En attendant demain... Demain et le débat... Parce que s'il n'y a pas de presse quotidienne dans les kiosques aujourd'hui... la campagne électorale française, on en parle quand même... et du coup, autrement que dans l'urgence... Pour commencer... on joue à un jeu que vous détestez : le jeu de la petite phrase... En fait, c'est Historia qui s'intéresse à "l'art de la formule"... "Une spécialité bien française, qui ne s'épanouit jamais mieux qu'en période électorale", note le mensuel... En période électorale, ou avant, dans les moments de troubles civils... En fait, il semble que ce soit la tension qui soit propice aux mots historiques... Il y eut Henri IV... "Paris vaut bien une messe"... Louis XIV... "L'Etat, c'est moi"... La Révolution française... et Mirabeau... "Nous sommes ici par la volonté nationale... Nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes"... Le pouvoir des mots et la politique... L'âge d'or, selon Historia, c'est la IIIème République... avec, au firmament des orateurs, Gambetta, Jaurès, ou encore Clemenceau... Clemenceau, par exemple, explique, en toute franchise... "Tout le monde peut faire des erreurs... Faire de la politique, c'est les imputer à autrui"... Les répliques célèbres... Il y a celle du général de Gaulle... En 68 par exemple, puisque l'on en parle ce matin... "Il est temps de siffler la fin de la récréation"... ou encore... "La réforme, oui... La chienlit, non"... Historia le constate... C'est avec la télé... et tout particulièrement avec le débat d'entre les deux tours de la Présidentielle... que la petite phrase affirme son pouvoir... Elle peut faire basculer une élection... Le plus bel exemple... En 1974... VGE face à Mitterrand... "Vous n'avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du coeur"... une flèche mortelle, qui fait la différence quelques jours plus tard dans les urnes... Alors le débat 2007... Ce sera donc demain... Royal-Sarkozy... Sarkozy-Royal... "Un duel télévisé attendu entre les deux adversaires", explique ce matin La Stampa, en Italie... La Stampa qui titre : "Sarkozy-Ségolène : le dernier saut pour l'Elysée"... En France, le seul quotidien disponible aujourd'hui, c'est Le Monde... sorti hier et daté de demain... histoire de respecter la tradition "sans journaux" du 1er mai... Alors donc Le Monde... et l'interview de Ségolène Royal... La candidate socialiste y promet... c'est le titre... "une France apaisée"... Et puisque l'on parlait des petites phrases... des mots qui font mouche... Ségolène Royal reprend, dans cette interview, les mots de François Mitterrand en 81, face à Valéry Giscard d'Estaing... La candidate socialiste les reprend pour qualifier Nicolas Sarkozy... "L'homme du passé et du passif"... Et Ségolène Royal, interrogée sur... ce que l'on pourrait appeler "les autres hommes de sa campagne"... Bayrou comme Premier ministre ?... "Par définition, je ne m'interdis rien", répond la candidate de la gauche... Et DSK ?... Réponse... "C'est un homme talentueux et imaginatif... Il pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix"... Ségolène Royal interrogée également sur son programme économique... "Je dis aux entreprises : 'Faites du profit... Gagnez de l'argent... à condition qu'il soit honnêtement gagné et équitablement distribué'... Je propose de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices... Je veux, dit encore la candidate socialiste, je veux relancer la croissance et diminuer le chômage, d'abord par la confiance"... Deux candidats, deux méthodes... C'est dans Newsweek, cette semaine... qui analyse que "l'approche de Royal doit encore être testée, alors que celle de Nicolas Sarkozy a prouvé qu'elle marchait dans la plupart des pays industrialisés"... L'édition européenne de l'hebdomadaire américain ne fait guère mystère de sa préférence... En couverture : la photo de Nicolas Sarkozy... et ce titre : "Sarko Power"... Explication... "Sur le papier, Nicolas Sarkozy offre à la