Novembre sera chaud... Novembre sera chaud... sur les pavés, sur les quais de gare... Préparez-vous à entonner ce refrain... La totalité de vos journaux listent ce matin les préavis de grève déposés pour ce mois-ci... "Il paraît qu'octobre fut noir... Que dira-t-on alors de novembre ?", s'interroge Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... "Si tous les mouvements sociaux annoncés ont lieu, ce sera Halloween tous les jours"... "Retraite, coupe dans la fonction publique, franchise médicale, nouvelle carte judiciaire : l'agitation gagne dans un nombre croissant de secteurs", constate donc Le Républicain Lorrain... Et son éditorialiste, Philippe Waucampt, commente cet "effet cumulatif" et annonce "avis de vent défavorable"... Vent défavorable pour le gouvernement et pour le Président... "Novembre pourri pour Sarkozy"... C'est la Une de Libération... Et le journal est allé voir du côté des députés... des députés qui doutent... "Une possible paralysie du pays avant les municipales les inquiète"... "Cette série de grèves commence à donner des sueurs froides à l'UMP", rapporte Libé... avec, entre autres, les commentaires de cette députée, élue d'Ile-de-France... "Le bénéfice des heures sup défiscalisées va commencer à se faire sentir, espère-t-elle... Mais pour l'instant, ça grince dans les circonscriptions... Si en plus, on se prend une énorme grève sans fin..." Et pourtant... pourtant, écrit Jean-Claude Kiefer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, "le rallongement des cotisations de retraite est inéluctable... Mais encore faut-il savoir s'y prendre... Et le gouvernement manque de psychologie", constate l'éditorialiste... "Accuser les syndicats d'obstruction, c'est facile, même si ça n'est pas entièrement gratuit... Seulement cette obstruction n'explique pas tout... L'environnement social joue aussi... Et dans la France du "bling-bling", qui étale la bonne fortune des uns, les reproches concernant les petits privilèges des autres paraissent disproportionnés"... Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, confirme... On a affaire à deux autismes, dit-il... L'éditorialiste est allé chercher la définition "d'autisme" dans le dictionnaire... Et il a trouvé : "repli pathologique sur son monde intérieur, avec perte du contact avec la réalité et impossibilité de contact avec les autres"... Alors oui, explique Patrick Fluckiger, "cela peut s'appliquer aux syndicalistes, qui ne veulent pas voir évoluer les régimes spéciaux de retraite... Mais cela peut s'appliquer aussi à l'Elysée, qui a aussi perdu le contact avec la réalité en doublant le salaire du Président de la République"... Et l'éditorialiste conclut sur cette interrogation : "Quand deux autistes se font face, on fait quoi ?"... Bon alors... Si vous voulez que votre patron vous comprenne... lisez donc cette expérience italienne... Elle est rapportée par Libération... C'est l'histoire d'un petit industriel, fabricant de pâtes... Pour faire comprendre à ses filles, qui n'ont jamais connu de privations, comment vivent la plupart de leurs amis, ce petit patron a, durant un mois, travaillé comme ses employés... les mêmes horaires, le même salaire... Et il n'a tenu que 20 jours... Après, il a fallu qu'il aille puiser sur son compte épargne... Du coup, à la fin du mois, eh bien il a augmenté ses collaborateurs de 200 euros mensuels... Depuis, beaucoup d'autres patrons italiens le traitent de fou... Eux aussi sont sans doute un peu fous... déterminés, tout au moins... Eux, ce sont les bonzes birmans... "Les moines birmans reprennent la lutte"... Le Figaro, ce matin, rapporte que 200 moines bouddhistes ont hier renoué avec leur marche de protestation... Alors certes, la manifestation d'hier a été brève... Mais elle prouve que les moines restent la seule force qui peut faire face aux militaires... Parce que la journaliste du Figaro à Bangkok explique que, depuis la répression sanglante des 26 et 27 septembre, la population birmane se tient coite, dans la colère et la frustration... Ce regain de contestation, analyse également Florence Compain, coïncide avec le retour en Birmanie de l'émissaire des Nations Unies... Le diplomate doit tenter samedi de rapprocher la junte birmane et l'opposition démocratique... Dans cet article du Figaro, vous lirez que c'est dans les rues de Pakokku que les bonzes ont manifesté... C'est déjà de là qu'étaient partis les événements de septembre... Et pour découvrir ce haut-lieu religieux, lisez, dans Le Monde, l'enquête d'Ariane Chemin... "Les monastères de la révolte"... Pakokku, ce sont 10.000 bonzes... des hommes qui expliquent que jamais il n'a été question de réclamer à la junte la démocratie... Non, disent-ils, juste du riz, de l'essence et de l'huile d'arachide... Au détour de vos journaux, ce matin... quelques nouvelles ici et là des sans-papiers sur le territoire français... Le Parisien-Aujourd'hui en France dénonce le cas de ce jeune homme... "Convoqué pour une régularisation, et arrêté"... Cela s'est passé dans l'Essonne... Omokindé, originaire du Nigeria, marié