'elles conservaient la sagesse du monde, viennent susciter l'amnésie.

Dans un bel entretien donné  au site de  Marianne, au prétexte d'un livre auquel il participe en hommage au professeur Paty, le Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avoue ceci. "Quand je lis un livre aujourd’hui, je m’interromps toutes les dix pages pour regarder mes messages. J’ai envisagé de me passer de smartphone mais c’est difficile." 

On retrouve Mathieu cité dans un article joliment polémique du Figaro,  le journaliste Alexandre Devecchio voudrait voir "Nos enfants après eux" de Mathieu adapté sur Netflix ou Canal plus, pour que les classes populaires oubliées des territoires périphériques aient droit de télé et pas seulement les banlieues, je résume. Qu'en dira-t-il Mathieu que l'époque, prude et virulente, semble lasser?

Le Monde raconte des hommes et des femmes qui ne se résignent pas à ce qu'un peuple perde la mémoire, alors, ils documentent ce qui lui arrive. Mais comme ils sont en Chine où l'histoire et la mémoire appartiennent à l'Etat et au Parti, où où les services secrets peuvent se connecter sur une simple photocopieuse, on les arrête, on les emprisonne, on les juge. Prenez le temps de lire ces citoyens journalistes qui ont voulu documenter l'aventure de Wuhan confinée par le covid, ils filmaient les habitants ou archivaient sur une plateforme internet américaine des articles de presse ou de réseaux sociaux, avant que la censure les efface... Vous allez rencontrer une poignée d'idéalistes qui croient à la lumière, qui avaient lu des ouvrages de science-fiction où l'on préserve l'humanité menacée. Un de leurs site s'appelle Terminus2049 en hommage çà un livre d'Asimov? Mémoire de toute l'humanité. 

Et on parle d'arbres pour finir...

Et d'une artiste russe qui les sauve, elle est sublime Olga Kisseleva, poétesse plasticienne issue d'une famille de physicien, venue vivre chez nous, et que me révèle le site de Usbek et Rica. En 2012, la ville de Biscarosse dans les landes lui demandait une sculpture en mémoire d'un orme de la ville qui allait disparaitre. Elle n'a pas voulu d'un ersatz en bronze et elle a préféré le ressusciter, croisant l'orme français avec un orme de Sibérie, sa contrée, et depuis elle a pris le pli: elle greffe des espèces pour les guérir, pins et bouleaux de Carélie, pommiers sauvages du Kazakhstan…Elle met en relation les arbres en souffrance à d’autres en bonne santé et elle dit qu'ils se parlent, elle dit "étendre le savoir des arbres et poétiser le vivant". Son projet s'appelle EDEN , vous vous souvenez de ce jardin?

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.