A la Une de presque tous les journaux, l'attaque israélienne contre les militants pro-palestiniens hier... Des hommes cagoulés armés de fusils d'assaut... Des images d'attaques floues et sombres où dominent le noir et le vert comme à l'époque de la guerre du Golfe... Des manifestants brandissant des drapeaux palestiniens... D'autres brulent la bannière israélienne... Elles sont violentes les images à la Une des journaux... Cela faisait longtemps qu'un événement n'avait pas aussi largement fait la Une... Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'Israël a mauvaise presse ce matin en France... Israël isolé dans « Le Figaro » et « Sud Ouest », blâmé dans « La Charente Libre », Israël qui suscite le tollé dans « La Dépêche du midi » et l'indignation dans « L'Est républicain »... Et encore ces titres là sont assez factuels... Après l'attaque au large de Gaza hier matin, « La Provence » parle de massacre, pour « Libération », l'Etat hébreu est un Etat pirate, c'est même du terrorisme d'Etat en Haute mer pour « L'Humanité »... Et les éditos sont à l'avenant... Cette attaque, c'est « plus qu'une erreur, c'est une faute » écrit Jacques Guyon dans « La Charente Libre ». « Une faute politique, morale et historique ». « Israël parle de provocation, enchaîne Patrick Fluckiger dans « L'Alsace » et sans doute y-avait-il des islamistes prêts à en découdre à bord des navires. Il reste que ce raid est celui de la force militaire la plus sophistiquée face à un ramassis hétéroclite de pacifistes et de non pacifistes, désarmés ou munis de couteaux, de barres de fer et, peut être de quelques armes de poing. » Des armes ce n'est quand même pas rien pour des militants pacifistes. Oui, mais pour François Sergent dans « Libération », « rien ne peut justifier l'opération israélienne au large de Gaza. Les explications de l'Etat hébreu sont pathétiques. Jamais, les militants humanitaires, certains bien intentionnés d'autres moins n'ont constitué la moindre menace pour Israël. Le gouvernement israélien ment. » L'opération est dénoncée du point de vue politique et moral mais aussi militaire... C'est pourtant la crème de la crème des forces spéciales qui a mené l'opération, les Sayeret 13, force d'élite, « des hommes surentrainés au mental d'acier » écrit Isabelle Lasserre dans le Figaro... Et elle donne la parole à un expert, membre des forces spéciales françaises. 1- la dimension juridique a été ignorée, l'attaque a été menée dans les eaux internationales 2- On a tout de suite envoyé les hélicos, du lourd. D'ordinaire, on tente d'abord un détournement du bateau, une méthode douce, puis éventuellement, les hommes montent à bord, en cas d'échec seulement, on envoie les hélicos et la corde lisse... Enfin, même s'ils sont attaques, les commandos de marine ont des moyens non mortels pour répliquer, balle en caoutchouc, Taser, moyens pour immobiliser les agresseurs. A cela l'armée répond qu'elle s'était préparée pour une mission de police et qu'elle a été confrontée à une violence terroriste. Et ce n'est pas fini... La presse parle encore d'échec tactique... Certes les militants n'ont pas réussi à accoster dans la bande de Gaza. Mais au delà des hommes et femmes à bord des 6 bateaux, le blocus de Gaza et l'attaque d'hier n'ont pas affaibli les activistes. Au contraire, ils sont renforcés pour Patrick Fluckiger dans l'Alsace. Le carnage de la nuit de dimanche à lundi oblige le président de l'autorité palestinienne à se solidariser de fait avec le Hamas. Les faucons n'ont pas fini d'ensanglanter le Proche Orient. Le gouvernement israélien est tombé dans un piège grossier qu'il aurait dû voir venir. C'est ce que relève Pierre Rousselin dans le Figaro, sous le titre l'isolement croissant d'Israël. Israël isolé, battu dans la guerre des images. Les militants voulaient remettre Gaza et son blocus au cœur de l'actualité, c'est fait. Sans parler des risques de contagion de la haine et de la guerre. L’actuel pouvoir israélien tient l'allumette qui peut embraser la poudrière internationale écrit Edwy Plenel sur « Mediapart.fr ». L'ébranlement géopolitique est potentiellement explosif. Personne ne prend le parti d'Israël...? Personne ne répond à la question centrale : qui a attaqué le premier hier matin et comment. On verra si l'enquête demandée de toutes parts apporte des réponses. On trouve aussi quelques éléments pour relativiser les bons sentiments des militants qui