Une femme à l'Elysée en 2007...Une femme à la Mairie de Paris en 2008... La semaine dernière, ici à France Inter, François Hollande disait qu'on ne devrait même pas se poser la question de la femme... Ca devrait être tout naturel... Sauf qu'à force de ne jamais s'être posé la question, on n'a jamais vu de femme aux postes les plus importants de la République... A part Edith Cresson. La gauche, donc la sienne... Ségolène super-star, très présente encore ce matin dans les journaux, après son passage au Salon de l'Agriculture... Et la droite aussi, désormais, en la personne de Françoise de Panafieu, ici présente. C'est donc vous qui porterez les couleurs de l'UMP en 2008 pour affronter Bertrand Delanoë... Alors la presse regorge de portraits de vous, aujourd'hui... "La fille en rollers à l'heure de la maturité", titre "Le Figaro"... Autrement dit, comment vous voulez laisser les petites roues pour les grandes idées... le rassemblement... "Pas un profil d'intello", écrit de vous Charles Jaigu, mais un culot d'enfer et une indéniable force d'entraînement. Et puis vous êtes une femme... Plus pragmatiques et moins velléitaires que les hommes, les femmes s'affirment aussi dans la conquête du pouvoir, affirme Hubert Coudurier dans "Le Télégramme de Brest"... Mieux encore, reprend Bruno Dive dans "Sud-Ouest"... Courage, proximité, modération... Ce sont ces valeurs en hausse qu'incarnent aujourd'hui les femmes, mieux que les hommes qui eux, symbolisent l'usure qu'ils ont tant dominée. Mais revenons à vous, Françoise de Panafieu... Vous, à qui il faut prouver maintenant que l'image flatteuse qu'on vous prête ne cache pas une absence de projet, écrit "L'Express"... Une réserve exprimée avec moins de pincettes par le journal "Le Monde", qui publie aussi un portrait de vous, et qui titre : "Image nette, programme flou"... Volontairement flou, parce que vous appréhendez cette campagne comme une bataille d'image, estime "Le Monde", qui vous reconnaît cependant du cran et une vraie allure, et qui rappelle qu'en 2001, vous aviez déclaré : "Au soir du choix du candidat, il y aura un vainqueur et trois aigris"... Aujourd'hui, vous nuancez : "Après cette primaire, il n'y a ni vainqueur, ni vaincus, mais un chef de file"... Conclusion de Philippe Ridet, qui vous tire ce portrait : "Dans ce glissement vers le politiquement correct, se lit le passage de l'emmerdeuse d'hier à la femme politique d'aujourd'hui". Voyez : dans l'ensemble, l'accueil de la presse à votre nomination comme candidate n'est pas négatif... Mais il y a quand même un article qui casse l'ambiance, ce matin : il est dans "Le Canard Enchaîné", qui affirme que pour obtenir le ralliement de Lellouche et Tiberi à votre personne, l'équipe Sarkozy, qui roule pour vous depuis des semaines, a sorti le grand jeu... Les récalcitrants auraient même été menacés de perdre l'investiture du parti aux prochaines législatives... Claude Goasguen aurait même eu droit à un traitement spécial... A savoir : la perte de son fauteuil de président du groupe UMP au Conseil de Paris, sa voiture de fonction et son beau bureau de l'Hôtel de Ville. En tout cas, et là, c'est le journal "Le Monde" qui le dit : tous les ralliés insistent, avec une troublante unanimité, sur leur liberté de choix... Une manière de démentir toute pression, insiste ce journal. Enfin... Une femme au pouvoir... L'idée fait son chemin en France... Alors qu'en Allemagne, elle est une souriante réalité depuis trois mois... "Angela Merkel : cent jours d'état de grâce", titre "Le Figaro"... Un parcours international réussi, et une politique intérieure attentiste lui assurent une popularité sans précédent... Avec tout de même une fâcheuse propension à "ne miser sur un cheval que lorsqu'il a franchi la ligne d'arrivée", ironise un haut responsable de son parti, dans le journal allemand "Berliner Zeitung"... Alors maintenant, elle va devoir faire son choix : rester sur un nuage, ou s'atteler aux vrais problèmes brûlants. Il est vrai, note de son côté "Le Monde", que rien n'a changé en Allemagne... Les finances publiques sont toujours lourdement déficitaires, le chômage ne recule pas, la consommation intérieure stagne... Mais tout va bien... A tel point que le magazine "Der Spiegel" qualifie l'Allemagne de "pays du sourire". Il est vrai qu'au Bundestag, les députés du SPD applaudissent ceux de la