(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : gonflés et dégonflés...

(Bruno Duvic) L'hebdomadaire Challenges présente cette semaine un classement des principaux lieux de pouvoir dans le monde. A la rubrique « Nouveau Monde », en deuxième position, juste derrière la Mamounia de Marakech, un autre palace : le Four seasons de Doha au Qatar.

Le nouveau monde prend le pouvoir. Le monde va même basculer cette année, selon La Tribune . Le produit intérieur brut cumulé des pays émergents devrait dépasser celui des pays développés.

Produit intérieur brut, produit intérieur but.

« Paris s'offre un cadeau royal », titre Le Parisien mais c'est bien le Qatar qui signe le chèque et en attend les dividendes : David Beckham arrive au PSG.

L'Equipe décrit la folie lors de la conférence de presse de présentation hier après-midi : 3 à 400 supporters et supportrices devant le siège du club, 6 minibus de CRS, 150 journalistes dans l'auditorium.

Et à 17h38, le voilà. Description signée So Foot sur le site internet : « Costard italien, cheveux gominés mais pas trop, il n'ya pas tromperie sur la marchandise, le mec pue la classe. » Un petit côté mad men, un « Beatles à crampons » écrit Le Parisien .

Beck aura son chauffeur attitré, son garde du corps, il logera à l'Intercontinental près de l'Opéra ou au Bristol près de l'Elysée. Enfin, quand il sera à Paris... La famille reste à Londres. Dès hier soir, il avait repris un vol privé pour l'Angleterre. Retour en France en milieu de semaine prochaine.

"David Beckham au PSG : pourquoi faire ?" se demande So Foot De l'argent pardi ! Les maillots floqués du numéro 32 et du nom du spice boy ont commencé à s'arracher dès hier matin, à mesure que son arrivée se confirmait, raconte Le Parisien . Les maillots, les droits télés, l'image du club dans le monde entier…

Pour le reste… La presse aime bien Beckham, il est sympa, pro, bon esprit, il n'a pas le melon comme Zlatan, il va verser son salaire à de bonnes œuvres. Mais aujourd'hui « sportivement, il est mort ». Grégory Schneider n'y va pas avec l'intérieur du pied dans Libération . Cette « icône glacée », cette « marque des princes » servira tout au plus les soirs de gala. « Il faudra alors ne pas oublier de le sortir de sa housse avant le match et le ranger ensuite avec précaution. »

En début de semaine, France Football publiait une longue enquête sur le « Qatargate », les conditions discutables dans lesquelles le pays a obtenu l'organisation de la coupe du monde 2022. Lorsqu'une journaliste a posé une question sur ce thème hier, on lui a répondu que c'était la conférence de presse de Beckham

Beckham est reparti en jet, la France est sur la jante

Et pour finir avec la rubrique football, Les Echos soulignent que l'arrivée de la star anglaise contraste avec un mercato hivernal très gris pour le championnat de France. Jamais autant de joueurs français n'étaient partis à l'étranger.

La ligue 1 fatiguée, à l'image d'une économie française qui enchaine les mauvaises nouvelles. Nouveau coup pour la filière automobile : la fermeture annoncée de l'usine Goodyear d'Amiens. C'est « Le choc » pour le Courrier Picard. 1200 salariés au bord du gouffre et un accusé dans Le Figaro et Les Echos : la CGT.

« PSA, Goodyear, CGT, la politique du pire » titre Le Figaro . Et dans l'éditorial, Gaétan de Capèle accuse le syndicat d'être responsable de la fermeture de l'usine. Cette histoire « résume ce que le syndicalisme radical, retranché derrière une lutte des classes d'un autre temps peut produire de pire. Pour s'être opposée à toute réorganisation, à tout plan de départ volontaire, pour avoir systématiquement fait échouer les solutions de reprises, la CGT a fini par condamner le site. »

Libération voit plutôt dans cette histoire un défi pour François Hollande, il est « Attendu au tournant ». C'est sur le parking de l'usine d'Amiens qu'il s'était engagé contre les licenciements boursiers.

