Trois petit coins de la planète que la fée de la libre entreprise a saisi, le hasard d'une invention ou d'un grand homme...

Et le Figaro s'en est donc allé à ALMHULT  au Sud de la suède, qui vit dans le culte d'Ikea et de son fondateur récemment décédé INGVAR KAMPRAD... C'est dans ce bourg que l'ancien vendeur d’allumettes, "un gars simple tout comme nous",  ouvrit sa première boutique de meubles en 1950, et démonta un jour les pieds d'une table pour la faire entrer dans le coffre d'une voiture... 

Et ALMHULT vit de cette genèse, une cité idéale dit le Figaro, dans une région austère où les seuls loisirs sont la pêche à la mouche et la balade en canoë... Oui mais Ikea paye, Ikea fait venir des cadres...

Oui mais, est-ce-que tout cela va rester, maintenant que Ingvar est parti... 

Les échos sont en Chine, dans le village de Beishan, autre fois voué au shaobing, galette au sésame fourées aux lamelles de patates douces et radis blancs rapés, encore préparée par des paysannes mais Beishan a changé, dont aujourd'hui un habitant sur cinq travaille dans le commerce électronique...

On vend  en ligne, depuis Beishan, les produits des petites usines de la région, articles de sport ou de camping et les anciens vendeurs de galettes s'achètent des voitures... Et des villages comme Beishan il y  en a plus de 2000 en Chine, 

On les appelle les villages TAOBAO, du nom de la plateforme d'achat sur internet liée au géant Alibaba, dont le fondateur, Jack Ma, est révéré chez les nouvbeaux riches... "Jack Ma est comme un dieu ici", entend-on à Beishan.... Le régime communiste voit dans les villages taobao un remède à la pauvreté des campagnes...

Pendant ce temps, au pays justement des ruées vers l'or, un autre bourg frémit, et l'or a ici le parfum de l'interdit, le cannabis, légalisé en Californie et peut-être la clé de la fortune pour Nipton, dans le désert Mojave, 6 habitants au recensement de 2016. Nipton a été rachetée  pour 5 millions de dollars par une entreprise nommée American Green, qui veut faite de ce bled ensooleillé LA CAPITALE DU TOURISME CANNABIQUE dans un décor de western, tout près de Las vegas... 

C'est dans Libération et vous noterez Nicolas que chaque journal choisit un village qui lui ressemble... Les valeurs solides d'Ikea pour le Figaro, les paysans connectés pour les Echos, le rêve du pétard entrepreneurial pour Libération, qui raconte les mues d'un village, autrefois voué au culte de l'or... 

Et le Point nous parle d'un autre village, mais celui-ci est en deuil

En deuil et inscrit dans l'économie du monde. C'est Yélimané, village malien, d'où est parti un jour Mahamadou Diallo, qui voulait venir chez nous et sest noyé avec 47 autres migrants, le 7 janvier dernier. Et le Point montre cette région de Kayes où l'on est happé par le départ... "Personne ne dit à son enfant, va mourir là-bas, mais on n'a pas le choix, notre vie dépend des migrants, ils envoient l'argent pour manger, se loger, les décès les mariages"... Et ils construisent aussi des puits, des mosquées, des magasins, des potagers...

C'est un articles d'un très bon dossier de couverture du Point, "le siècle de l'Afrique",  un continent ambivalent happé par la prospérité mais encore cerné de sous-développement, et en pleine explosion démographique, 40% des africains ont moins de quinze ans.. 

Et on regarde donc l'Afrique, tenaillée de nationalismes et de peur et d'espérances déçues... L'Obs raconte des mineurs à Gafsa, en Tunisie, le Monde d'autres mineurs en lutte au Maroc...

Et Le Monde raconte aussi les émeutes qui ont saisi Guet Ndar, le quartier des pêcheurs à  Saint-Louis au Sénégal, où l'on a pillé des boutiques mauritaniennes, pour venger la mort d'un pêcheur. Il s'appellait Serigne Fallou Sall, et  a été tué par des garde-côtes mauritaniens, un épisode d'une guerre de la pêche qui fait quatre victimes chaque année...  

On lit aussi, dans Télérama et dans Jeune Afrique et dans le Point Afrique, un grand cinéaste tchadien, MAHAMAT SALEH HAROUN... Il est devenu ministre de la culture chez lui, mais il reste cinéaste, son dernier film s'appelle "une saison en France" et raconte l'odyssée, chez nous, d'une famille venue de République centrafricaine... 

Il se souvient dans Télérama avoir été blessé pendant la guerre civile, au Tchad, en 1979, poussé par son père dans une brouette comme un sac de farine. Il parle des 400000 réfugiés de centrafrique que le Tchad accueille... On leur ouvre un espace, une place à table... Il dit qu'il veut que les enfants de son pays s'emparent des caméras et se racontent. Il n'est pas de meilleure ambition.

Et des éditeurs pour finir

Ces personnages qui aident les mots à nous venir, et c'est la même histoire... Il y a dans Libération un grand portrait de Claude Durand, qui fut l'éditeur de Soljenitsine, une biographie lui est consacrée. Dans le Figaro, des extraits d'un livre torrentiel, aveuglements, du patron des éditions du Cerf Jean-François Colosimo, et c'est une colère superbe, contre notre vide, "aucun de nos princes n'a lu Aristote" et Colosimo en appelle à Dieu, ou à la théologie pour nous sauver...

il  y a aussi des théologies pour enfants... Le Parisien raconte une française mariée à un anglais, Christine Baker, 65 ans, qui nous a fait découvrir Philip Pullman et  Harry potter... 

Mais il n'y a pas que Harry Potter. Dans la Montagne, on apprend  que les archives du Père Castor maison mythique de "la Petite poule rousse", de "Roule galette"  et de "Boucle d'or", crée par un nivernais génial du nom de Paul Faucher, ont été admises par l'Unesco dans la liste des "mémoires du monde"...  Elles sont à Meuzac, dans la Haute-Vienne, et notre coeur et le monde sont dans le village! 

(Dans un lapsus corrézien, j'ai prononcé à l'antenne le mot "Meymac" au lieu de "Meuzac". Pardon à la Petite poule rousse et au Père Castor) 

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