Bonjour... Une nouvelle semaine commence ; vous voilà au boulot ou tout près d'y arriver. Peut-être travaillez-vous devant un ordinateur ?... Vous ouvrez votre session ; comme chaque matin vous vous dites que "ça rame"... Un tour dans vos courriels pour constater que certains de vos amis ont profité hier du dernier jour de janvier pour vous adresser leurs meilleurs voeux in extremis... Et là, vous vient à l'esprit une question que Le Parisien-Aujourd'hui en France pose clairement en page Une : "Un employeur a-t-il le droit de lire les mails de ses salariés ?". Le journal consacre son dossier du jour aux "litiges relatifs à l'utilisation d'Internet pendant les heures de travail". Ils se multiplient, paraît-il. Les tribunaux balancent entre la reconnaissance des droits des salariés et l'intérêt des employeurs. Sous le titre "Surfer au bureau, mode d'emploi", Le Parisien vous propose aujourd'hui une sorte de petit vademecum sur l'art de s'attarder sur Internet au boulot sans risquer la porte ou la correctionnelle. La lecture de ce texte est très instructive. On apprend ainsi que l'usage personnel d'Internet au bureau est tout à fait permis, tout salarié ayant droit sur son lieu de travail à "une vie privée dite résiduelle". Tout est dans la mesure : là comme dans d'autres domaines, il ne faut pas abuser. Votre patron a-t-il le droit de lire vos e-mails privés ?... ...Oui, sauf s'ils portent la mention "personnel" (il suffit de l'inscrire dans "l'objet" de vos courriels). Question un peu plus délicate, à présent... ...Pendant ses heures de travail, un salarié a-t-il le droit de jeter un oeil sur des sites pornographiques ?... ...Vous dites non ? Eh bien c'est oui, pourtant. La Cour de Cassation a même estimé dans un récent arrêt que le fait de conserver trois ou quatre photos pornos et même zoophiles sur son ordinateur professionnel n'était pas constitutif d'une faute grave. Cela dit, je vous laisse tenter l'expérience : choisissez donc d'installer en fond d'écran le flirt contre-nature d'un bipède et d'une volaille et si personne ne vous dit rien, écrivez-nous : ça vaut un sujet dans le "13 Heures". (Pierre Weill : "Pour surfer sur le Net, Alain, il y a quand même mieux que le bureau... Les salariés disposent de temps libre pour ça")... La question orne la Une de Libération : "Qu'avez-vous fait de vos 35 heures ?". Le quotidien vous rappelle qu'il y a dix ans, la loi Aubry créait les RTT, "aujourd'hui souvent décriées". Libé publie plusieurs témoignages de Français, bénéficiaires ou non de RTT... La RTT : une disposition "vilipendée par la droite", souligne le quotidien, qui précise aussitôt que "la réduction du temps de travail a (pourtant) permis à la France de mieux résister à la crise que ses voisins". L'auteur de l'article, Luc Peillon, rappelle que, pas plus tard que le 6 janvier, lors de ses voeux aux forces économiques, le chef de l'Etat est revenu sur le sujet, affirmant -je le cite- : "Le problème extraordinaire des 35 heures, c'est que nous avons été les seuls à utiliser cette politique". Mon confrère de Libération s'empresse d'écrire que "la réduction du temps de travail est loin d'être une exclusivité française (...) La baisse du temps travaillé a été, depuis 1950, de plus de 500 heures par an et par salarié en Grande-Bretagne, de 600 heures en Italie, de 671 heures en France et de 938 heures en Allemagne". En 2007, pendant que les Français passaient 1559 heures par an au boulot, les Allemands n'y consacraient "que" 1432 heures et les Hollandais 1413. L'éditorialiste de Libé Fabrice Rousselot tient à préciser que "les diverses études réalisées sur le sujet (le sujet de la réduction du temps de travail) en dressent un bilan économique plutôt positif, tant en termes de créations d'emplois que de souplesse dans les entreprises". (PW : "La RTT a dix ans, et Martine Aubry ne semble pas rougir de la loi qui porte son nom, Alain Le Gouguec")... Il y a dix ans, elle faisait la loi sur le terrain social... A présent, c'est au Parti Socialiste que Martine Aubry fait la loi. Pour Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, la Première secrétaire du PS, que l'on compare de plus en plus souvent à la Chancelière allemande Angela Merkel, "parvient à prendre patiemment le contrôle d'un parti devenu ingérable depuis plusieurs années". Hier, à Paris, devant 1300 secrétaires de section socialistes, elle a donné le coup d'envoi des élections régionales du 14 mars... Elle l'a fait avec un petit caillou coincé dans l'escarpin, le caillou "Georges Frêche". Ce matin, Le Figaro nous apprend que le président sortant du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon pourrait se trouver au centre d'une nouvelle polémique. Le 18 janvier dernier, il aurait déclaré vouloir "kärchériser les Libanais". Les "kärchérisables" visés par Georges Frêche : Elie Aboud, député UMP de l'Hérault, et Christian Assaf, directeur de cabinet du maire socialiste de Montpellier Hélène Mandroux. ...Et pendant ce temps, une question (encore une) taraude Anne Fulda (c'est toujours dans Le Figaro) : "Où est passée Ségolène ?". Anne Fulda constate que l'on n'entend plus l'ex-candidate à l'élection présidentielle, "on ne la voit plus. Elle ne s'excuse plus à tout bout de champ, ne s'indigne plus devant le premier micro