Le déclin des petites villes françaises par le NYT les candidats en campagne, et les programmes des candidats pas aisément reconnaissables

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par la France…vue d’ailleurs

C’est une réalité française que l’on connait bien…mais allez savoir pourquoi, quand elle s’affiche à la Une du New York Times sous la plume d’Adam Nossiter, elle prend une acuité particulière. Titre : « La petite mort des villes françaises, la peur du déclin de la « francité » » pourrait on traduire, de la francitude diraient d’autres, bon, d’une certaine idée de la France.

Reportage à Albi, avec les photos d’abord : la ville aux briques et tuiles rouges, blottie contre le Tarn, illustration de carte postale si la ville n’était plombée par un ciel menaçant. Des rues désertées de leurs habitants, des façades de boutiques sur lesquelles se multiplient les écriteaux « à louer », et en périphérie, ces immenses centres commerciaux aux parkings saturés. Quelques clichés qui disent à eux seuls ce que le journaliste cherche à expliciter : pas facile dit-il, de « mesurer le changement, la flétrissure en France, quand on croise la beauté à chaque coin de rue, et que la vie semble immuable. Mais le déclin d’Albi est à l’image de celui de centaines d’autres petites villes françaises ; ces petites villes où Balzac écrivait ses romans, où les préfets émettaient leurs édits, où les habitants achetaient leurs 50 fromages… »

Et Nossiter de décrire cette dévitalisation des cœurs de ville, qui rend les Français anxieux de voir un mode de vie s’éteindre. Et Nossiter de rappeler en quoi cette question est éminemment politique en cette période électorale, Marine le Pen faisant campagne sur cette France qu’il faut protéger, sur cette « francité », « frenchness » en anglais qu’il faut restaurer. Dans le centre historique de la cité du Tarn, la dernière école vient de fermer, le dernier magasin de jouets, plus de boucherie, une seule boulangerie, un marché couvert silencieux…en revanche à l’extérieur de la ville donc, les fameux « malls » que les américains connaissent depuis longtemps. La France a aujourd’hui la densité la plus élevée d’Europe de centres commerciaux, précise-t-il, les élus locaux ayant longtemps cru à cette panacée économique. C’est le paradoxe français souligne le journaliste américain, ce nouveau modèle de consumérisme a tué l’âme française écrit Nossiter, Albi reste un joyau architectural pour les touristes, mais la ville se meurt. Comme mourrait donc la « francité » derrière laquelle court aujourd’hui quelques candidats en campagne…

La campagne présidentielle cette fois vue de chez nous Hélène…

François Fillon et Marine le Pen, chacun empêtrés dans leurs affaires judiciaires, mais solidaires à la Une de Charlie Hebdo pour réclamer le retour de l’ex garde des sceaux « Taubira reviens, dit l’un, on veut une justice laxiste » réclame l’autre sous le crayon de Coco.

Votre candidat François Fillon, dont le Figaro nous apprend en Une comment il veut « relancer sa campagne ». Ce n’est pas la première fois que la formule est utilisée me semble-t-il. Le Figaro qui affirme également en titre que « Fillon revient en candidat à plein temps ». Une formulation qui vient parait-il d’un de ses proches, mais un brin maladroite peut-être, au corps défendant du quotidien je n’en doute pas, tant elle met en lumière que c’est le soupçon d’avoir rémunéré des emplois pas franchement « à plein temps » justement, qui plombent la campagne de ce même candidat. A temps plein pas tout à fait, on vient d’apprendre que FFillon reportait sa visite au salon de l’agriculture

