Bruno Duvic : Et on commence avec cette question : où étiez-vous à Noël ? Clotilde Dumetz : C'est la nouvelle question à tous les dirigeants. Il y a ceux qui font un sans faute : Alain Juppé par exemple, rapporte Le Monde. "Il a passé Noël 2010 avec les troupes françaises en Afghanistan et le reste de ses vacances en famille dans les Landes". Un sans faute donc. Et puis, il y a ceux qui sont au mauvais endroit au mauvais moment. Michèle Alliot-Marie en Tunisie, François Fillon en Egypte. Et de trois ! rapportent les Inrockuptibles cette semaine. Et de trois avec "le réveillon libyen d'Henri Guaino". "Je n'étais pas chez Kadhafi, j'étais en Libye chez l'ambassadeur de France. C'est un ami. Ne tombons pas dans un terrorisme moral. Je n'ai pas répondu à l'invitation d'un ministre pour aller passer des vacances chez lui. Je n'ai pas non plus été invité par un homme d'affaire libyen et je n'ai négocié aucun marché avec la Libye". Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui dit encore : "J'ai payé notre billet d'avion, nous avons voyagé normalement sur une compagnie libyenne. J'avais prévenu le président. Il m'a juste dit : "qu'est-ce que tu vas faire là-bas ?". Henri Guaino qui conclut l'interview par : "C'était un plaisir de vous raconter mes vacances !". Clotilde Dumetz : La Libye, restons-y... enfin, façon de parler ! Bien sûr, comme chaque jour, vos journaux rapportent le factuel : "Washington veut porter le coup de grâce à Kadhafi" explique Le Figaro. "Le colonel Kadhafi sous pression" pour Libération. "A Benghazi, les Libyens goûtent la vie sans Kadhafi"... ça, c'est à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France. Et puis, sur "Rue89", cette question : "Le fils Kadhafi a-t-il plagié des passages de sa thèse ?" C'est un nouveau scandale pour la London School of Economics. La prestigieuse université britannique était déjà fort embarrassée par le don d'un million 500.000 Livre-sterlings reçus du dauphin libyen. Eh bien, cette fois-ci, les chasseurs de plagiats ont découvert que plusieurs extraits de la thèse de Séïf al-Islam Kadhafi étaient tout simplement du copier-coller. De là à dire qu'il a acheté son diplôme, il n'y a qu'un pas que beaucoup ont déjà franchi. Pour la petite histoire, "Rue89" rapporte le sujet de cette thèse controversée. Sujet qui tranche avec les dernières déclarations du fils du colonel. Sujet donc : "Le rôle de la société civile dans le processus de démocratisation des institutions de gouvernance globale". Bruno Duvic : En Allemagne, ces plagiats font scandale ! Clotilde Dumetz : La chasse aux docteurs copieurs est ouverte chez nos voisins... C'est l'histoire du jour en Une du Figaro. A l'origine, bien sûr, le scandale Gütenberg. Le très médiatique et populaire ministre allemand de la Défense qui a vu son étoile pâlir quand on a découvert que la moitié de sa thèse avait été copiée. Il a, depuis, perdu son diplôme. Mais ce que raconte la correspondante en Allemagne du Figaro, c'est que maintenant, des internautes chasseurs de plagiats, passent au crible les thèses écrites par tous les politiques. De l'ancien chancelier Helmut Kohl à la benjamine du gouvernement, Christina Schröder, en passant par l'actuelle chancelière Angela Merkel, docteur en physique. Bref, tout le monde tremble ! Mais au final, explique Caroline Bruneau, cette initiative pourrait bien remettre un peu d'ordre dans la course aux titres à laquelle se livrent les Allemands. Le nombre des docteurs en "quelque chose" a été multiplié par deux en trente ans, dévaluant un diplôme qui jusqu'ici était le comble du chic outre Rhin. Bruno Duvic : "Les révolutions arabes, ce n'est pas tant qu'on ne les a pas vues venir, c'est plutôt que les consignes politiques étaient de ne