à une Française depuis près d'un an, reçoit une convocation de la préfecture pour venir retirer son autorisation provisoire de séjour... Sa femme raconte : "La lettre est arrivée le jour de son anniversaire... Je lui ai dit : "C'est ton cadeau"... Mais le lendemain, à la préfecture, l'homme est arrêté, et deux jours plus tard il est expulsé... La Ligue des droits de l'homme dénonce une procédure déloyale, contraire aux conventions européennes, et parle de "convocation-piège"... Du côté de la préfecture de l'Essonne, on dément... "La convocation est un document standard... Il n'y a pas de piège... L'arrestation est légale"... Autre journal, autre histoire... Dans Libération, c'est le préfet du Puy-de-Dôme qui est dénoncé... "Il vire les psys pour expulser sans contraintes"... Le préfet a en effet décidé de rayer de la liste des experts trois psychiatres, également consultants pour Médecins sans Frontières... Les médecins dénoncent une décision qui va toucher les plus fragiles, des personnes dont les troubles psychiatriques nécessitent une autorisation temporaire de séjour afin qu'ils accèdent à des soins... Dans vos journaux également, ce matin... Plusieurs dossiers sur le réchauffement climatique... "Le SOS des scientifiques", en Une d'Aujourd'hui en France-Le Parisien... qui explique que la fonte de la banquise va tout changer... Le journal donne la parole aux chercheurs de l'expédition Tara... Ils dérivent sur le Pôle Nord depuis un an... et constatent que, dans 10 ans, la banquise ne sera plus l'été qu'un souvenir... Dans Le Figaro... des chercheurs dénoncent l'échec de Kyoto... Ce sont 2 chercheurs britanniques, qui proposent d'abandonner ce protocole pour engager un plan Marshall sur l'énergie... notamment en investissant d'urgence dans la recherche sur les énergies renouvelables, et en instaurant un marché des changes du carbone qui soit efficace... Et Le Figaro constate qu'en effet, en France par exemple, les recherches sur les énergies alternatives sont encore loin derrière celles du nucléaire... "Le renouvelable peine à décoller dans l'Hexagone", constate le journal... Et sinon... On parle de quoi, dans les journaux ?... Eh bien, on parle des journaux... Dans Libération, cet entrefilet, qui raconte que "le patron de L'Express a subi la pression de Dati"... Libération rapporte en fait les explications de Christophe Barbier, sur son blog... Le directeur de la rédaction de L'Express raconte la déferlante de coups de fil relayant des menaces incroyables qu'il a reçu à l'occasion de la publication, par son magazine, d'une enquête révélant que Rachida Dati faisait mention sur son CV d'un diplôme qu'elle n'a pas... Entre autres menaces, rapporte Christophe Barbier, celle-ci : "Je vais aller à la télévision dire que votre journal est raciste"... "Est-il raisonnable de réagir ainsi quand on occupe un des plus hauts postes de l'Etat ?", s'interroge le journaliste... Alors cette semaine, c'est Le Point qui s'intéresse à la ministre de la Justice... "Le bon soldat de Nicolas Sarkozy", comme l'appelle le magazine... Alors disons-le... Ce dossier ne devrait pas attirer les foudres du ministère de la Justice.... une longue interview du Garde des Sceaux... et ce commentaire de Sylvie Pierre-Brossolette : "Serait-elle un brin parano, Rachida ?... En tout cas, elle se sent victime d'un complot... Elle n'est pas loin de penser que racisme et machisme ne sont pas absents des interrogations sur ses compétences, sur la validité de ses diplômes, etc... Elle croit savoir qui sont les responsables de la désinformation qui la frapperait : la presse judiciaire et les magistrats syndiqués"... Les médias... Le pouvoir... Le sujet vous intéresse ?... Eh bien, lisez Télérama... Enquête sur Vincent Bolloré et les médias... intitulée : "Le raz-de-marée Bolloré"... "Il y a 10 ans, écrit Télérama, c'était un quasi inconnu... Aujourd'hui, avec sa chaîne de télé Direct8, ses deux gratuits Matin Plus et Direct Soir, et son agence de com Havas, il est en passe de devenir un magnat des médias"... Vincent Bolloré qui explique à la journaliste de Télérama : "Je ne suis pas un investisseur financier... Je suis un investisseur industriel... Je dois donc avoir le contrôle de l'éditorial"... Du coup, constate Télérama, les journalistes de son groupe ravalent tant bien que mal leurs frustrations... Une ancienne salariée explique : "Ce n'était pas désagréable de travailler avec lui... Il est très intelligent, charmant, élégant... Simplement, il faut oublier d'être journaliste"... Et puis, pour finir, sur un autre sujet... Coup de chapeau à celle qui dit non... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Maud Fontenoy dit "non" au gouvernement... La navigatrice, que la rumeur nommait déjà secrétaire d'Etat à la Jeunesse, explique au journal qu'elle a d'autres priorités... qu'elle n'a pas de temps à consacrer à un gouvernement... et que la jeunesse, elle s'en occupe déjà depuis bien longtemps... sans que les projecteurs soient braqués sur elle...

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