Mais le candidat dans l’œil du cyclone ce matin dans la presse, c’est surtout celui du parti socialiste : Benoit Hamon seul en sa campagne. Dans Sud-Ouest, Bruno Dive souligne que ce n’est pas la moindre des originalités de cette campagne, que de constater que le pouvoir exécutif est aux abonnés absents, « ni le président, ni le premier ministre, ni les principaux ministres n’a pris position pour un candidat alors qu’on est bientôt à 50 jours du premier tour » écrit il. Pire, le Figaro revient sur la façon dont les vallsistes, et le premier d’entre eux « éreintent Hamon ». Aujourd’hui en France/le Parisien raconte les tribulations des parlementaires socialistes, « encalminés » parait-il, pour beaucoup. « Les frondeurs nous ont fait chier pendant 5 ans, pas question de se ranger derrière Hamon » fulmine l’un d’eux, quand d’autres attendent juste qu’Emmanuel Macron dévoile son programme demain pour franchir le Rubicon. Dans l’Opinion, Nathalie Segaunes raconte avec précision comment l’accord Hamon Jadot a plongé « le Ps dans l’enfer vert ». Car au-delà des circonscriptions réservées aux écologistes qui continuent de faire grincer quelques dents, le contenu programmatique du pacte va à rebours écrit-elle, de 3 décennies de discussions doctrinales au sein du Ps, l’impression d’avoir été piégé par le candidat fait sérieusement tanguer le parti…Le O nucléaire d’ici 25 ans acté par la plateforme présidentielle signée entre les 2 hommes, est beaucoup plus radical que ce que le ps avait retenu jusque-là, les conférences de consensus sur le sort de l’aéroport de Notre dame des landes sont également vécues comme un retour en arrière après la consultation populaire , gagnée, sur le sujet, « last but not least écrit la journaliste, les propos de Benoit Hamon lundi matin sur France Inter au sujet de la dette, « la barre des 3% de déficit est un non-sens a-t-il dit, et il faut regarder ce que nous pourrons rembourser et ce que nous ne pourrons pas rembourser » ont laissé pantois pas mal de ses camarades. Jusqu’au président…jusqu’au président de la république : François Hollande aurait fait part hier matin à l’un de ses ministres, de son « inquiétude » face à la tournure que prend la campagne de Benoit Hamon » affirme Nathalie Segaunes.

Alors comment choisir son candidat ? C’est la question que tous les citoyens se posent…réponse : en lisant leur programme bien sûr !

Et L’actu, le quotidien pour les ados à partir de 14 ans, propose ce matin à ses jeunes lecteurs une drôle d’expérience : « vote pour ton programme éducation préféré sans savoir quel candidat le propose ». Programme A, B, C, D, E pour Fillon, Mélenchon, Hamon, le Pen, Macron. Mais qui propose quoi ? je vous soumets le quizz Jérôme Chartier : programme B, « créer 20 000 postes, augmenter le salaire des profs et créer un service public du soutien scolaire » ? c’est vous ça ou pas ? facile..

Plus compliqué, entre le programme E : « consacrer la moitié du temps à l’enseignement du français, instaurer l’uniforme, enseigner les faits historiques qui ont fait la grandeur de la France et abolir le collège unique ? » et le A « consacrer les 3 quarts du temps de classe à la lecture, aux calculs, aux grands personnages et aux dates clefs de l’histoire de France, organiser 3 semaines de découverte des métiers pour favoriser l’apprentissage, envoyer les élèves perturbateurs dans des établissements spécialisés, et laisser à chaque établissement le choix d’imposer ou non le port de l’uniforme » ? » lequel est le vôtre ? le A !!!

On termine Hélène par une nouvelle affaire d’exhumations de tweets antisémites

Qui touche cette fois le comédien Olivier Sauton. Il triomphait jusqu’à hier soir avec son spectacle « Fabrice Luchini et moi » au théâtre la Bruyère à Paris. C’est le site scèneweb.fr qui a exhumé ce week-end certains de ses tweets nauséabonds, et très explicitement antisémites, datant de 2012/2013. A l’époque, Sauton était un proche de Dieudonné rappelle ce matin Le Parisien, Dieudonné avec qui il a d’ailleurs écrit le fiml « l’antisémite » dans lequel apparaissent l’idéologue d’extrême-droite Alain Soral ou encore le négationniste Robert Faurrisson. Démasqué donc ce week-end, Olivier Sauton plaide à son tour, avoir juste voulu «être provocateur, trash, insolent » dit il, et affirme avoir « grandi depuis ». Le théâtre la Bruyère n’a pas l’air de vouloir retenir l’excuse de « jeunesse » ou de « minorité » comme on dit dans les procès : « ces prises de position sont radicalement incompatibles avec nos valeurs » a fait savoir la direction, qui hier a suspendu les représentations de Sauton. Et fermé la billetterie.

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