Bonjour... Dans cette affaire de gifle d'un enseignant, il y a des coups de pied au derrière qui se perdent... C'est, en gros, l'avis de vos éditorialistes ce matin... "Quand François Bayrou gifle un gosse de banlieue qui lui fait les poches, tout le monde applaudit", écrit Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... "Mais malheur à l'enseignant qui ne sait pas se maîtriser quand un élève le traite de 'connard'... La leçon est claire, selon Bernard Revel : tout prof est un délinquant en puissance"... Et Jacques Guyon en rajoute dans la fausse indignation... "Comment ne pas comprendre que le père de la pauvre petite victime, un gendarme, se soit précipité au collège ?"... Et l'éditorialiste de La Charente Libre poursuit : "Félicitons les policiers qui, sachant placer leur sens du devoir au-dessus de la vieille guerre police-gendarmerie, ont interpellé illico le prof tortionnaire, l'ont gardé près de 24 heures en garde à vue... Félicitons-nous, s'écrie encore Jacques Guyon, que les fins limiers du commissariat de Maubeuge n'aient pas hésité, pour élucider une affaire aussi complexe, à soumettre l'individu à des tests ADN... Louons également le juge d'instruction qui, malgré les dossiers qui s'accumulent sans doute sur son bureau, a su trouver le temps et l'énergie pour signifier à ce triste sire qu'il le mettait en examen pour violence aggravée sur mineur"... Gérard Noël essaie de raisonner, dans La Liberté de l'Est... "Le professeur a perdu son sang-froid... On peut le lui reprocher... Mais le prix à payer est exorbitant... Il est suspendu jusqu'au 27 mars, date de son procès devant le tribunal correctionnel"... Bon, c'est vrai... C'est une gifle, que Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, compare à celle que Lino Ventura administrait à Isabelle Adjani dans le vieux film de Claude Pinoteau... "Une gifle... sonore... humiliante... Une gifle d'un autre temps"... Un autre temps... Et d'ailleurs, remarque Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, "voici trente ans, ce professeur a embrassé un autre métier... L'enseignement y ressemblait encore à une mission, et non à une prestation de services... Les dérapages verbaux, rares, étaient implacablement sanctionnés, les conseils de discipline n'usurpaient pas leur nom, et les élèves fautifs n'imaginaient pas s'y faire assister d'avocats... C'était quasiment le plus beau métier du monde, dit encore Denis Daumin... Chacun, professeurs, élèves et parents, endossait sans broncher ses responsabilités"... Jacques Camus, dans La République du Centre, approuve Xavier Darcos d'avoir demandé qu'une sanction appropriée soit également appliquée à l'élève... "Au fait, dit Jacques Camus, ce qu'ont oublié les grosses têtes qui ont planché sur l'évaluation des profs, c'est de faire aussi noter les parents... Car ils ont leurs responsabilités dans la conduite des enfants"... Ces grosses têtes dont parle Jacques Camus, ce sont les membres de la commission Pochard, dont Philippe Waucampt nous dit que "le livre vert est attendu avec une immense méfiance dans l'Education nationale"... Et l'éditorialiste du Républicain Lorrain relève la démission préventive d'un Michel Rocard pas vraiment tenté d'être envoyé au piquet par une profession où la gauche recrute encore ses gros bataillons... Michel Rocard qui a justifié sa démission en dénonçant Le Figaro... Hier, le journal avait titré en Une : "Rocard propose de payer les profs au mérite"... L'ancien Premier ministre qualifie cela "d'exploitation politique mensongère et manipulatrice"... "Un sujet, dit Michel Rocard, que la commission n'évoque en aucun cas"... En a-t-il parlé au Figaro ?... Chacun jugera... Mais Hervé Chabaud, dans L'Union, pose la question : "Se sentait-il aussi mal que cela pour prendre le moindre prétexte et claquer la porte de la commission si près du but ?"... Entre Libération et Le Monde, ce sont les mots qui claquent... ou du moins, qui ont failli claquer... Laurent Joffrin, le directeur de publication de Libération, n'a pas voulu publier, cette semaine, la chronique de Daniel Schneidermann, consacrée aux difficultés du journal Le Monde... une chronique que Schneidermann publie sur son site Internet "Arrêt sur Images", et qui est très violente vis-à-vis des acteurs de la crise que traverse le quotidien du soir... Schneidermann explique en préambule que Laurent Joffrin lui a téléphoné hier soir pour l'avertir... Le directeur de Libé estime que cette chronique contenait un certain nombre d'attaques ad hominem violentes... "Nous n'avons pas, même par chroniqueur interposé, à nous livrer à une agression gratuite envers un journal que nous respectons"... Et comme Libération célèbre aujourd'hui les 40 ans de 68, Laurent Joffrin détourne à son profit un slogan du mois de mai : "Il n'est pas toujours interdit d'interdire"... Mai 68, Libération ouvre le bal des célébrations, "pour défendre un héritage que notre journal