CDU, et réciproquement... Du jamais vu depuis la fin des années 60. Résultat pour Angela Merkel : 80% d'opinions favorables... Un record. Voilà qui doit faire rêver Dominique de Villepin, qui, lui, perd encore des points dans le tout dernier sondage le concernant... Un BVA pour "L'Express"... Il passe de 48% de bonnes opinions à 42%... Mais tel est le coût de l'action, estime "L'Express", qui cite l'expression, triviale mais éloquente, de Jacques Chirac : "Les merdes volent en escadrille". Oui, il paraît qu'il dit ça. En fait, Dominique de Villepin connaît ce qu'ont connu ses prédécesseurs : quelque chose qu'on pourrait appeler "la malédiction à Matignon", où agir use, et ne pas agir affaiblit. En effet : "de l'inconvénient d'agir"... C'est le titre de l'édito d'Alexis Brézet dans "Le Figaro", qui estime que le meilleur moyen de ne pas avoir d'ennuis, c'est de ne rien faire... Et qui, sur ce point, cite Michel Rocard et Lionel Jospin en exemple... Alors qu'à l'inverse, pour Brézet, Jacques Chirac avec la loi sur l'université, Edouard Balladur avec le CIP, Alain Juppé avec la réforme de la Sécurité sociale, et Jean-Pierre Raffarin avec les retraites... Eux, ils ont pris des risques. C'est pourtant deux événements portés par la gauche qui arrrivent en tête des événements les plus importants de ces 25 dernières années, si l'on en croit l'enquête publiée par le mensuel "Ca m'intéresse"... 1981-2006 : hit-parade des événements, objets et découvertes qui ont marqué ce quart de siècle et changé la vie... Arrivent en tête la création de l'euro, puis les 35 heures et, en troisième position, les nouvelles technologies. Les sondés considèrent également que le terrorisme lié à Al-Qaïda est l'événement historique le plus important de ce quart de siècle, devant la chute du Mur de Berlin et la catastrophe de Tchernobyl. Côté objets : c'est le téléphone portable qui arrive en tête, devant l'ordinateur personnel. Enfin, pour ce qui concerne les services, c'est la carte bleue qui remporte la mise, devant la télé par câble. Restent les sujets d'inquiétude : le chômage avant tout, encore et toujours... Puis les délocalisations et le SIDA, devant les attentats terroristes et l'insécurité. Sylvie Ody, bonjour... Vous êtes rédactrice en chef de "Ca m'intéresse"... * Il y a également, dans ce sondage, une fenêtre ouverte sur le futur... Les espoirs des Français pour demain... Alors, qu'est-ce qui arrive en tête ?... Merci, Sylvie Ody... C'est donc à lire dans "Ca m'intéresse". Un mot de Youssouf Fofana, dont on parle encore ce matin dans les journaux, avec cette révélation du "Parisien"... Contrairement à ce qu'a toujours affirmé i-Télé, et selon des informations en provenance de l'ambassade de France, rapportées par "Le Parisien"... 15.000 euros auraient été versés pour obtenir l'interview du chef du "gang des barbares". Dans "VSD", le reporter Philippe Berti apprend d'un policier que depuis qu'il sait qu'il risque trente ans de prison... Fofana, qu'on a vu goguenard sur les images d'i-Télé... Rigole beaucoup moins. Mais on apprend aussi que, pendant sa garde à vue, il aurait proféré des insultes contre les Juifs, et menacé de mort les enquêteurs de la PJ parisienne. Mais de toute façon, comme le résume "Charlie Hebdo"... "Fofana, c'est trois neurones : deux pour le crime, un pour l'antisémitisme". Eh oui : parce que l'homme est un animal grégaire, et c'est bien ce qui inquiète les épidémiologistes... Alors, si la maladie devait se transformer en pandémie, la seule arme immédiatement disponible, ce serait ce qu'on pourrait appeler la "distanciation sociale"... Et c'est "L'Express" qui nous l'explique... Interdiction des réunions publiques, restriction des déplacements dans les transports en commun, port du masque obligatoire... Et changement des règles de politesse... L'OMS recommande ainsi de remplacer la poignée de mains par un toucher d'épaules... Tant il est vrai qu'il est difficile de se moucher sur les omoplates. Mesure difficile à appliquer dans les pays du Sud, où les gens se touchent beaucoup plus facilement qu'au Nord, et où l'on s'embrasse à tout bout de champ... Bises interdites... T'approche pas de moi !... La grippe aviaire aurait alors au moins le mérite de nous rappeler que l'enfer, c'est les autres. Bonne journée !... A demain !...

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