Denis Astagneau : C'est l'homme le plus recherché du Yémen, mais aussi de tous les services secrets occidentaux. Ibrahim Hassan al-Asiri est sans doute l'artificier des deux colis piégés découverts à Dubaï et en Grande-Bretagne... Des colis qui, selon le conseiller anti-terroriste de Barack Obama, étaient bien destinés à exploser en vol, nous indique l'International Herald Tribune. Le portrait d'Hassan al-Asiri est à la page 5 du Parisien-Aujourd'hui-en-France. C'est un des membres -lés d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Pour Libération, c'est un artificier imaginatif... Et pour cause, c'est l'as du suppositoire à la penthrite qu'il donna à son petit frère Abdullah, avant de l'envoyer en août 2009 commettre un attentat-suicide contre le patron des services secrets saoudiens. On comprend dès lors que ce soit justement l'alerte des services saoudiens qui ait permis de déjouer ces attentats. Mais Libération cite d'autres exemples de l'imaginatif Hassan al-Asiri... Il aurait également conçu les sous-vêtements explosifs du jeune Nigérian qui, en décembre dernier, aurait du pulvériser au-dessus de l'Atlantique, un vol Amsterdam-Detroit. Et puis maintenant, on lui attribue les imprimantes piégées envoyées à Chicago. Comment ces colis piégés ont-ils pu être repérés se demande Le Parisien ? Il reste peu probable que leur découverte résulte du hasard des fouilles disent les spécialistes qui relèvent que seulement 3 à 5% du fret aérien mondial sont passés au crible par les détecteurs ou la radioscopie. Al-Qaïda au Yémen, c'est selon Le Figaro, la plus inventive des filiales d'Oussama ben-Laden. Si l'on en croit les services de renseignements, les effectifs seraient entre 400 et 600 depuis la fusion des branches yéménite et saoudienne de l'organisation terroriste. La plupart sont des Yéménites, mais il y a aussi des Américains, des Britanniques, voire quelques Français, nous dit Le Figaro. Et cette capacité d'Al-Qaîda dans la péninsule arabique de recruter des Occidentaux inquiète de plus en plus. Il n'empêche, écrit Laurent Joffrin dans Libération, ces attentats déjoués illustrent une nouvelle fois l'échec de la stratégie adoptée par Oussama ben-Laden. Le terrorisme islamiste devait frapper sans relâche l'ennemi croisé, c'est-à-dire occidental. Force est de constater qu'il a, pour l'essentiel, tué des musulmans atteints par le hasard d'actions suicides. Al-Qaïda s'était donné pour but de chasser les Occidentaux des terres d'islam. L'organisation a surtout attiré les Armées occidentales en Irak et en Afghanistan. Elle voulait enfin affaiblir les capacités de ses ennemis, à commencer par l'Etat américain. Elle a, au contraire, aiguisé sans cesse l'efficacité policière des Occidentaux. Laurent Joffrin ne fait pas pour autant de triomphalisme : ce constat, dit-il, ne garantit pas l'avenir qui reste chargé de menace. Menace que reprend Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne : Les grandes puissances en sont bien conscientes : ces quasis attentats montrent que statistiquement, les terroristes finiront par réussir leur sale besogne. Dans les flux de marchandises qui circulent à travers le monde, il y aura toujours des interstices pour glisser une bombe. Dans La Charente-Libre, Jacques Guyon s'interroge sur les conséquences du terrorisme sur les élections américaines de demain. Que se serait-il passé, se demande l'éditorialiste, si ces bombes n'avaient pas été découvertes ? Quel aurait été alors l'impact d'un double attentat sur l'avenir politique d'un Obama déjà affaibli ? Ben-Laden ne souhaite-t-il pas, au fond, revoir un Bush-bis revenir à la tête des Etats-Unis ? Sans aller jusque-là, Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre-Ouest estime qu'un lourd revers électoral de Barack Obama et c'est aussi toute une politique internationale qui serait remise en cause. Qu'on le veuille ou non, ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis auront un impact sur la vie du monde entier. Bruno Duvic : En France, on s'intéresse davantage à la coiffure de Jean-Louis Borloo... Denis Astagneau : Dans La Voix du Nord, Mathieu Verrier remarque que Jean-Louis Borloo s'est peigné. Et Philippe Jarassé dans L'Est-Républicain dit qu'il est tout aussi mal coiffé, sauf