8H30 la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par cette information révélée par Mediapart…L’assaut du Raid contre un immeuble de Saint denis le 18 novembre dernier, après les attentats du 13, ne s’est pas forcément déroulé dans les circonstances décrites jusqu’ici hélène

« La vérité sur l’assaut du Raid à Saint Denis »…Titre de l’article de Mediapart…le site qui met à mal la thèse avancée jusque là par les autorités notamment d’un « feu nourri et continu de la part des terroristes retranchés » pour expliquer donc la riposte tout aussi nourrie du Raid. En fait, seulement 11 coups de feu ont été attribués aux djihadistes contre 1500 aux policiers d’élite par les experts de la police scientifique et de la police judiciaire de saint denis révèle Mediapart. Malgré les déclarations de Bernard Cazeneuve et du procureur François Molins à l’issue de l’assaut, les experts ont beau chercher dans les décombres écrit Mediapart, ils ne trouvent pas d’éléments balistiques attestant du déluge de plomb supposé s’être abattu sur leurs collègues. Alors un des terroristes a bien actionné sa ceinture d’explosifs, des éléments pour confectionner un deuxième gilet meurtrier sont retrouvés. Mais de fusils d’assaut, point. Les autopsies pratiquées sur les 2 terroristes démontrent que c’est l’effet de Blast, de souffle, provoqué par la ceinture qui les a tués, la jeune femme elle est morte par asphyxie. Même le tragique destin de Diesel, le chien du Raid tué au cours de l’opération est sujet à caution. Quant aux coups de feu essuyés par les policiers, ils ont donc été le fait de leur propres collègues avance l’article. Le site dénonce du coup la manipulation des medias qui a visé à faire passer cette opération mal menée pour un France succès. On retiendra tout de même que les terroristes ont bien été neutralisés. Mais Mediapart conclut, à 4H20, quand les hommes du Raid déclenchent l’assaut, rien ne se passe comme prévu. Alors à 4H22, ils tirent, ils tirent pour se rassurer. Il tirent. Les hommes du raid ont peur. Il convient d’intégrer ce facteur dans l’élaboration des prochains scénarios de crise insiste le site

En France également ce matin, la visite du président cubain

Mélenchon à l’Elysée ! Oui, c’est Aujourd’hui en France/le Parisien qui nous l’apprend, Jean Luc Mélenchon participera ce soir au diner de gala donné en l’honneur du président cubain Raoul Castro, il dînera donc chez les « dégoûtants », pour reprendre son mot d’hier dans le Journal du Dimanche, « Taubira est partie dégoûtée, disait il, maintenant que tous les dégoûtés sont partis, il reste les dégoûtants ». Mais s’il arrivera sans doute avec une longue cuillère pour dîner avec le diable, c’est pour la bonne cause, Jean Luc Mélenchon est depuis toujours un ardent défenseur de la révolution cubaine.

Dans la presse ce matin, 2 tonalités pour traiter cette visite d’Etat, la première depuis la déclaration d’indépendance de l’île. L’Opinion donne la parole à l’écrivain cubain Jacobo Machover qui s’insurge de constater que la reprise des relations diplomatiques amorcée par les Etats Unis et l’Europe a conforté le régime castriste. Ces chefs d’état et de gouvernement, et François hollande en premier lieu, ont contribué à donner une légitimité à une dictature qui n’en a pas. Depuis un an souligne t il, il n’y a eu aucune ouverture politique, au contraire… toute tentative d’exercer un quelconque droit d’expression est très sévèrement réprimée…la légitimation de Raul Castro accuse t il, s’est accompagnée de la légitimation de la répression.

