A l'heure où certains vont se coucher, après une nuit blanche, le trimestriel Macrocosme nous donne à voir ce qu'est la nuit. Images fascinantes et explications tout aussi étonnantes. La nuit n'est pas noire. Elle est invisible pour les scientifiques. Un soir puis un matin... Nos calendriers nous en indiquent, écrit Jacques Arnould, l'emplacement sur l'échelle du temps. Échelle à laquelle nous nous agrippons pour grimper où ? Sinon vers un nouveau soir. Les nuits sur la Terre sont toujours de grosses naissances, lourdes de créations.

Mais la nuit attise aussi nos craintes.

Car lorsque nous nous abandonnons aux bras de Morphée, où les appelons de nos vœux rongés par l'insomnie, nous ne manquons pas d'être frôlés, hantés par l'angoisse d'entrer dans la dernière de nos nuits. Dans Le Roi se meurt , Ionesco ne disait-il pas : "Tout le monde est le premier à mourir." Peu importe qu'elle inspire les poètes ou effraie les enfants, la nuit, écrit Alain Cirou, doit avant tout laisser passer... la lumière.

Mais quelle lumière ? La question est posée pour 2014.

La Marseillaise livre son ambition, via Confucius. Celui qui déplace la montagne, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres. Jean-Louis Bousquet refuse de céder à la mode qui dit que la diminution du coût du travail fera sortir de la crise. Citant Voltaire, "Une bonne année répare les dommages de deux mauvaises", le patron de La Marseillaise explique que nous avons des années de dommages à réparer.

Alors rêvons quelques instants ou réfléchissons à l'avenir.

Le Nouvel Observateur a les clés pour vivre mieux et plus longtemps avec les incroyables découvertes de la science. Exemple avec le cœur artificiel made in Francedont on parlait hier, à cette même heure.Courrier International pousse le curseur plus loin. Que va-t-il se passer en 2014, dans 10 ans, dans 100 ans ? Quels sont les grands projets qui vont être lancés et ceux qui ont leurs chances de voir le jour ? Dans le domaine des probabilités, on pourra se faire séquencer son génome pour moins de 100 dollars. Moins probable, le fait de pouvoir se toucher via son téléphone. Mais soyons fous. Dans quelques années, des yeux bioniques à haute résolution seront mis en vente. En 2040, les voitures seront entièrement automatisées sans conducteur. Mais on ne pourra pas encore se connecter à Internet via son cerveau explique David Mc Candless dans Courrier International . Vers 2050, les riches pourront choisir certains traits du profil génétique de leurs enfants. Passé 2064, on est dans le domaine de l'utopie. Un humain dépassera les 150 ans. Les premiers clones humains apparaîtront. Abolition des impôts aux États-Unis.

Tout cela, c'est loin. Plus près de nous, les vœux hier soir, de François Hollande.

Avouons-le. La presse est peu disserte sur le sujet ce matin. François Tonneau de La Provence a noté la voix grave, le ton rythmé, saccadé, de François Hollande à la manière d'un Nicolas Sarkozy. Le Parisien / Aujourd'hui en France résume les dix minutes en une phrase : "Faites vous confiance et... faites moi confiance !"

De toute façon, note Lénaïg Bredoux, de Mediapart , les vœux c'est comme l'allocution du 14 juillet :on n'en attend pas grand chose. Mais on regarde quand même.

Alors soyons fieleux ce matin. Et regardons les vœux des autres politiques. Ils tournent en boucle sur le site du Huffington Post. Et la conclusion, c'est : pas forcément mieux !

Pour se distinguer d'une Anne Hidalgo sobre, voire terne, dans son QG de campagne, Nathalie Kosciusko-Morizet a choisi un café du 14ème arrondissement de Paris. Mais côté discours... pas très original !

Oui, mais "y'a l'ambiance derrière" me direz-vous, avec le bruit des verres et des gens.

L'ambiance, Hervé Morin de l'UDI s'en fiche. Ce n'est plus de sa cuisine qu'il souhaite la bonne année mais assis sur une table à côté d'un ordinateur.

Alors, après, Le Huff' Post a noté les originaux. Ainsi Franck Louvrier, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, écrit "Bonne année 2014 en silence !", sur le sable, sur une plage. Seule son ombre apparaît sur l'écran. On comprend qu'il se filme tout seul. Plus travaillés les vœux du PC, réalisés avec trucages : un petit bout de François Hollande, une pancarte sur le thème on aurait mieux aimé. Une question d'un faux auditeur. Et voilà ce que ça donne :

Il fallait bien un optimiste dans la bande. C'est le socialiste Gérard Collomb qui, tout en clip lyonnais heureux, sur fond de musique criarde.

Si vous goûtez peu les vœux des politiques, préférez le concert viennois du Nouvel an. D'après Jean-Marc Proust de Slate, c'est un concert qu'on peut savourer avachis, blêmes et flasques, avec le bruit de l'aspirateur dans la pièce à côté. C'est dégoulinant de kitsch. C'est laid. De la télé quoi. Oui, mais c'est aussi un très beau concert où l'on joue de l'excellente musique. Une succession de tubes de Strauss. Les élites du classique diront que c'est indigne de leurs oreilles. Qu'ils aillent pisser du vinaigre dans un violon !

Ça donne envie de danser. Car oui, la valse est populaire. Le saviez-vous ?La valse a permis l'apparition du couple dans la société. Avant les danses à deux étaient jugées obscènes voire interdites. Avec ce concert, on se surprend à devenir Karajan, en faisant des moulinets avec la main. Idéal pour lancer sa détox du nouvel an ou vomir sur son tapis. Merveilleux concert du Nouvel an ! Dansez Pierre ! Et bonne année !

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