rien voir"... Clotilde Dumetz : C'est l'analyse de Gérard de Villiers... Oui, oui, le père des SAS... Une interview sur "atlantico.fr", le nouveau site d'information lancé hier sur la toile. Un site d'info avec beaucoup d'interviews, mais aussi des contributions de spécialistes, d'historiens, de sociologues. "Atlantico" qui résume aussi une sélection d'articles piochés ici ou là. Ainsi, lu sur The Telegraph et rapporté par "atlantico" : "La future mariée impose ses invités". On parle du mariage de l'année. Le prince William et Kate Middleton. Eh bien, la future princesse d'Angleterre a invité le boucher, le postier et le barman de son village natal à la cérémonie. Autre exemple repris par "atlantico", cette fois sur le site "futurascience". Une étude de chercheurs luxembourgeois qui montre que les langues sont bonnes pour la mémoire. Plus on en parle, moins on a de chance de la perdre en vieillissant. Bruno Duvic : La mémoire, c'est ce qui était mort en premier chez elle... Clotilde Dumetz : Annie Girardot s'est éteinte hier et vos journaux rivalisent d'émotion dans leurs titres, leurs articles, leurs photos. "Elle nous a tant ému"... "Nous l'avons tant aimée" dans Le Parisien Aujourd'hui-en-France qui lui consacre cinq pages. "Annie Girardot rejoint nos mémoires pour toujours" affirme L'Humanité... "A jamais dans nos mémoires" pour France-Soir... C'était "l'anti star" se souvient La Croix. "Annie Girardot : ainsi va la mort" en Une de Libération. "La môme Girardot" : hommage du Figaro à celle que Lelouch surnommait "la Piaf du cinéma". Bruno Duvic : A lire également dans la presse ce matin... Clotilde Dumetz : "La franchise hospitalière augmente de 32%"... c'est dans Le Parisien Aujourd'hui-en-France. La mesure fortement contestée, est entrée en vigueur discrètement explique le journal. Depuis la semaine dernière, les assurés sont donc pris en charge à 100% à partir de 120 euros et non plus dès 91. Les cinq millions de Français qui n'ont pas de mutuelle vont encore plus retarder leurs soins estiment les associations de défense des consommateurs. Les adieux de Laurent Joffrin à Libération : "Libération commence un nouveau chapitre" écrit celui qui, ce matin, prend les rênes du Nouvel-Obs et laisse sa place à Nicolas Demorand. En page "débats et opinions" du Figaro, l'analyse de Pascal Perrineau, le directeur du CEVIPOF, le Centre de Recherche Politique de Science-Po. Une analyse intitulée : "limites et vertus des primaires socialistes". Des primaires qui suscitent l'intérêt de l'électorat mais dont la procédure soulève beaucoup de réserves chez les prétendants. Et puis, en Une de L'Humanité : "Moi, Adrien, 79 ans, payé 400€ par mois". C'est un reportage à Montpellier chez Adrexo, un grand groupe de distribution de publicités. Adrexo qui sur son site, explique favoriser l'insertion de personnes handicapées et de personnes retraitées. « Faux, rétorque L'Huma. Adrexo fait travailler des salariés précaires, le plus souvent âgés, dans des conditions déplorables". Et c'est donc Adrien qui raconte : "J'ai une retraite de 400€ par mois. Alors depuis 17 ans, je travaille ici pour environ 500€ par mois. Mais une fois déduits les frais d'essence, il m'en reste un peu moins de 400. Le vendredi matin, je viens à l'entrepôt charger en deux fois ma voiture de plusieurs centaines de kilo de publicité. Le samedi et le dimanche, je prépare ma tournée en faisant le tri dans mon garage. Le lundi, le mardi et le mercredi, je distribue dans les boîtes aux lettres de mon secteur. Il me reste une journée et demie de repos. Je pense que je travaille 35 à 40h par semaine". Adrien, 79 ans, qui espère quand même continuer encore deux ou trois ans...

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