Epinay-sur-Seine : rue de Marseille... Il est 15H53, jeudi dernier, lorsque Jean-Claude Irvoas se gare à quelques pas du bar "Le Criquet". Il vient photographier un lampadaire, installé là auparavant par la société qui l'emploie. La suite, on la connaît... On connaît aussi les détails de l'agression mortelle. Ils sont révélés aujourd'hui par "Le Figaro", qui a pu reconstituer le drame, seconde par seconde, grâce aux caméras de surveillance installées sur les lieux du crime... Caméras qui ont permis aussi l'identitification des agresseurs. 15H54 et 20 secondes : trois jeunes vêtus de jean et de vestes de survêtement entrent dans le champ, filmés par la caméra 15... Ils prennent le photographe en filature. En un clin d'oeil, l'un des agresseurs tente de voler l'appareil photo... Jean-Claude Irvoas se defend... Une mêlée s'ensuit... La victime réussit à repousser l'un des assaillants au sol... En vain... Il est aussitôt rattrapé par l'un des malfaiteurs... Il s'effondre... Terrassé par un coup porté à la tête... Sous l'oeil, rappellons-le, de sa compagne et de sa fille restées dans la voiture. Il est 15H55 et quelques secondes. Entre l'instant où Jean-Claude Irvoas a posé le pied rue de Marseille et le moment où ses agresseurs ont pris la fuite après l'avoir laissé pour mort...Il s'est passé une minute et demie... D'où le titre du "Figaro" : "La mort en 90 secondes". Agression mortelle à Epinay... Mort de deux adolescents et guérilla urbaine dans cette autre ville du 93 qu'est Clichy-sous-Bois... Les questions demeurent... Comme le souligne "Le Figaro"... Et notamment "qui a jeté une bombe lacrymogène contre la mosquée, dimanche soir ?"... Ou encore : "Les adolescents électrocutés étaient-ils poursuivis par la police ?"... Reste LA question politique... Là, les critiques tombent en cascade dans la presse, ce matin encore... Avec, par exemple, cet édito de Christian Digne dans "La Marseillaise", qui écrit : "Derrière les méthodes du Karsher et du Flashball, se cache l'échec total de la politique de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin". Ou encore, cette charge d'Antoine Gaudemar dans "Liberation", qui parle des fanfaronnades aussi bravaches qu'inutiles du ministre de l'Intérieur... Inadmissible, estime notre confrère, qui ajoute... "Le goût de Nicolas Sarkozy pour l'affrontement lui fait perdre son sang-froid, comme s'il voulait se placer sur le même terrain que ceux qu'il défie, et transformer son bras-de-fer sécuritaire en bras d'honneur permanent". Le terrain... parlons-en... C'est de là qu'arrive peut-être la critique la plus sévère pour Nicolas Sarkozy, puisqu'elle émane d'un de ses collègues du gouvernement... Azouz Begaz... Qui mesure mieux que lui le poids des mots dans les cités, d'où il vient, lui, le ministre de la Promotion de l'égalité des chances ?... Et c'est dans "Le Parisien" qu'il le redit ce matin : "Il faut choisir ses mots"... Critique directe de ceux employés par le ministère de l'Intérieur : "racaille", "voyou", "Karcher", entre autres. Et puis ce mea culpa d'Azouz Begag : "Ca fait 5 mois que je suis au gouvernement, et j'ai été trop faible... A moins d'aller voir Sarkozy pour qu'on trouve des solutions ensemble, qu'on répare les malentendus et qu'on apaise les passions... Parce que vous savez : les gens qui vivent dans ces banlieues sont extrêmement sensibles et susceptibles. Oui, avec eux, il faut toujours choisir ses mots". En ce jour de la Toussaint, la presse est un peu en vacances... Il n'y a que 6 quotidiens nationaux aujourd'hui... Et tous, à part "L'Equipe", consacrent plusieurs pages à la direction vers laquelle nous allons tous : la mort. Et d'emblée, on pourrait penser à ce personnage très drôle de la BD "Lucky Luke"... Vous savez, ce croque-mort toujours à l'affût du moindre règlement de comptes, qui vient prendre les mesures de ses futurs clients... Il ferait une drôle de tête aujourd'hui. Parce que l'incinération est en train de prendre le pas sur l'inhumation... C'est une tendance lourde, que nous expliquent les journaux ce matin... Le CREDOC est formel : en 2030, 50% des morts seront incinérés. Bon, les cimetières ne sont pas morts, mais enfin... Il y a mille et une façons, aujourd'hui, de gagner l'autre monde... "France Soir" en fait le tour aujourd'hui... Sous le titre : "Les nouveaux chemins de l'au-delà", ce journal, qui a failli mourir hier... Et qui fort heureusement a eu droit à 6 mois de sursis... Fin de la parenthèse... Ce journal nous explique que c'est le recul du religieux qui nous impose de faire preuve d'imagination. Comme le chanterait Brassens : "Mais où sont les funérailles d'antan, le petit corbillard de nos grand-pères ?"