tendu. On ne voit plus une photo d'elle dans la presse people (...) Ségolène Royal a disparu des écrans radars". Elle n'a pas disparu pour tout le monde, la présidente de la région Poitou-Charentes. Pour l'heure, c'est à ses électeurs qu'elle voue l'essentiel de son temps. France-Soir, comme Le Figaro, parle d'elle avec ce titre : "Ségolène Royal débauche et agace". L'article commence, une fois encore, par une question : "Restera-t-il quelques socialistes sur les listes de Ségolène Royal en Poitou-Charentes ?". Dans l'assemblée sortante, le PS dispose de 23 sièges sur 55. Ségolène Royal a d'ores et déjà promis 5 places éligibles à des transfuges du MoDem, en a accordé 2 à des militants syndicaux et a accueilli 3 Verts. De plus, elle affiche sa volonté de voir figurer en bonne place sur ses listes des militants communistes. France-Soir, qui écrit ça, raconte que, du côté de l'adversaire UMP Dominique Bussereau, on se frotte les mains. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin assure n'avoir jamais eu autant d'amis socialistes désireux de voir perdre Ségolène Royal. Et du côté de l'UMP, justement ?... Est-ce que ça va mieux qu'au PS ? ...Pas si sûr. Jean Levallois, dans La Presse de la Manche, Dominique Garraud pour La Charente Libre, rappellent que 60% seulement des responsables du parti présidentiel ont approuvé les listes de candidats aux Régionales concoctées par Xavier Bertrand sous la houlette de l'Elysée. L'éditorialiste de La Charente Libre juge "évidentes" les raisons de la grogne : "L'ouverture imposée par Nicolas Sarkozy aux formations alliées de la majorité (Nouveau Centre, villiéristes, gauche moderne, radicaux, boutinistes, chasseurs et pêcheurs de CPNT) et aux personnalités de la 'diversité' exclut de positions éligibles nombre d'élus locaux UMP". Et ce n'est pas fini ! Voilà que le secrétaire d'Etat à la Coopération et tête de liste UMP en Franche-Comté Alain Joyandet estime que la majorité aura besoin d'un allié écologiste sur sa droite si elle veut gagner la prochaine Présidentielle. Alain Joyandet croit avoir trouvé la "martingale", la clé de la réussite, quand il déclare, un peu autosatisfait : "Si Jean-Louis Borloo pouvait transformer son Parti Radical en parti radicalement écologiste, ce ne serait pas une mauvaise idée". L'écologie de droite : c'est un concept que vous découvrirez en parcourant les "Confidentiels" du Figaro. (PW : "Pour gagner des voix aux élections régionales, Brice Hortefeux semble recourir à une vieille recette")... Vous vous rappelez l'affaire "Papy Voise" ?... Le 18 avril 2002, ce retraité avait été agressé chez lui, à Orléans. Les chaînes de télévision, TF1 en tête, nous avaient aussitôt montré son visage tuméfié et on avait entendu son témoignage en boucle. Quelque temps plus tard, les électeurs écartaient du second tour le candidat socialiste Lionel Jospin. Sur fond de débat sécuritaire, les Français avaient à choisir entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Après l'assassinat de deux retraités dans l'Oise, le ministre de l'Intérieur "réclame une loi sur les agresseurs de personnes âgées". Le titre fait la Une de L'Alsace, pendant que Le Courrier Picard annonce qu'à Pont-Sainte-Maxence, "la peur s'installe après la tuerie", et que France-Soir titre sur les personnes âgées, "ces proies faciles qu'il faut protéger". Brice Hortefeux veut une loi. Elle existe déjà, ce qui fait écrire à Patrick Fluckiger dans L'Alsace : "Le ministre de l'Intérieur a dégainé trop vite. Le Code pénal prévoit déjà des aggravations de peine pour les violences sur les personnes vulnérables, et l'âge intervient dans l'appréciation de la vulnérabilité. Les auteurs du double meurtre découvert samedi risquent la perpétuité... s'ils sont attrapés". L'annonce faite par le ministre de l'Intérieur lui a valu un sérieux revers de la part de la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie. Tous vos journaux le rapportent ce matin : MAM a rappelé à son collègue du gouvernement que les propositions en matière pénale sont faites "soit par le ministre de la Justice" (c'est-à-dire par elle-même), "soit par les parlementaires". Brice Hortefeux tire plus vite que son ombre, tout comme les handballeurs français, sacrés hier à Vienne champions d'Europe après avoir conquis le titre olympique et le titre mondial. Le quotidien sportif L'Equipe en fait bien sûr sa Une, avec toutefois un bémol, signé Fabrice Jouhaud. Fabrice Jouhaud semble considérer que la fête ne peut être totale. Il écrit : "La France (...) serait aujourd'hui dans l'incapacité d'organiser un Euro de handball que la Suisse et l'Autriche ont les moyens d'accueillir", car lorsqu'ils ne vont pas glaner toutes les distinctions de leur sport, nos handballeurs sont paraît-ils contraints chez nous (chez eux) de jouer dans des salles "indignes de championnats professionnels". Le Palais Omnisport de Paris-Bercy, qui est la plus grosse enceinte du pays, pointe au-delà du 20ème rang européen en termes de capacités. Bref, applaudir les Bleus, c'est bien. Mais sans doute y a-t-il d'autres façons de les encourager. La balle est dans le camp de la secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade. Elle lit L'Equipe, très certainement. Bonne journée...

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