Patrick Cohen : Et bien sûr toujours l'Egypte à la Une des quotidiens ce matin... Clotilde Dumetz : C'est un homme qui embrasse un drapeau. La photo de Marco Longari de l'AFP fait la Une de l'International Herald Tribune et de Libération. L'homme est un capitaine de l'armée égyptienne, il embrasse le drapeau de son pays. Drapeau tendu par des manifestants dans le centre du Caire. Le quotidien américain note que les protestataires ont réussi à faire des miliaires, leurs alliés et leurs protecteurs. "L'armée prend ses distances avec Moubarak" titre ainsi Le Figaro. "Le jour du peuple" en Une de Libération qui, en pages intérieures, affirme également que "l'armée lâche Moubarak", alors qu'aujourd'hui l'opposition promet un million de personnes dans les rues égyptiennes. Et cela, eh bien ce matin, ça réveille le lyrisme et l'emphase de Laurent Joffrin. "Le raz-de-marée de la liberté balaie les séides du Raïs comme jadis, la Mer Rouge avait noyé ceux de pharaon. L'heure est à la célébration de l'héroïsme populaire qui fait trembler les tyrans et basculer l'histoire. Une grande lumière vient soudain d'Orient. Nous assistons à un lever de soleil". Matin d'attente... Attente d'un nouveau super Tuesday après le premier super mardi de la semaine dernière, celui qui a lancé cette révolution égyptienne. "Super Tuesday", l'expression qui fait référence aux élections américaines, se lit dans la presse égyptienne, sur le site d'Al Dustur, une chronique signée Sakina Fouad. Et puis, la citation la plus surréaliste du jour. Elle est à lire dans L'Humanité, signée Bachar el Assad... le président syrien commentant les crises tunisienne et égyptienne... "Une eau stagnante attire les pollutions et les microbes... et parce que vous avez eu cette stagnation pendant des décennies, nous sommes infestés par les microbes". Si on a bien compris, ce sont donc un million de microbes qui devraient faire la révolution aujourd'hui en Egypte. Patrick Cohen : Retour en France avec cette question : la santé de l'ancien président serait-elle un sujet tabou ? Clotilde Dumetz : La question fait débat chez les éditorialistes ce matin. Ce sont les suites de l'enquête du Journal du Dimanche, le week-end dernier, sur la santé de Jacques Chirac. Le JDD y affirmait que l'ancien président était atteint de la maladie d'Alzheimer. Depuis, vous le savez, c'est la polémique. Et pour beaucoup, c'est haro sur le JDD. "Au nom de quelle règle, de quel code, de quelle exigence de transparence, se permet-on d'aller fouiller dans le carnet de santé de Jacques Chirac" interroge Yves Tréhart dans Le Figaro. "L'indécence ici, bat son plein" dénonce également Gilles de Bernardi dans Le Dauphiné-Libéré. Mais enfin quoi... "la santé de Jacques Chirac serait-elle taboue ?" interroge François Martin dans Le Midi-Libre. "Les amis politiques de l'ancien chef d'Etat poussent des cris d'orfraie, plument le canard qui a osé évoquer la petite santé du grand Jacques". Alors, certes, concède l'éditorialiste, "ce dernier n'est plus en fonction, il a le droit à la tranquillité. Mais cet accès de fièvre médiatique ne tombe pas du ciel". Son procès dans l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris au bénéfice du RPR débute le 7 mars. Et c'est là, le vrai problème pour Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre. "Savoir si l'ancien maire de Paris, ancien patron tout puissant de la machine RPR, pourra physiquement assister aux quinze audiences prévues. Respect oui, dignité oui, justice aussi". Dans Sud-Ouest, Bruno Dive s'interroge : "Les rumeurs sur sa santé ont-elles été orchestrées par une partie du clan chiraquien dans l'espoir de le dispenser de cette épreuve ? On ne peut pas tout à fait l'exclure" pour l'éditorialiste. Et Patrick Fluckiger dans L'Alsace, de conclure : "Le mot Alzheimer est prononcé avec insistance, malgré tous les démentis. Il ne faudrait pas que cette maladie, qui n'affecte pas l'ancien chef de l'Etat selon son entourage, devienne celle d'une justice qui oublie de faire son travail". … Son du générique « Amicalement vôtre »… Bien sûr, vous reconnaissez... c'est le générique d'"Amicalement vôtre". Il en était le compositeur, comme de celui de nombreux James Bond et de bien d'autres films encore. John Barry est mort hier, il avait 77 ans. Hommage dans les journaux : "Générique de fin" pour Libération, "Musicalement vôtre" salue Le Figaro. Et Le Parisien-Aujourd'hui-en-France laisse Jane Birkin raconter l'homme qui fut son premier mari. Patrick Cohen : Et sinon, dans la presse ce matin Clotilde... Clotilde Dumetz : Vous lirez que les Français se méfient de leurs élus... c'est dans Le Monde. Le baromètre du CEVIPOF met l'accent sur la lassitude et la morosité des citoyens électeurs avant 2012. Et justement, dans les urnes pour la présidentielle, cela pourrait se traduire par de l'abstention ou de la contestation. Dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, "Comment les Chinois nous espionnent" : micros dans les salles de réunion, détournements d'appels d'offres, faux entretiens d'embauche. Le journal fait le tour des méthodes de renseignements très organisées des espions chinois. Pour les spécialistes, il s'agit d'intelligence économique où l'on découvre que lors d'une visite dans une entreprise, un membre d'une délégation chinoise avait innocemment laissé tremper sa cravate dans une cuve de produit, histoire d'en ramener un échantillon au pays ! On parle aussi retraite ce matin dans les journaux. Le Monde-Economie analyse que malgré la réforme des retraites, la préretraite continue. Le maintien des seniors dans l'emploi ne se fait pas, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans ne cesse de croître. Et dans Les Echos, sur le même thème, ce symbole passé inaperçu... Au 1er janvier, l'âge de dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs est passé à 60 ans. Ce qui vient alimenter la hausse du chômage indique le quotidien économique. Le permis de conduire électronique arrive... C'est Le Figaro qui l'annonce. Format carte de crédit, bourré d'information dans sa puce, il arrivera dans nos portefeuilles, en théorie, en 2013. Fini le petit papier rose ! Enfin, fini, fini... la France a jusqu'en 2033 pour purger ses stocks. Patrick Cohen : Et puis, pour finir, cette histoire de capote anglaise bien nommée ! Clotilde Dumetz : Vous trouverez cette information sur le site du Nouvel-Obs, ou encore sur celui du quotidien Le Soir en Belgique. Après les tasses, boîtes de biscuits, bagues et autres assiettes à l'effigie du prince Williams et de sa future épouse Kate Middleton, c'est maintenant une boîte de préservatifs qui est mise en vente avec une déco kitschissime : sur fond de drapeau de la Grande-Bretagne, le couple princier dans un petit coeur, entouré des inévitables rubans dorés. "Une manière unique de célébrer ce mariage" promet le fabricant. Inutile de préciser que ces capotes anglaises n'ont pas reçu le sceaux officiel de Buckingham !

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