La misère des soignants qui prennent un deuxième travail, Nice-Matin. On peut louer une chèvre pour sa réunion en télé-travail, le Monde.

Vous nous parlez d'un sportif...

Que son sport a chassé pour ses convictions, l'Equipe me rappelle ce matin que cela va faire quatre ans que Colin Kaepernick a été sorti du football américain: il était le quarterback, le maitre à jouer des San Francisco 49ers, mais aussi l'homme qui mettait un genou en terre pendant l'hymne américain, pour protester contre les violences policières,  « Je ne peux pas être fier devant le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs et les gens de couleur, il y a des gens qui meurent dans les rues », expliquait-il alors, j'ai retrouvé ses mots sur le site du Monde...

Son geste avait été imité par d'autres champions, dont la grande footballeuse Megan Rapinoe. Mais Kaepernick avait grillé sa carrière. Aucun club n'avait plus voulu embaucher ce type talentueux, mais controversé, mauvais pour le business, qui risquait de provoquer des vague de désabonnement... La mort de George Floyd fait de Kaerpernick une sorte de prophète, on poste sur les réseaux sociaux sa photo agenouillé à côté de celle de George Floyd à l'agonie sous le genou du policier Derek Chauvin.  Un ancien dirigeant de la Ligue de football américain, la NFL, demande dans une tribune publiée sur le site de CNN que l'on retrouve un club au paria, pourquoi pas les Minnesota Vikings de Minneapolis?

Kaepernick, lui, soutient les manifestants, qu'il appelle des combattants de la liberté, il leur propose une aide juridique.

L'Equipe raconte d'autres sportifs américains qui prennent la parole parce que eux non plus ne peuvent plus respirer, on entend le basketteur Stephen Jackson, ami de jeunesse de Floyd et aussi  Karim Abdul Jabbar, figure historique du basket américain, et porte-parole des communautés noires... Mais aussi  un footballeur américain blanc, quarterback des Philadelphia Eagles, Carson Wentz, qui dit ceci: "Je ne vais pas faire comme si je savais ce que les communautés noires ont du endurer. Je ne connaitrais jamais le sentiment de de peur de ne pas savoir si son enfant va rentrer le soir à la maison."  

Et on entend donc une vraie tradition du sport états-unien, celle des vedettes qui portent plus que leur propre destin...

L'Equipe publie également un très chouette papier sur la rivalité dans les années 60 de deux géants du basket, deux hommes noirs de plus de deux mètres qui électrisèrent un jeu endormi, ils s'appelaient Wilt Chamberlain, que Dieu avait créé pour jouer au basket... Et Bill Russel, qui ne vivait que pour le collectif, brisait son corps et vomissait avant les matches, et n'aurait pas changé ses coéquipiers pour une place au paradis... Russel était aussi militant des droits civiques et ami de Martin Luther King;

Chez nous ou en Allemagne comme on voudra, on voit (dans l'Equipe et le Parisien notamment) un joueur de football attaquant de Moenchengladbach, qui hier s'est agenouillé après avoir marqué contre Berlin, il se nomme Marcus Thuram, il est le fils de Lilian, champion du monde et militant antiraciste... Il doit son nom, au fait, à Marcus Garvey, qui fut un militant des droits des noirs aux etats unis et qu'on surnommait le Moïse noir...

On parle aussi de soignants...

Ce qui semblerait presque incongru, tant la presse est passé à autre chose quand Ouest-France nous dit que les bars sont dans les starting-blocks, quand les DNA et l'Alsace disent la réouverture demain du musée de l'automobile à Mulhouse et me font rêver sur la Bugatti Napoléon du maître Ettore qui roule encore, bijou...  

Mais Nice-Matin ne nous tient pas quitte et nous livre en quelques exemples la misère qui touche aussi des personnels hospitaliers, voilà Emma agent de service qui fait des heures de ménages chez des particuliers pour pouvoir offrir dit-elle un Mac do à son fils,, voilà Gianni qui est aide-soignant la nuit et qui dans la journée est jardinier, sinon il n'y arrive pas, voilà Yann qui est infirmier en réanimation mais qui en plus est pompier volontaire pas simplement par gout de servir, mais tout simplement parce qu'll a besoin de ces vacations...

Ainsi vont nos tristesses. Il en est de pire, il en est toujours de pire. Je trouve dans la Voix du Nord l'histoire d'un Monsieur de Tourcoing qui voulait acheter un taille-haie pour faire du jardinage. Mais il n'en avait pas les moyens, son épouse n'a pas voulu lui donner sa carte bleue, il s'est mis en colère, est devenu violent, à fracassé une fenêtre et menacé de bruler la maison, son épouse n'en peut plus, il ira en prison et à sa sortie n'aura pas le droit de reprendre contact avec elle.

On parle d'animaux pour finir...

Des Bouquetins que la préfecture de Haute-Savoie s'obstine à vouloir tuer pour qu'ils ne transmettent pas la brucellose aux vaches dont le lait fait le reblochon... me dit Libération qui me dit que pourtant il n'y a pas grand danger. Et des poules que nous aurions moult achetés ces derniers temps, m'assure le Progrès.

Mais aussi des chèvres et un lama que nous pouvons inviter à nos conférences de télétravail me dit le Monde, ...  Un sanctuaire animal de Californie propose de filmer et de connecter ses pensionnaires sympathiques, moyennant finances, 100 dollars, aux réunions que nous choisissons, histoire d'égayer l'ambiance... Le service s'appelle Goat2Meeting (littéralement la chèvre va en réunion)  ce qui serait un hommage à la culture geek, chez les technos, la chèvre, la loutre et le chat ont la cote -je ne savais pas...

Montrer des images de chèvres à vos collaborateurs pourrait être un moyen subliminal de les inviter à une forme d’excellence absolue et ça reconnecte avec le monde.

Tant qu'à se reconnecter, le vieux parisien que je suis peut préférer la pagode, les esthètes apprécieront: Celle salle de cinéma, bijou d'architecture extreme orientale et d'art nouveau venu de la belle époque,  fermée abruptement en 2015, va être rendue au 7e art, dit le Figaro, mais sa rénovation a provoqué un drame, l'abattage début mai de deux arbres historiques... Sauf que attendez: les pauvres arbres sciés, on a redécouvert la beauté de la façade, des sculptures étonnantes, un gnome rouge, un crabe aux pinces ouvertes, un visage d'homme à la belle moustache XIXe siècle.

Les arbres masquaient donc la beauté de l'homme, c'est contre cyclique.

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