Deux vautours sur une branche... Et l'un d'eux qui explique : "Je ne vois pas pourquoi on devrait traiter mieux le client... Il y a peu de chance qu'on le fidélise"... Le dessin de Ransom, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, illustre un dossier sur les obsèques... "Obsèques : un secteur qui rapporte"... "Très chères obsèques", note le journal... "Une famille doit aujourd'hui dépenser en moyenne 2.300 euros pour assurer des funérailles décentes à l'un des siens... Au cours de ces dix dernières années, le coût des funérailles a augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie", explique Le Parisien, qui dénonce le manque de transparence des prix... "Sur 14.000 points de vente des pompes funèbres en France, une trentaine seulement ont accepté d'afficher leurs tarifs"... Et non, "on ne confond pas la Toussaint avec la fête des Morts, qui la suit de 24 heures"... C'est la mise au point du Monde, qui constate que "pour tous, croyants ou non, la Toussaint est devenue le moment privilégié de l'année pour se consacrer aux disparus... Et Le Monde se demande si ce ne serait pas une manière de compenser le déclin des rites mortuaires ?... "Des rites mortuaires dont nous avons besoin", continue le journal... "Parce que, quand les funérailles ne permettent pas de dire au revoir, le désarroi des familles reste vif des années après"... Et pour y faire face... c'est à lire dans Libération... "les services funéraires de Paris s'ouvrent aux minorités"... "Ce jour-là, raconte Marie-Joëlle Gros, le personnel du crématorium du Père-Lachaise s'impatiente... Il est 10 heures... Et le bonze est en retard... coincé dans les embouteillages, du côté de la Porte d'Ivry à Paris... Or, c'est le patriarche d'une famille qu'on incinère aujourd'hui... un mort de 82 ans... Et si le retard du bonze inquiète, c'est qu'une croyance exige qu'un défunt de cet âge-là soit incinéré avant 11 heures et quart... Si ce délai n'était pas respecté, le défunt pourrait croire que sa famille cherche à le retenir, et le malheur pourrait s'abattre sur elle", explique Annette, une employée vietnamienne des pompes funèbres... C'est que depuis deux ans, les services funéraires de la Ville de Paris prêtent une attention particulière aux minorités... "Pendant longtemps, les gens de ces communautés n'ont pas osé nous demander de prévoir une organisation respectueuse de leur rite, explique le directeur... Et pourtant, ce n'est pas si compliqué"... Difficile de dire "adieu"... Difficile aussi de dire "au revoir"... au pouvoir... C'est le commentaire de beaucoup de vos journaux, ce matin, après l'interview de Jacques Chirac hier dans Le Figaro... "A six mois de la Présidentielle, Jacques Chirac entame sa mue", écrit Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "Fini le Président muet lors des émeutes de l'année dernière, et indécis lors de la crise du CPE... Il a humé l'odeur qu'il préfère entre toutes : celle du combat électoral... Et tel un chien de chasse, il s'est mis à courir"... Oui, confirme Pierre Taribo dans L'Est Républicain, "jusqu'au bout, Jacques Chirac veut rester maître du jeu... Pour y parvenir, il laisse courir la rumeur d'un troisième mandat... Sauf que chacun sait bien que le vieux fauve de la politique est trop lucide et trop expérimenté pour y croire lui-même"... "Il a choisi d'interpréter un nouveau rôle : celui du gêneur"... C'est l'analyse de Michel Noblecourt dans Le Midi Libre... "Et si le gêneur ne parvient pas à ses fins, il lui restera à se muer en empêcheur de victoire"... Dans le même esprit, La Dépêche du Midi passe en revue "les trois tentations de Chirac"... Petit 1 : "Garder le pouvoir jusqu'au bout"... Petit 2 : "Contrarier l'ascension de Nicolas Sarkozy"... Petit 3 : "Favoriser les candidatures alternatives"... Et "Sarko fait face aux tontons flingueurs chiraquiens", rapporte le journal... Il affirme : "Plus ils m'attaquent, plus je grandis"... Ses adversaires ironisent : "Plus il grandit, plus il ressemble à Chirac jeune"... "Quoi qu'on en pense, Chirac rassure par le poids de son expérience"... C'est le point de vue d'Hubert Coudurier dans Le Télégramme... "D'autant que ceux qui se sont installés dans la compétition présidentielle inquiètent... Nicolas Sarkozy, pour ce qu'il dit, en voulant moderniser le pays à marche forcée... Ségolène Royal, pour ce qu'elle ne dit pas, mais que l'on devine derrière ses incantations... à savoir qu'elle pourrait bien avoir au pouvoir le comportement d'une Thatcher de gauche"... Autre pays... Autre campagne... Autre élection... Dans moins d'une semaine maintenant, aux Etats-Unis, auront lieu les élections législatives de mi-mandat... Elles vont décider de la majorité parlementaire pour les deux ans à venir... "Elections : Bush monte au créneau", titre Le Figaro... "Le Président des Etats-Unis sort enfin de sa discrétion pour exhorter les électeurs républicains... Il a défait la cravate, retroussé ses manches, et repris possession de l'estrade"... Et cela étonne le New York Times, qui note que "le Président est entré en campagne comme s'il était lui-même sur les bulletins de vote"... Mais "si George Bush aime les courses électorales et y excelle, il s'était fait très discret sur le terrain, note Le Figaro... tout simplement parce que la plupart des candidats républicains n'avaient pas très envie de s'afficher aux côtés d'un Président dont la cote d'amour stagne autour de 37%... "Les stratèges de la Maison Blanche ont donc envoyé le Président dans les Etats où le candidat républicain n'a rien à craindre... Et devant des salles acquises à sa cause, George Bush se fait vindicatif sur tous les sujets... y compris celui qui fait mal : l'Irak... "L'objectif des démocrates est de se retirer d'Irak... L'objectif des républicains, de vaincre en Irak"... "Le verdict des urnes sera en effet irakien"... C'est ce que confirme Times Magazine, qui explique que, du coup, "ces élections tournent au référendum pour un Président isolé... des élections qui pourraient remodeler la politique américaine... Et du coup, rapporte The Times, "Bush confie, au fil des interviews, que quand il était gouverneur du Texas, il avait su travailler avec les démocrates comme avec les républicains... C'est un nouveau ton pour le Président, dont les convictions ont été le pivot de son parti ces six dernières années"... Et dans Newsweek... "Il faut repenser l'Irak... revoir les objectifs à la baisse... Le temps est venu de se confronter à la réalité... Pour éviter la défaite totale, nous devons réduire et redéployer nos troupes, et encourager les Irakiens à accepter ce marché"... Newsweek qui se souvient... "En 1952, la dernière année de sa Présidence, Harry Truman reconnaissait que la victoire qu'il avait espérée n'était plus possible en Corée... Les forces américaines n'avaient pas perdu, mais n'avaient pas gagné non plus... Les deux-tiers de la population désapprouvaient la guerre... Le successeur de Truman, Eisenhower, avait eu, du coup, une énorme liberté de manoeuvre... Il en avait usé pour mettre fin aux offensives militaires et concéder plusieurs points-clés aux Nord-Coréens et aux Chinois... Quelque chose comme la fin de la guerre en Corée est ce que l'on peut souhaiter de mieux pour l'Irak maintenant", conclut Newsweek... La guerre en Irak sera donc l'arbitre des élections la semaine prochaine aux Etats-Unis... Mais peut-être pas seulement... Il y a aussi les machines à voter... Dans Time Magazine... l'histoire d'une femme qui, la semaine dernière, est allée essayer l'une de ces nouvelles machines, mises en place pour ceux qui veulent voter dès maintenant... A chaque écran, elle a tapé "oui" pour passer à l'écran suivant... Et à la fin, un drapeau américain est apparu, lui indiquant qu'elle avait voté et que son vote était enregistré... Le problème, explique le magazine, c'est qu'elle n'avait fait aucun choix... Elle voulait simplement voir et comprendre la machine... Et quand elle est allée dire au juge des élections qu'elle voulait maintenant voter, il lui a dit que c'était trop tard : elle l'avait déjà fait"... Les machines à voter... Le Canard Enchaîné en parle également... L'hebdomadaire reprend ce matin un article paru la semaine dernière dans Le Monde 2, et qui explique que les machines sur lesquelles on vote outre-Atlantique appartiennent à des firmes privées... Et l'une des plus importantes appartient à un sénateur républicain du Nebraska... Une association a démontré que l'on pouvait, à distance, entrer dans ces ordinateurs et changer les résultats des élections... Dans Time Magazine, le contrôleur officiel des élections explique que "la plupart des craintes autour des machines viennent des électeurs démocrates, qui n'ont pas gagné d'élections nationales depuis plusieurs années... Mais s'ils obtiennent une solide victoire en 2006, cela balaiera la plupart de leurs angoisses"... L'Irak... Un possible scandale avec les machines à voter... Rien de tout ça n'empêche George Bush de dormir, non... Son pire cauchemar, révèle Le Monde, c'est Nancy Pelosi... Toute en séduction, la chef de file des démocrates à la Chambre des représentants... Elle a un côté dur, apprêté... Hillary Clinton en brune... et certains militants les verraient bien toutes les deux, en 2008, briguer la Présidence et la vice-Présidence, ne serait-ce que pour faire enrager les républicains... Nancy Pelosi, 66 ans, sera peut-être le prochain "speaker" de la Chambre des représentants, c'est-à-dire son président, soit le troisième personnage de l'Etat... Le Président Bush a lui-même fait la liste de toutes les preuves de l'irresponsabilité de la démocrate... Elle a voté contre la guerre en 2002... contre le renouvellement du Patriot Act (législation qui donne des pouvoirs étendus au gouvernement en matière de lutte antiterroriste)... contre également les écoutes téléphoniques... Et surtout, elle vient de San Francisco, une ville dont le seul nom fait passer des frissons dans l'électorat conservateur... "A les entendre, je dois être la personne qui fait le plus peur à la Maison Blanche, explique-t-elle... C'est ridicule... La plupart des Américains ne savent pas qui je suis"... Mais ça pourrait bien changer... Bonne journée.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.