Oui, c'est un peu comme faire une omelette sans oeufs... Là, on va faire une revue de presse sans les journaux, sans eux... C'est le 1er mai... Alors on va picorer dans les quotidiens ou hebdos que vous avez pu trouver ce week-end dans les kiosques, et que vous trouverez peut-être encore aujourd'hui d'ailleurs... Le 1er mai dans la matinée, les kiosques, c'est comme les commerces de bouche : certains sont ouverts... Vous trouverez donc "Le Monde", daté à la fois du dimanche 30 avril et du mardi 2 mai... Une édition dominée par l'affaire Clearstream, avec la question de la démission du Premier ministre... Elle est posée désormais, affirme le quotidien... Mais je ne m'étends pas : on vous en a beaucoup parlé dans les revues de presse du week-end... En revanche, arrêtons-nous sur l'édito de Michel Noblecourt, consacré aux syndicats, puisque nous sommes le 1er mai, Fête du Travail... Les syndicats, nous dit Noblecourt, qui ont décidément le chic pour brouiller leur propre jeu. Prenez l'affaire du CPE : 12 syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens... Tous unis contre le "contrat première embauche"... Avec, au bout du chemin, une victoire historique contre le gouvernement... Jamais en effet, depuis la Libération, les 5 grands syndicats n'avaient réussi une telle unité... Fait politique exceptionnel, dans un pays qui souffre de sous-syndicalisation... Oui, mais après ?... Eh bien, on reprend les mêmes et on recommence... Ce 1er mai va le prouver une fois de plus : c'est dans la dispersion syndicale qu'il va être célébré... Comme si de rien n'était... Comme si l'unité face au CPE était un feu de paille... D'ailleurs, est-elle un feu de paille ?... C'est toute la question... Disons que l'unité syndicale est une notion à réinventer sans cesse... Ce à quoi d'ailleurs, Maryse Dumas, secrétaire de la CGT, répond que "l'unité n'est pas l'uniformité"... C'est votre avis aussi, Jean-Claude Mailly ? A quoi jouent Téhéran et Washington, dans cette crise du nucléaire iranien ?... Voilà une question majeure... A laquelle tous les spécialistes en géopolitique essaient de répondre... Comme Thierry de Montbrial, par exemple, qui dirige l'IFRI : l'Institut français des relations internationales... Il accorde une interview au "Nouvel Economiste"... Question donc : "Croyez-vous en une intervention militaire des Américains ?"... Le géo-économiste ne répond ni "oui" ni "non"... Il qualifie tout de même une intervention de "cas extrême et peu probable... Tout simplement parce que la palette de nuisances des Iraniens est très étendue : ils peuvent bloquer le détroit d'Ormouz, faire exploser les puits de pétrole, contribuer à accroître les désordres en Irak, sans oublier le recours au terrorisme... Conclusion : le risque d'une intervention militaire, donc le risque de crise, est potentiellement bien supérieur à ce qu'il était dans le cas de l'Irak, avec des résultats plus qu'incertains". "A court terme maintenant, si la crise dégénère en Iran, estime Montbrial, on peut s'attendre à ce que les prix du baril de pétrole passent brutalement à 100, 120, voire 140 dollars". Beaucoup plus alarmiste sur le sujet, "Marianne" titre carrément : "Vers la 3ème guerre de Bush"... Sans point d'interrogation. "Au fond, constate l'hebdo de Jean-François Kahn, nous ne connaissions pas notre chance, au temps béni de la vitrification mutuelle assurée... Le temps de la Guerre froide quoi... Celui où Américains et Soviétiques se tenaient par la barbichette... On appelait ça "l'équilibre de la terreur", qui évidemment supposait une parité des forces... Mais aujourd'hui, changement de décor : le concept de "guerre préventive" et l'émergence de nouvelles nations nucléaires font redouter le pire". Dans cet article, un peu anxiogène, il faut bien l'avouer, "Marianne" note aussi que George Bush aura réussi un tour de force que tous ses prédécesseurs avaient su éviter : la reconstitution d'un axe militaire Moscou-Pékin susceptible de réunir, du Venezuela jusqu'à l'Iran, des alliés de circonstance. Analyse partagée par Thierry de Montbrial, dans "Le Nouvel Economiste", qui explique en effet que ni la Russie, ni la Chine ne souhaitent que l'Iran possède l'arme nucléaire... Mais toutes les deux redoutent également que le pays des mollahs ne s'effondre et redevienne une zone d'influence américaine. Voilà, c'est bien connu : en géopolitique, les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Mais la question demeure... Toujours aussi grave, et formulée de cette façon par Eric Dior dans "Marianne"... "Pourvu par Dieu lui-même d'une dispense spéciale, George Bush déclenchera-t-il cette course à l'abîme ?... Lui qui confondait l'Irak et l'Iran, du temps où il n'était encore que le gouverneur du Texas". Oui, avec l'hebdo "Lyon Capitale", encore dans les kiosques aujourd'hui... Et son débat de la semaine, assez affriolant : "Lyon est-elle une ville coincée ?". C'est vrai que la troisième ville de France est souvent perçue comme trop sage, plate comme de l'eau minérale... Alors... Eh bien on déteste ces clichés, écrit "Lyon Capitale"... Ces clichés qui s'étalent dans la presse nationale... Pourtant, en moins de 20 ans, Lyon a retrouvé ses couleurs et sa lumière... Mais, il faut l'avouer, beaucoup de stigmates demeurent... Et Lyon, c'est encore une vie nocturne de sous-préfecture, des mentalités parfois étriquées, et des réseaux étouffants... Comme le disent effectivement les 8 invités du journal... 