Et vous ?... Si vous aviez une baguette magique, qu'aimeriez-vous changer en priorité dans votre vie ? Question posée, ce mois-ci, par le mensuel Reader's Digest, qui a même fait réaliser un sondage sur le sujet... Les Français interrogés ont pu cocher plusieurs réponses... Et voilà donc les résultats... que certains jugeront peut-être un peu déconcertants... La réponse qui arrive en tête, c'est les kilos... Si une bonne fée leur prêtait sa baguette magique, 39% des Français rêveraient en priorité de changer leur poids... On comprend mieux, du coup, le succès des magazines qui proposent des régimes... Ce mois-ci, c'est Biba, qui propose "trois programmes sur mesure pour se sculpter un ventre à la fois tendre et tonique"... C'est pour les filles... Et pour les hommes, il y a FHM : "dossier opération minceur, pour en finir avec les poignées d'amour"... Oui, bien sûr, on y croit... Mais revenons à notre sondage... "Que rêveraient de changer les Français s'ils avaient une baguette magique ?"... Deuxième réponse, la plus donnée : le métier... 36% des personnes interrogées rêveraient de changer de métier... 35% disent par ailleurs qu'ils rêveraient de changer d'âge... Rajeunir ou vieillir ?... Ce n'est pas précisé... Mais j'imagine que c'est plutôt rajeunir... Et 32% rêveraient de changer d'époque... S'ils avaient une baguette magique, près d'un tiers des sondés rêveraient de changer d'époque... Chiffre un peu déprimant... Mais bon... Quand on lit la presse, on comprend : on ne vit pas vraiment une époque formidable... Pour preuve : la Une du Monde... qui est le seul quotidien dont on dispose en ce matin du 1er Mai : il est sorti hier après-midi à Paris et dans les grandes villes de France... Le Monde, journal du soir... Ceci explique cela... Sinon, ne cherchez pas... Dans les kiosques, vous ne trouverez aucun quotidien... C'est 1er Mai... C'est férié, y compris pour la presse... Mais donc, il y a Le Monde... Et à la Une du Monde, une série de gros titres pas franchement réjouissants... "Aux Etats-Unis, l'investissement chute, la récession s'aggrave"... Et elle s'aggrave, nous dit-on, à un rythme jamais vu depuis la dernière Guerre mondiale... Triste époque... "Au Sri Lanka, la détresse des réfugiés"... Des centaines de milliers de Sri-Lankais fuient les combats entre l'armée et les rebelles tamouls... Dans les camps de réfugiés, la situation humanitaire se dégrade de jour en jour... Triste époque, là encore... Et ce n'est pas fini... Autre titre à la Une : "Comment la planète peut résister à une épidémie de grippe porcine"... L'OMS a relevé son niveau d'alerte, et annonce que la pandémie est imminente... Illustration avec cette photo, à l'intérieur du journal, où l'on voit deux médecins qui courent, vêtus de leur combinaison de protection... "Aéroport de Narita au Japon, du personnel médical courent contrôler des passagers arrivant d'Amérique du Nord", explique la légende... On revient sur la Une... Et là, quand même, un petit sourire devant le dessin de Plantu... Il montre l'Hémicycle de l'Assemblée Nationale... un Hémicycle totalement vide... référence à la polémique autour de l'absentéisme des parlementaires... Mais dans le coin du dessin, il y a deux huissiers, qui commentent : "Au moins aujourd'hui, on pourra dire que c'est à cause du 1er Mai"... Merci Plantu pour le sourire... sachant qu'au-dessus du dessin, il y a cet autre titre, et là on ne sourit plus... "1er Mai : enquête au coeur de la crise sociale multiforme qui secoue la France"... Et alors, elle dit quoi, cette enquête ? Eh bien elle se présente comme "une plongée dans les territoires d'une France en crise"... avec des reportages notamment dans l'Oise... où l'on constate que la crise peut frapper très différemment au sein du même canton, voire de la même commune... Ainsi dans le canton de Chantilly... Là, les hôtels haut de gamme sont très touchés... Ils avaient fait fortune en se spécialisant dans l'organisation de séminaires... Et aujourd'hui, ils se séparent des CDD... En revanche, aux courses hippiques, qui ont fait la réputation de la région, le PMU a constaté une augmentation des paris