France son meilleur espoir de changement... Et le changement, c'est ce que les Français disent vouloir... Sauf que le problème de Nicolas Sarkozy, poursuit Newsweek... c'est que ces 12 dernières années, les gouvernements successifs ont essayé de libéraliser l'économie française... Mais à chaque fois, la réponse du public s'est répétée, emphatique, dans de massives manifestations de rue : Non !... Alors s'il est élu le 6 mai, conclut Newsweek... Nicolas Sarkozy se retrouvera face au paradoxe explosif d'un pays qui l'aura élu mais ne voudra pas de lui"... Et c'est le retour de l'éternelle question... "La France est-elle réformable ?"... Ce mois-ci, c'est Courrier Cadres qui la pose, la question... D'abord à Jean Arthuis... Vice-président de l'UDF... président de la Commission des Finances au Sénat... ancien ministre... Pour Arthuis... "Oui, les Français sont prêts à jouer le jeu des réformes... Mais encore faut-il que les décideurs politiques fassent preuve de volonté, et les éclairent sans langue de bois... Or nous avons des appareils préoccupés par la conquête et le maintien du pouvoir... qui font des promesses catégorielles et renoncent aux réformes, perpétuant la chimère que nous pourrions vivre à l'écart des grands mouvements du monde"... Dans ce dossier de Courrier Cadres... le point de vue également de deux sociologues... Dominique Méda et Alain Lefebvre... l'une, chercheuse au Centre d'étude de l'emploi... l'autre, conseiller pour les Affaires sociales en Suède... Tous les deux expliquent qu'il est en effet temps, pour la France, de s'adapter... Et pour eux, il faut s'inspirer du modèle des pays scandinaves... un modèle à la fois efficace et équitable... Réformer ?... Mais c'est quand vous voulez qu'on en parle... C'est, en résumé, l'éditorial grinçant de Brigitte Perucca, dans Le Monde de l'Education... "Au début, on y a cru... la carte scolaire, le temps de travail des enseignants, les jeunes en très grandes difficultés... A droite comme à gauche, nos candidats avaient décidé de parler école, sous toutes ses coutures... parfois en usant de caricatures, mais pas forcément en termes consensuels... Mais au lieu d'un débat, ce fut un feu de paille, regrette l'éditorialiste... Finalement, on n'a discuté de rien... Et du coup... c'est le bon vieux consensus mou qui a repris le dessus... Fin des questions qui fâchent... et retour aux grandes incantations sur "l'école, priorité des priorités"... L'occasion perdue, une nouvelle fois, laisse amer... A dans 5 ans pour un nouveau non-débat", conclut Brigitte Perucca... Alors en ce 1er mai, où l'on parle... c'est la tradition... luttes sociales, revendications, pouvoir d'achat... En ce 1er mai de campagne présidentielle, où l'on parle de statistiques du chômage... de dépenses de santé... de mondialisation ou de performances économiques... Un clin d'oeil au hors-série de Jeune Afrique... le hors-série sur l'état de l'Afrique en 2007... Les 53 pays du continent sont passés à la loupe et classés... sauf que Jeune Afrique a ajouté, aux critères issus des statistiques internationales, un critère plus subjectif... une sorte d'indice de perception des changements par les habitants des pays... Le rédacteur en chef du mensuel explique que cet indice de perception a été recueilli sur le terrain par les journalistes de Jeune Afrique... Son but : tenter de mesurer le "Bonheur National Brut"... Le "Bonheur National Brut"... C'est ce que prône le roi du Bhoutan, depuis plus de 30 ans... Le monarque de ce petit royaume himalayen milite en faveur d'une remise en cause des indicateurs productivistes... Aux côtés de la croissance économique, il intègre la bonne gouvernance, la promotion de la culture, la protection de l'environnement, et l'utilisation durable des ressources naturelles... Histoire de quitter le "toujours plus de croissance" pour une véritable "économie du bien-être"... Bon 1er Mai !...

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