L’Humanité à l’inverse se réjouit du renforcement des relations entre nos 2 pays, le journal ne relaie qu’une inquiétude de la société cubaine face à l’ouverture de l’économie initiée par l’accord de décembre 2014 et la reprise des relations diplomatiques avec l’occident : celle de voir compromettre les « conquis sociaux », c’est l’expression utilisée, dont la Havane peut se targuer tant ils font figure d’exception pour un pays du tiers-monde. De la situation des droits de l’homme, de l’état de la liberté d’expression à Cuba, aucune mention dans le dossier de 3 pages, que l’Humanité consacre donc à cette visite effectivementhistorique

Le coup d’envoi des primaires américaines également à la Une de la presse ce matin

Et à lire la presse, j’ai cru déceler comme une envie de la part des envoyés spéciaux des journaux, envie que la politique française fasse autant envie que ce qui passe aujourd’hui dans l’IOWA . Car ce sont des « drogués de la politique » qui se pressent aux dernières réunions organisées par ce petit état rural, transformé aujourd’hui en capitale électorale des Etats unis nous raconte Laure Mandeville du Figaro. « Démocrates, républicains, sanderistes, clintoniens ou trumpistes, tous mélangés pour participer à une soirée organisée sur le thème de la pauvreté, tous mélangés pour écouter les représentants de chacun avant de faire leur choix. Les républicains voteront à bulletins secrets, quand les démocrates s’aligneront physiquement derrière la bannière de leur candidat. Pratiquant cette démocratie directe depuis le XVIII ème siècle, l’Iowa n’est pas peu fier d’être le premier état à lancer le processus des primaires, à avoir fait émerger aussi dans le passé, des candidats peu connus. Jimmy Carter en 1976 ou Obama en 2008. Le Parisien relève qu’en même temps, la passion supposée des habitants de l’IOWA pour la politique est largement conditionnée par le matraquage électoral dont ils font l’objet : 62 spots par jour à la télé, le téléphone qui harcèle les habitants. « c’est soit un sondage raconte l’une d’eux, soit une équipe de campagne qui me parle de son candidat, soit même un ordinateur qui répète : votez Ted cruz, votez Hillary » C’est infernal se désole t elle

Dans les Echos, Dominique Moisi s’essaie à une comparaison entre les électorats américains et français et leurs candidats. Les Etats unis en 2016 sont marqués explique t il, par l’émergence de deux poussées fortes et contradictoires : colère et rejet d’un côté, appréhension et besoin d’être rassurés de l’autre. Une sorte de schizophrénie démocratique que l’on retrouve en France dit il. L’attraction exercée par Donald Trump ou Ted Cruz ressemble à celle de Marine le Pen, opposition directe avec le pouvoir en place, rejet de l’autre et promesse d’alternative radicale…quand les favoris des sondages démontrent aussi qu’une partie de l’opinion cherche à être protégée du monde avec des femmes ou des hommes expérimentés. C’est ce que représentent Hillary Clinton aux Etats-unis, et Alain Juppé en France conclut il, Dominique Moisi qui veut croire que les électeurs veulent d’abord être divertis, puis guidés ensuite d’une main ferme et rassurante.

On termine hélène par la rubrique : les nouveaux livres en librairie cette semaine !

Celui de Psa d’abord, Philippe Saint andré, vous vous souvenez, l’homme de la défaite des Bleus à la Coupe du monde de rugby. Il annonce au Parisien « son devoir d’inventaire » qui sort jeudi, placages en série contre Fabien Galthié par exemple, accusé d’assassiner le rugby français depuis des années, mais il y propose aussi un programme pour que les Bleus deviennent enfin champions du Monde ! Mieux vaut tard que jamais

Elle, n’aura pas trainé…C’est aujourd’hui que Christiane Taubira partie mercredi du gouvernement publie ses « murmures à la jeunesse », un texte écrit dans le plus grand secret où elle dit tout le mal qu’elle pense de la déchéance de nationalité. Mais en réussissant le tour de force selon Thomas Wieder du Monde, de ne pas dire du mal de François Hollande. François Hollande qui a eu la primeur du texte, dès le 22 janvier donc. Un chouette cadeau d’adieu. Résister c’est parfois avoir le sens des priorités et des convenances. La priorité, c’était semble t il d’écrire, avant de partir.

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