Au delà de cette promesse en particulier, pour Eric Decoutty dans l'éditorial de Libé , le contexte renvoie le président à cette promesse plus large que « l'Etat pouvait agir sur le réel. Car à Amiens, comme à Florence, chez Peugeot, Renault ou ailleurs, c'est ce volontarisme qui est attendu mais que ne perçoivent pas les salariés. »

Filière automobile en difficulté, autre illustration ce matin : un équipementier automobile à la Une de Centre presse , le journal de l'Aveyron. « 117 postes sont menacés à l'usine Bosch d'Onet ».

Filière en crise. On pourrait parler de la presse également. Comme de plus en plus souvent, j'ai préparé cette revue de presse en lisant une partie des journaux sur Internet. Vous aurez encore du mal à trouver vos quotidiens en kiosque dans une partie du pays.

En tout cas, après le milieu de semaine bouillant à l'Assemblée autour du mariage homo, revoilà les sujets économiques et sociaux. La filière auto, la grève des fonctionnaires hier, celle des professeurs des écoles à Paris demain. La grogne monte dans l'Education nationale et le gouvernement n'avait peut être pas anticipé cette grogne là. Alors il se rattrape. A la Une des Echos : « Enseignants, un geste salarial malgré la rigueur ». Le ministre de l'Education serait prêt à accorder aux professeurs des écoles une prime annuelle de 400 Euros.

L'automobile roule mal : le RER B également

C'est la Une de L'Humanité et ce n'est pas seulement un sujet pour les franciliens. C'est une illustration de ce qu'on disait hier dans cette revue de presse : les galères au quotidien de ces français invisibles.

En décembre, le maire du Blanc Mesnil, ville de Seine St Denis en principe desservie par le RER B portait plainte contre la SNCF, la RATP et Réseau ferré de France pour « discrimination territoriale ». Depuis, L'Huma a reçu des centaines de témoignages d'usagers à bout. Horaires aléatoires, suppressions de train, incidents techniques, etc.

Témoignage de Pierre-Etienne, qui est médecin au Blanc Mesnil mais habite Paris. Cela fait bien longtemps qu'il ne donne plus aucune consultation avant 10 heures le matin et le soir « c'est la Berezina ». Il organise des réunions de collègues dans le Rer pour perdre un peu moins de temps. Une étudiante raconte les partiels, les oraux et même un entretien d'embauche ratés faute de train à l'heure. Le médecin reprend : « c'est triste à dire, mais les jours de grève, ça marche mieux. »

Direction Naples pour finir

C'est un article de slate.fr qui reprend des informations du Corriere della sera et du journal The Art Newspaper .

Titre de l'article : « Voir Naples, avant qu'elle ne meure »

La ville tombe en ruine, les églises plus que tous les autres monuments. 200 églises environ sont fermées ou abandonnées à Naples. Résultat d'années de négligence de tout le monde, des autorités locales à l'Etat en passant par l'Eglise italienne, sans oublier le contexte mafieux.

C'est la débandade : de simples cadenas protègent les édifices. N’importe qui peut ouvrir. Certaines deviennent des réserves de stupéfiants ou d'armes. Et le trafic d'objets volés dans les Eglises se porte très bien.

Pourtant, Naples est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. 200.000 dollars sur la période 2010-2011 devaient servir à l'entretien des monuments. Mais c’est la gabegie. Une pétition circule même pour que le titre lui soit retiré pour éviter toute malversation dans l'utilisation de cet argent.

Il y a presque 30 ans, Diego Maradona avait fait oublier leur quotidien difficile aux napolitains. Ces dernières années, l'un des meilleurs joueurs du club de Naples s'appelait Ezequiel Lavezzi. Il a signé au PSG.

A lundi !

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