Jo Biden doit répondre à des accusations d'agression sexuelle, New York Times, Washington Post, The Intercept, Business week. Society raconte la quête fébrile des "patients zéro" dans les épidémies. L'Obs publie des parodies sublimes, ce que Flaubert et Proust auraient écrit du Coronavirus.

Vous nous parlez d’arbres….

Des géants qui recouvraient un continent et nourrissaient les écureuils et les hommes, et de leur bois si dur on fabriquait des maisons des églises des poteaux électriques et les traverses du chemin de fer… Le noisetier d’Amérique, dont la canopée abritait les Etats-Unis de la Côte Atlantique du Maine jusqu’au Mississipi, ses noisettes délices d’écureuil et de paysans débordaient en hiver des trains qui les amenait en ville où on les grillait dans les feux de Noel, mais cet arbre de l’Amérique n’existe que dans les souvenirs mais aussi ce matin sur le site du magazine du New York Times qui me raconte une destruction et peut être un salut. 

En 1876, l’Amérique importa des noisetiers du Japon et avec ces noisetiers vint un champignon. En 1906, on s’aperçut que des noisetiers d’Amérique étaient en train de mourir dans le zoo du Bronx à New York. En quatre décennies plus de trois milliards de noisetiers allaient ainsi disparaitre, et avec eux une Amérique, les paysans de la noisette allèrent travailler dans les mines, on planta des chênes et des pins mais sous la surface des racines persistaient…

Mais en notre époque prométhéenne, un homme ayant trouvé des noisetier survivants, grimpa pour les asperger de pollen afin qu’ils libèrent des graines, et il donna ses graines à deux génie du génie génétique qui ont réinventé le noisetier d’Amérique plus fort, modifié, résistant au champignon, et si les écologistes l’administration l’autorise, tout sera réincarné…

Nous fait-elle rêver cette histoire, saurons-nous toujours réparer ce qui par notre maladresse fut détruit? Mais il n’est pas que des généticiens, et en ce premier mai d’Amérique encore nous viennent du sordide inédit.. 

Et la campagne présidentielle américaine est prise dans un scandale sexuel.

Qui mijote depuis mars et que vous racontent les sites du même New York Times, du Washington Post, mais aussi plus brièvement du Monde ou de Libération. une femme, Tara Reade, accuse Joe Biden, candidat du Parti démocrate contre Donald Trump, de l’avoir agressée en 1993, quand elle travaillait pour lui au Sénat… Biden l’aurait coincée contre un mur et aurait glissé ses mains sous sa jupe, « je me souviens de deux doigts, c’était un cauchemar » puis la voyant se dérober le sénateur aurait dit, « allons, je pensais que je te plaisais »…

Et tout à l’heure sur une télé par cable, on entendra Joe Biden répondre à ces accusations après trop de silence. Tara Reade a attendu plus un quart de siècle pour parle mais on sait par les enquêtes du New York Times,  du site The Intercept, de Business week, qu’elle avait raconté son agression supposée à son frère, deux amies, une voisine; on a retrouvé l’enregistrement d’une émission télévisée en aout 1993, une femme avait appelé en direct sur CNN l’animateur Larry King pour dire que sa fille avait eu un problème avec un sénateur, cette femme serait la mère de Tara Reade. 

Et l’Amérique du progrès ne sait comment concilier son engagement a priori pour la parole des femmes et sa peur d‘abimer son champion… Un éditorialiste du New York Times regrette qu’aucune grande télévision ne veuille inviter Tara Reade dans une émission en direct, finira t-elle par aller sur Fox News…

Peut-on toujours désirer la vérité? Allez lire dans Society un article fantastique sur notre fanatisme de la preuve, ici la quête farouche dans les épidémies du « patient zéro », pour des raisons médicales, oui, mais aussi dans une volonté d’exorcisme, et quand le sida ravageait l’occident, un steward québécois fut désigné à tort comme l’homme qui avait contaminé l’Amérique. Cela n’est pas fini. 

Sur le site de France inter, lisez le calvaire de Maatje Benassi. Une employée de l’armée américaine, championne cycliste aussi qui participa l’automne dernier aux jeux militaires organisés à Wuhan… Des sites complotistes l’accusent d’avoir amené le coronavirus aux Etats-Unis, on a dévoilé son nom, son adresse, mais elle n’est pas malade, elle ne l’a jamais été…

Sur le site de Sud-Ouest, on raconte l’histoire de Mary Mallon, qui était irlandaise et en 1900 devint cuisinière chez des gens riches aux Etats-Unis, et partout où elle passait, apparaissait la Typhoïde… Mary était en pleine santé mais examens faits, ses selles regorgeaient de bacille, elle était porteuse saine, elle ne voulut pas subir l’ablation de la vésicule biliaire et s’obstina à travailler dans des cuisines sous des faux noms, et fut finalement rattrapée après un nouveau mort, et de 1915 à sa mort en 1938, celle qu’on surnomma Mary Typhoïde vécut en quarantaine forcée… Que penser de nos masques et de nos confinements.

Le Magazine du Monde trouve de l’empathie pour raconter les communautés juives ultra-orthodoxes en Israel ravagées par le virus, leur  aveuglement porte une vérité émouvante, ils n’ont pas voulu ces hommes en noir que l’on ferme leurs académies leurs écoles, parce que l’existence du monde, croient-ils, repose sur la prière et l’étude des enfants… Les nôtres vont retourner à l’école.

Et on parle de balcons pour finir…

Que le Magazine des Echos poétise avec grâce, car depuis toujours fenêtres et balcons ont été pour des artistes l’ouverture vers la beauté. 

On lira des textes aussi, dans l’Obs papier ou sur son site BibliObs, des textes de grands écrivains sur le Covid 19, des textes qu’auraient pour écrire de grands écrivains, plutôt, car ce sont des parodies qui valent le meilleur des hommage. 

« On me dit que le Ritz est fermé » dit Proust. Le pharmacien Homais de Mme Bovary de Flaubert a trouvé un remède au virus et des médecins viennent à Yonville le contempler, « un jour torride, après les moissons ».  « Le cocher, craignant la contagion, les avait débarqués sans égard en bas de la pente. Ils s'éventaient avec leur chapeau ; ils observaient la distance prescrite ; ils souffraient. la plupart venaient de loin ; et même le professeur Raoult, qui était sanguin, de Marseille. » 

Et puis bijou, Céline enrage, réinventé pr Régis Jauffret.

« Dans l'os, l'humanité... Tous à se rouler... Dans la trouille, leur crottin, la terreur de la crève... Et la lâcheté qui pointe son nez... Les infirmières qu'on chie des immeubles parce qu'elles ont touché la viande vérolée... Et ces planqués qui applaudissent chaque soir à la fenêtre... Les balconneux, ils veulent pas mourir... Restent connés comme des cafards dans leur nid et puis à huit heures ils se pointent au balcon comme des coucous suisses... Coucou ! Coucou ! » 

Ce faux est plus qu’un moment du vrai.

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