8 Lyonnais, 8 témoins : étudiants, jeunes cadres, journalistes, hôtesses de l'air... Alors, écoutons leurs paroles... "Lyon est passée d'une image négative à une absence d'image", dit l'un d'eux... "Ca permet d'être optimiste, parce que maintenant on peut passer à la troisième étape : l'image positive". "Les vrais Lyonnais, dit Pierre, ce sont des gens issus de la petite bourgeoisie, qui tiennent encore cette ville des deux bras, et qui font tout pour que rien ne bouge". "Pourtant il suffirait d'un truc, comme le 'Panorama bar' à Berlin, ou le 'Fellini' à Barcelone... Un truc complètement fou, pour que la nuit devienne excitante à Lyon". "Mais on en est loin : à partir d'une heure du matin, tout est fermé"... "Et moi, surtout, ce que je redoute le plus, dit Catherine, c'est de voir les berges se transformer en gradins, avec poussettes et mamies qui se trempent les pieds au bord de l'eau, une petite gaufre dans la main"... Et en conclusion, un peu comme un couperet, cette sentence, toujours selon Catherine : "En fait, Lyon est très agréable à vivre... Pour les gens coincés". Si jamais vous êtes Lyonnais, et que cet article vous met en colère, adressez-vous à "Lyon Capitale" surtout... "Lyon Capitale" qui aime sa ville... Mais vous connaissez la formule : "Qui aime bien châtie bien". Tiens, on va rester dans la région... A moins de 100 kilomètres de là... Une autre ville : Saint-Etienne. Une ville qui peut s'enorgueillir de détenir le titre de "plus grande équipe française de football de tous les temps"... Champion des champions de France... La mythique AS Saint-Etienne, qui remporte haut la main le concours organisé par "L'Equipe Magazine" auprès de 19 journaux régionaux, qui ont été invités à voter, et donc à citer le nom du club le plus prestigieux de l'histoire du football français. Saint-Etienne est donc premier, assez loin devant Marseille... Reims est troisième, Lyon quatrième, en tant qu'équipe-phare des années 2000... Comme quoi il se passe des choses à Lyon... C'est un classement assez pertinent parce qu'il ne confond pas les époques. Rien à voir, en effet, entre le Saint-Etienne des années 73 jusqu'en 77 et celui d'aujourd'hui, ou le club de Lyon d'aujourd'hui avec celui des années 73-77. Mais il fallait bien qu'une épopée, parmi les autres, se distingue, et c'est donc celle des Verts, dans les années 70. Ce qui est bien avec ce palmarès, c'est que "L'Equipe Magazine" nous offre un album de photos qui nous rappellent tant de choses... Oh bien sûr, le "c'était mieux avant", c'est un peu fatigant, mais tout de même : quelle époque !... Nos cahiers de classe étaient vendus avec, en couverture, la photo d'un joueur de Saint-Etienne... Un vrai phénomène de société... Phénomène sportif aussi, parce qu'on peut considérer que la longue marche qui a mené l'équipe de France à la victoire suprême en Coupe du Monde il y a 8 ans, elle a commencé là, avec les Verts. Une époque charnière, le début d'une grande mutation, avec l'épopée européenne de Saint-Etienne... 1976 : l'année où le football français s'est dit : "Tiens, mais c'est possible de gagner !". Ainsi, un beau jour du mois de mai de cette même année 76, les Verts se sont retrouvés en finale de la Coupe d'Europe, devant le Bayern de Munich... On connaît l'histoire : la tête de Santini... Sepp Mayer battu... Le ballon se dirige tout droit vers le but... Non, sur la barre... Maudite barre : elle était carrée ! Certains disent que si elle avait été ronde, le ballon serait rentré, et Saint-Etienne aurait gagné. Eh bien, figurez-vous que, 30 ans après cette finale de Glasgow, les reporters de "L'Equipe Magazine" ont retrouvé les potaux carrés de Hampden Park... Ces barres en mauvais bois qui, aux Stéphanois, ont jeté un mauvais sort. Saisissant. Les années 70... Giscard était au pouvoir, Saint-Etienne au paradis, et un certain Coluche au firmament... Coluche dont nous parle "Télé 7 Jours" dans son annonce de la soirée que consacre France 3 à l'artiste disparu il y a 20 ans... Ce sera le lundi 8... Dans une semaine donc... Et c'est toujours l'occasion de ressortir les bons mots de Coluche, et même les inédits, publiés dans un best-of, que vient de sortir le Cherche-Midi Editeur... Un livre et un CD... Avec donc quelques perles, comme par exemple la définition du beauf : "le beauf, pour Coluche, c'est le mec qui reproche au gouvernement le mauvais temps en été". Et les mecs qui font de la politique ? "Oh, ils ne font pas ce qu'ils veulent : ils font ce qu'ils peuvent... Ils ne tirent pas les ficelles : ils sont tirés par les ficelles". Les artistes ?... "Pour faire un mauvais musicien, il faut au moins 5 ans d'études... Mais pour faire un mauvais comédien, il faut à peine 10 minutes". Et puis, selon la tradition, je vous ai gardé la dernière pour la fin, puisqu'à sa façon, Coluche dénonçait le politiquement correct, avant qu'il ne fige notre système de pensée, ou qu'il essaie... Sur le racisme, il disait : "Ce serait raciste de penser que les étrangers n'ont pas le droit d'être cons". Epatant ! Bonne journée... A demain...

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