hier à la télé. Pourquoi ces remarques tirées par les cheveux ? A cause de Jean-Louis Borloo lui-même qui, chez nos confrères d'Europe-1, a déclaré : "Tout d'un coup, je deviens brouillon, je suis mal coiffé ou je suis trop bien coiffé... Enfin, j'ai pas la tête de l'emploi !". Borloo remet les pendules à l'heure, remarque L'Ardennais. En tout cas, reprend Mathieu Verrier, il s'efforce de battre en brèche les nombreuses caricatures dont il est l'objet. Premièrement, il sait rester calme en temps de crise. Deuxièmement, il prône la reprise du dialogue social. Pierre Fréhel dans Le Républicain, a regardé Jean-Louis Borloo plaider sa cause, hier sur Canal+, en faisant, dit-il, reluire sa facette sociale au moment où le social est précisément le clou dans la chaussure du chef de l'Etat. Bref, le N°2 du gouvernement dispose d'un CV intéressant. Suffisant pour convaincre les réticences du patron, se demande Pierre Fréhel ? Pas sûr, le côté déjanté du personnage et son souci de demeurer imprévisible jouent contre lui. Philippe Jarassé reprend la biographie du personnage. Ancien Mao, ancien président du club de foot de Valenciennes, ancien député européen, ancien fondateur de "Génération Ecologie", le mari de Béatrice Schönberg n'est jamais avare d'un bon mot. Borloo a été lauréat du Prix de l'Humour politique 2008 pour cette aimable vacherie : "Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Elysée pour devenir premier ministre". Hou la la ! s'écrit Philippe Jarassé, il pourrait bien se retrouver sur le banc de touche pour commenter celui-là. Bruno Duvic : La photo du jour, on la trouve à la Une de Sud-Ouest... Denis Astagneau : C'est la photo d'une dame d'un certain âge qui arrose des microsillons. Vous savez, ces disques noirs en vinyle que l'on écoutait il n'y a pas encore si longtemps. Eh bien, elle illustre ces fêtes de la Toussaint puisqu'il s'agit de la tombe d'Eddie Barclay à Saint-Tropez. Dans ce cimetière marin, la tombe de l'Empereur du microsillon y voisine avec celle du cinéaste Vadim, du chanteur Pierre Bachelet ou du peintre Dunoyer de Seconzac. Vous allez me dire : le jour des morts, c'est demain, mardi. Mais en fait, beaucoup de Français ont profité du dimanche pour aller fleurir les tombes. Il y a un vrai business de la Toussaint nous dit Le Parisien qui a enquêté sur le marché du secteur funéraire. Un secteur lucratif, parfois accusé de pratiques douteuses. Le coût moyen des obsèques, sans parler des frais de cimetière, se situe dans une fourchette de 2.500 à 4.000€. Ce qui nous vaut ce dessin de Ranson : un couple devant la vitrine des pompes funèbres... "Ca coûte de plus en plus cher la mort", dit le mari... "Tu crois qu'on va nous demander de travailler plus longtemps pour la financer ? se demande sa femme. Mais sachez-le, le marché de la mort est en pleine transformation, notamment avec Internet, Grâce à la toile, les défunts nous parlent. Exemple, le site "La vie d'après" qui permet de transmettre après son décès, des messages, des photos, des vidéos à ses proches. "C'est plus parlant qu'une pierre tombale" estime le journaliste François de Closet qui est membre du comité d'éthique de ce site Internet. Des sites qui se multiplient, comme le "cimetiere.net", un cimetière virtuel, où l'on peut adresser des messages et des fleurs aux morts qui y sont inscrits. Gratuits ou payants, nous explique Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, ces sites rivalisent d'imagination pour entretenir la flamme du souvenir quand nos proches passent l'arme à gauche. On a même droit à des cimetières pour chiens ou cimetières pour chats. Et évidemment, sur Facebook, on ne meurt presque jamais. Les profils virtuels des personnes décédées continuent d'avoir une existence après leur mort. Leurs amis, entre guillemets, peuvent ainsi continuer à recevoir des relances automatiques d'un goût douteux. Pour éviter ces désagréments, il faut présenter un acte de décès et une preuve de liens qui vous unissent à la personne décédée pour demander la suppression du compte. Mais le journal nous donne une autre solution : la plupart mette le profil du défunt en mode mémoire. C'est peut-être ça, la pierre tombale de l'avenir !

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