revendique"... Laurent Joffrin s'en prend à Nicolas Sarkozy et aux réactionnaires, de droite comme de gauche... "Libération, qui doit à la révolte son existence, défendra Mai 68", affirme-t-il... Suivent 10 pages spéciales avec, à la Une, le titre "Libération" posé sur un pavé... Ca claque ou ça craque, à la Société Générale ?... Ben finalement, pour l'instant, ça tient... "Grave sans aucun doute, reconnaît Pascal Aubert dans La Tribune, la situation de la Société Générale n'est pourtant pas désespérée... Touchés mais pas coulés, la banque et son équipage doivent d'urgence démontrer leur aptitude à réparer les avaries et à définir un nouveau cap qui, en tout état de cause, ne pourra pas être le même qu'avant que ne survienne la 'torpille' Kerviel... Dans l'intervalle, dit encore Pascal Aubert, la banque va devoir louvoyer dans des eaux infestées de rivaux qui ne rêvent que d'abordage"... Parmi ces rivaux : BNP-Paribas, en première ligne, qui réfléchit à un rapprochement, autrement dit à une OPA... Oui mais, relève Les Echos, "la résistance de Société Générale fait hésiter BNP-Paribas"... "Hier, 4.000 salariés de la Société Générale ont manifesté contre les prédateurs", précise Le Figaro... D'accord, les salariés soutiennent leur établissement... Mais que pensent-ils des revenus de leur PDG Daniel Bouton, que dévoile ce matin Le Parisien-Aujourd'hui en France ?... "Les bonnes affaires de Daniel Bouton", titre le journal... "La Société Générale est mal en point, mais son PDG gère avec brio ses propres deniers"... Selon les informations du Parisien, ses stock-options lui ont rapporté près de 7 millions d'euros depuis décembre 2006... Jacques Marseille, dans Le Point d'hier, avait raison de dire que la vraie faute de Daniel Bouton a été d'annoncer qu'il renonçait à toute rémunération jusqu'en juin... lui qui est le deuxième patron le mieux payé de France, derrière Bernard Arnault... En 2006, son salaire s'est élevé à 1,25 million d'euros, sans compter les stock-options... Et la claque des sondages pour Nicolas Sarkozy ?... "8 points, s'exclame Daniel Ruiz dans La Montagne, ce n'est plus l'érosion naturelle du pouvoir, c'est un tête-à-queue qui installe le doute"... Sur les causes, Daniel Ruiz n'est pas d'accord avec François Ernenwein, l'éditorialiste de La Croix... "La dépression sondagière, dit-il, n'a que marginalement son explication dans l'affichage de la vie privée"... Au contraire, dans La Croix, François Ernenwein estime que "le Président de la République a sans doute choqué beaucoup de Français... L'exposition luxueuse et tonitruante de sa vie privée, au moment où l'opinion commençait à douter des vertus de son activisme, a fait le reste"... Et Hervé Favre renchérit dans La Voix du Nord... "Entre les Français et leur nouveau Président, ce n'est pas encore la rupture, mais ça en prend le chemin"... Jean-Marcel Bouguereau explique, dans La République des Pyrénées : "Le pouvoir d'achat menace de jouer le même rôle que la fracture sociale pour Jacques Chirac... la même tromperie, pour un Président qui promettait la rupture avec ces anciennes pratiques"... "Officiellement, reprend Hervé Favre, l'Elysée fait mine de ne pas s'émouvoir... Il n'empêche que Nicolas Sarkozy n'est pas aussi indifférent que le dit son entourage à cette disgrâce dans l'opinion"... Non, dit Chantal Didier dans L'Est Républicain, "à l'Elysée, Nicolas Sarkozy se veut serein... Il entend être jugé à la fin de son mandat... En revanche, sur le terrain, les candidats UMP aux municipales s'inquiètent"... Et Chantal Didier se demande si le temps du Président ne décrocherait pas de celui des élus... Oui, mais comment faire ?, s'interroge Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro... "Comment faire, sinon continuer à réformer, malgré le gros temps politique et économique qui s'annonce... S'imposer soudain la prudence et la circonspection en toute chose, c'est très exactement ce que l'électorat de droite déteste depuis 20 ans... Le but ultime, pour l'éditorialiste du Figaro, ce ne sont évidemment pas les municipales de mars, ni les européennes de 2009, ni les régionales de 2010, mais le jugement global que l'on portera sur son action en 2012... Il a 50 mois devant lui"... Bon, en attendant, Nicolas Sarkozy a sorti une promotion exceptionnelle pour la Légion d'honneur... C'est Francis Brochet qui le remarque, dans Le Progrès... La première de l'Histoire qui distingue autant de femmes que d'hommes... Muriel Robin, Isabelle Balkany, Soeur Emmanuelle et Claudia Cardinale en faisaient partie... Le Président aura dû insister, batailler, jusqu'à refuser une première promotion trop masculine, pour obtenir sa Légion paritaire... Bonaparte, qui l'a créée, disait de la Légion d'honneur : "C'est avec des hochets que l'on mène les hommes"... On pourra désormais ajouter, dit Francis Brochet : "Les femmes aussi"...

Denis ASTAGNEAU

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