sportifs, et les tribunes ne désemplissent pas... Marilyne Baumard est allée, pour sa part, dans la petite ville de Thourotte, touchée à la fois par le chômage technique de l'usine Saint-Gobain et par la fermeture annoncée de l'usine Continental de Clairoix, à quelques kilomètres de là... La journaliste s'est intéressée aux jeunes : les fils et les filles des ouvriers des deux usines... Et ils racontent... Ainsi Jennifer, 13 ans, fille d'une "Conti"... "Maman est rentrée un soir et m'a dit... Depuis, j'ai peur qu'on manque d'argent"... Sa mère a dit "chômage", mais Jennifer ne prononce pas le mot... Pas plus que Nicolas, 15 ans... Lui aussi reconnaît que le mot "chômage" est tabou... Et lui aussi s'inquiète... D'où le titre du papier : "L'angoisse silencieuse des enfants de Thourotte"... Alors comment parler du chômage aux enfants ?... C'est l'objet, cette semaine, du dossier de Pèlerin... "Surmonter la crise économique en famille"... avec les conseils d'un psychiatre, qui invite notamment à ne pas dramatiser tant que son emploi n'est pas directement menacé... Ne pas dramatiser... C'est également ce que suggèrent d'autres magazines... Ainsi L'Auto-Journal, qui propose de vous distraire avec "50 nouveautés voitures anti-crise !"... Ainsi aussi Arts Magazine, qui se demande si l'art peut nous dérider les zygomatiques en cette période de crise... Réponse : oui, avec la visite de l'exposition "La force de l'art", au Grand Palais... Visiblement, c'est très drôle... C'est également l'humour qu'a choisi le mensuel Femmes pour parler de la crise... sous la plume de Catherine Gresset, qui raconte "comme ça peut être difficile de se retrouver soudain avec son homme à la maison, cadre en faillite ou trader repenti... Quand, contraint et forcé, il se retrouve au foyer, il s'agite, il grogne, il régresse... Et en plus, il se féminise", écrit la journaliste, en reconnaissant d'emblée qu'elle est un peu "réac" : "Il n'est pas bon, dit-elle, que l'homme reste à la maison"... Si les Français avaient une baguette magique, 8% disent qu'ils rêveraient de changer de conjoint... Et puis, toujours dans Femmes, une interview-portrait de Michèle Alliot-Marie... qui fait cette confidence : "Je me réveille à 5h25 du matin... Et si mon compagnon dort encore, je réfléchis au lit... Ensuite, je fais ma gymnastique et je prends le temps de choisir mes vêtements"... On est drôlement content de l'apprendre... Et puis dans les hebdos, cette semaine il y a ce mot qui revient : le mot "révolution"... Référence aux conflits sociaux, de plus en plus radicaux... "Violence : l'inquiétante escalade", commente Valeurs Actuelles... "La France est-elle en état pré-révolutionnaire ?", s'interroge, pour sa part, Challenges... avec, là encore, un sondage : 66% des Français estiment qu'il existe un risque d'explosion sociale au cours des prochains mois... "Alors 1788 ?... Avril 1968 ?... Mai 1936 ?", se demande Denis Sieffert dans l'édito de Politis... "Laissons les références aux prophètes, poursuit-il : l'Histoire ne manque jamais d'imagination"... Edito sobrement titré "Printemps social"... Beaucoup moins sobre, Le Nouvel Observateur lance, de son côté, cette autre expression à sa Une : "L'insurrection française : jusqu'où elle peut aller ?"... C'est Jacques Julliard qui signe la présentation du dossier... Et il explique qu'il n'y a pas de grand moment de l'Histoire de France qui ne s'accompagne d'un procès en règle de ses élites... Procès des élites donc, dans Le Nouvel Obs... qui pointe "les sept péchés des maîtres du monde" : la goinfrerie, le mépris, la consanguinité, la trahison, la corruption, la partialité, l'impunité... Dossier à charge... Pourtant, si l'on revient à notre sondage du Reader's Digest, on constate que seulement 6% des personnes interrogées rêvent de changer de patron... En revanche, ils sont 7% à dire que s'ils avaient une baguette magique, ils aimeraient bien changer de nez... Par ailleurs, 2% expliquent que leur rêve, ce serait de changer de belle-mère... Et changer le monde : visiblement, ils sont nombreux aussi à le souhaiter.

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