ont tenté de forcer le blocus de Gaza. Oui c'est une opération humanitaire mais aussi éminemment politique. Dans le Figaro, Laure Marchant en dit plus sur l'organisation turque, principale organisatrice de la flottille. IHH, fondation pour les droits de l'Homme. Elle est proche du Hamas, dispose d'un bureau dans la bande Gaza. En février 2009, à Istanbul, un de ses soirée de soutiens aux palestiniens avait rassemblé 10.000 personnes. Hommes et femmes y étaient strictement séparés, des chants à la gloire des martyrs d'Allah avaient été chantés, un responsable du Hamas avait été convié sur scène. Dans les années 90, cette ONG avait été soupçonnée de soutenir des mouvements radicaux en Algérie et d'avoir aidé des combattants du Djihad à rejoindre la Bosnie et la Tchétchénie. Et pour finir sur ce sujet, un coup d'œil à la presse israélienne... Pas plus tendre que la presse française. Même le « Jerusalem Post », pourtant classé à droite y va de ses critiques sur son site Internet. La flottille d'Aide humanitaire (entre guillemets) était bien conçue et pernicieuse. Israël était mal préparé, handicapée par une stratégie qui refuse d'appliquer des mesures appropriés aux terrains légaux, diplomatiques et médiatique. Maintenant c'est une course pour rattraper les dégâts. Moins surprenant, le quotidien de gauche Haaretz est très virulent. Le site de Courrier International reprend un article publié alors que se préparait l'opération. La propagande tournait déjà à plein pour dire que le blocus n'entraine aucune crise humanitaire à Gaza. On a même distribué des menus de restaurants de gaza, accompagnés de fausses informations, pour montrer que les gazaouis ne manquent de rien Retour en France... La conclusion, laissons là au caricaturiste de l'Est Républicain Philippe Delestre... Dans son dessin du jour, il montre deux soldats de l'ONU regardant à la jumelle au large de Gaza... Résumé en deux répliques de l'histoire récente de la région... Dans la guerre Israël Palestine, il y a des suspensions et des points de suspension. Les autres Unes de la presse... Peu de journaux font leurs gros titres sur un autre sujet... C'est le cas de la presse économique... A la Une des Echos, Renault, le constructeur auto mise gros sur le Maroc : l'investissement pourrait dépasser 800 millions d'Euros... Le pays est au cœur de la stratégie low cost de la firme au losange... Le Maroc après la Roumanie, donc. On construit une usine à Tanger qui doit livrer ses premiers modèles en 2012... La Tribune dresse le bilan d'un mois de crise et de rumeurs sur les places boursières... 3800 milliards de dollars sont partis en fumée au mois de mai. La bourse semble avoir perdu ses repères pour la Tribune... L'économie aussi en manchette du monde... Le président de la banque centrale européenne Jean Claude Trichet défend les plans d'austérité en cours... Il plaide même pour une fédération budgétaire européenne pour encourager les Etat à mieux gérer leurs finances publiques. Les Bleus encore et toujours à la Une de l'Equipe. A10 jours de leur premier match en coupe du monde, zoom sur Thierry Henry. A 32 ans, le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France n'est plus titulaire il a statut de joker qu'il semble accepter. C'est le Sacrifice d'Henry pour l'Equipe qui, par ailleurs, n'est pas rassurée par la défense centrale française… Gallas-Abidal, pour l'instant c'est une charnière qui grince. Enfin Rue 89 et le site de Télérama rendent hommage à Louise Bourgeois, morte hier à 98 ans. Artiste majeure, plus reconnue aux Etats Unis où elle vivait depuis 1938 qu'en France où elle était née. Pourtant, elle avait quelque chose de très français. A New York, dans sa maison de Chelsea, chaque dimanche, raconte Rue 89, elle tenait salon. Comme à l'époque classique... Un journaliste du monde avait déposé son bristol il y a deux ans. Il suffisait de prendre contact avec l'assistant de Louise Bourgeois. Après quelques questions, il vous donnait l'adresse. Rendez vous à 15 heures. On était prié d'être parfaitement à l'heure. Il fallait être artistes et venir avec des œuvres pour discuter avec Madame Bourgeois. Et bien que tenant salon, elle était réputée pour son sale caractère. Telerama.fr donne un détail sur cette artiste célèbre pour ses sculptures araignées. Elle aimait gentiment « sadiser » les courtisans qui venaient la voir.

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