... Eh bien, ils sont loin... Cette Toussaint 2005 va nous le montrer une nouvelle fois... Le deuil est de moins en moins compassé... La veuve noire et la pierre tombale en granit anthracite cèdent volontiers le pas à des stèles design... Le marketing est passé par là. Quand les cendres d'un être cher se transforment en diamant, par exemple... Finie l'urne funéraire oubliée... Maintenant, on valorise... Très marketing comme terme... On transforme les cendres des défunts en bijoux... Il faut savoir que 500 grammes de ces beaux restes suffisent pour produire une pierre synthétique. Pardonnez-moi mais, avec un même défunt, on peut fabriquer plusieurs diamants... Mémé en pendentif, ou Pépé en solitaire... A vous de choisir... Et surtout, de ne pas vous le faire voler ! Et il y a encore plus cocasse... Une Allemande nommée Yrsa Baer a même écrit un testament pour être transformée en diamant. C'est dans "France Soir". Mais vous savez : il y a une raison plus simple qui pousse les familles à réclamer la crémation... C'est qu'elle est moins chère que l'inhumation... Il faut le savoir... Et c'est encore "France Soir" qui nous le dit : un décès coûte 3.600 euros en moyenne... Le cercueil, à lui seul, engloutit 40% de ce budget. La vie est chère... La mort aussi. La preuve... Vous la trouverez dans "Libération"... Même mort, ça coûte très cher de demeurer à Paris... Car sous terre, le mètre carré flambe aussi... Et ce n'est pas un feu follet... C'est un phénomène durable... Les écarts de prix au mètre carré, on les retrouve dans les tarifs des concessions des cimetières, avec la loi de l'offre et de la demande, tout simplement. Une concession perpétuelle de 2 mètres carrés coûte 10.501 euros dans les 13 cimetières de la Ville de Paris... Mais si on franchit le périphérique, on tombe à 5.256 euros, à Bagneux par exemple... Comme quoi, mort ou vif, le prix à payer pour résider à Paris dépend toujours du nombre de mètres carrés. Et puis, contrairement aux idées reçues, sachez qu'il n'y a pas de liste d'attente pour acquérir une sépulture au Père-Lachaise, à Montmartre ou aux Batignolles qui, comme chacun le sait, sont les quartiers chics de l'au-delà. Mais dans le style "enterrement de première classe", on n'a jamais fait mieux que le Panthéon... A lire dans "Libération"... Le témoignage de Bernard Jeannot, l'homme qui veille sur les dépouilles illustres... Gardien du sommeil des grands... Il a cette phrase superbe : "Je n'ai jamais eu peur de rencontrer le fantôme de Victor Hugo, ou celui de Gambetta... Au contraire : j'aimerais bien qu'ils sortent de leur tombeau et qu'ils me parlent". On le comprend ! La vie, la mort... Johnny en parle, ce mois-ci, dans le magazine "Psychologies", auquel il accorde une grande interview, intimiste... Son père, son enfance, ses douleurs... A propos de la mort, il dit : "Je n'ai pas envie qu'il y ait des milliers de gens à mon enterrement, mais je n'aimerais pas qu'il n'y ait personne non plus, comme pour celui de mon père". "Et la mort, elle vous fait peur ?" "Oui... Quand j'avais 20 ans, j'ai dit la plus grosse connerie de ma vie... Que je voulais, comme James Dean, vivre vite et mourir jeune... Aujourd'hui, mon rêve, c'est toujours de vivre vite, mais de mourir vieux". Enfin, cette confidence, saisissante... "Est-ce que vous supportez l'image que certains médias donnent de vous, quand ils se moquent de la façon dont vous parlez"... Réponse cinglante : "Ca m'exaspère. Le "Ah que" m'exaspère... Je n'ai jamais dit : "Ah que"... Où sont-ils allés chercher ça ? Je trouve que je parle plutôt bien la langue française". Voilà... Johnny, on le retrouve aussi dans "France Soir", avec cet écho qui nous apprend qu'à son cou, il porte un guitariste crucifié... Et il s'en explique : "Pour moi, le Christ est un rocker crucifié". Alors, pourquoi pas ? Vous me direz : il y en a bien qui portent leur grand-mère en pendentif...

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