Comment donc réagir face au terrorisme ? Quels principes défendre ? Quelles méthodes adopter ?

Ce sont les questions que pose, cette semaine, l’hebdomadaire LE UN, dont les journalistes sont allés enquêter dans deux démocraties qui ont adopté des modèles très différents. Julien Bisson s’est ainsi rendu au Danemark, un pays où la police reste plutôt discrète, mais où la surveillance ne fait guère débat. Là-bas, d’ailleurs, les jeunes qui sont tentés par l’aventure djihadistes sont repérés et pris en charge de manière efficace. 

Autre pays, autre région : reportage de Manon Paulic en Israël, qui vit sur le pied de guerre depuis des années. Depuis même tant d’années que la société israélienne a développé une véritable culture de la gestion de crise, avec la récente mise en place d’un traitement du stress post-traumatique inédit.

Cela date de juin dernier, et c’est un ancien officier de l’armée qui a développé le procédé. Une nouvelle façon d’apporter une aide psychologique aux témoins d’attentats, en s’adressant à eux de façon cognitive et pas émotionnelle. En d’autres termes : consoler ou serrer dans ses bras le témoin d’une attaque terroriste est une attitude bienveillante mais inefficace, car elle place la personne en position de passivité. Mieux vaut l’activer, lui poser des questions, et puis lui assigner des tâches précises, comme aller chercher une couverture pour un blessé. Le but est de faire sentir au sujet qu’il est dans une position de contrôle et d’action.

Comment donc réagir face au terrorisme ? 

Quels principes défendre ? 

Quelles méthodes adopter ? 

Tous les pays se posent aujourd’hui ces questions. 

Et, ce matin, sans doute plus encore les Etats-Unis, où un attentat a donc eu lieu hier après-midi. 

Une camionnette qui fonce sur des passants à New-York. Bilan : huit morts et onze blessés. On vous en parle depuis ce matin sur notre antenne, et le sujet fait, bien sûr, la Une de tous les sites des journaux américains, et puis la Une aussi d’une partie de la presse française. « Attaque à New York », titre ainsi NICE MATIN, précisant que le scénario rappelle celui de l’attentat de la promenade des Anglais, comme celui de Barcelone… « Une attaque au camion fait huit morts », précise de son côté L’UNION, tandis que LE FIGARO qualifie l’attaque en question : une attaque « terroriste ». C’est Philippe Gélie et Valérie Samson qui font le déroulé du drame dans les pages du journal. 

« Sous un beau soleil d’automne, en ce jour d’Halloween, New-York a été frappée à son tour par une attaque au camion-bélier. Peu après 15 heures, le chauffeur d’un pick-up de location s’est engagé délibérément à contre-sens sur une piste cyclable, la remontant sur un kilomètre et fauchant une vingtaine de promeneurs et cyclistes sur son passage. Puis, après avoir percuté un car scolaire, l’assaillant est sorti du véhicule – criant ‘Allah Akbar’, aux dires des témoins. Un officier de police aurait alors fait feu, blessant à l’individu au ventre. Suite à quoi il a été transporté à l’hôpital. »

Le bilan fait donc état de huit morts, dont cinq vacanciers argentins, et une touriste belge. 

Il y a par ailleurs onze blessé, dans un état « sérieux », mais cependant pas « critique » selon les pompiers. 

Plusieurs médias américains ont déjà livré l’identité du chauffeur de la camionnette : il s’appelle Sayfullo Saipov, il a 29 ans et il est originaire d’Ouzbékistan. 

D’emblée, Donald Trump a mis en cause le groupe Etat Islamique, et ordonné le renforcement du contrôle des étrangers souhaitant entrer aux Etats-Unis... 

Des reportages et le point sur les avancées de l’enquête dans tous les journaux de France Inter aujourd’hui. 

On parle aussi de politique dans la presse ce matin, avec notamment des révélations sur les tous derniers mois de la présidence de François Hollande. C’est à lire dans LE PARISIEN, « Les derniers secrets de la Hollandie » et c’est sur la base de deux livres que Nathalie Schuck a écrit son papier : les livres de deux des anciens conseillers de François Hollande – « La politique est un sport de combat » de Gaspard Gantzer, et « Et si tout s’était passé autrement » de Vincent Feltesse. Ce dernier raconte notamment que tout était organisé pour une nouvelle candidature de l’ex-chef de l’Etat. Il y avait même un slogan : « Nous sommes la France »… 

Tous les deux rapportent également que François Hollande était totalement sous l’emprise de Manuel Valls – il semblait même en avoir peur. Gaspard Gantzer confirme par ailleurs que Brigitte Macron a voté Sarkozy en 2002 et 2007 – ce dont s’était récemment vanté Nicolas Sarkozy, avant que l’Elysée ne démente l’information. On apprend en outre qu’Alain Juppé a failli se voir proposer le Quai d’Orsay après les attentats de Paris… Et puis on découvre aussi que les proches de François Hollande ont œuvré pour que celui-ci décroche le Nobel de la Paix. C’était en 2016. Une récompense pour son action en Ukraine. Vaine tentative, en l’occurrence.

Toujours dans LE PARISIEN, une nouvelle affaire de harcèlement sexuel. Cette fois c’est dans les médias : Anne Saurat-Dubois, ancienne journaliste de France 2, vient de porter plainte contre Eric Monier, l’actuel directeur de la rédaction de LCI. Elle l’accuse donc de harcèlement sexuel : une proposition très claire de promotion canapé, lors d’un déjeuner il y a cinq ans. Lui proteste de son innocence. Mais certains se souviennent qu’en arrivant à LCI, il avait lancé à des journalistes femmes : « Méfiez-vous, on m’appelait le DSK de France 2. »

Cela dit, dans les journaux, on trouve aussi quelques raisons de se réjouir. Se réjouir, par exemple, à la lecture du formidable reportage de Delphine Minoui dans les pages du FIGARO… 

Elle nous raconte l’histoire, l’histoire formidable de jeunes activistes syriens qui tentent de braver la propagande des islamistes à travers la lecture… On est à Idlib, au Nord-Ouest du pays, dans une région prise en étau entre les bombardements russes et les djihadistes de l’ex-Front al-Nostra… Et c’est donc dans cette région qu’un petit groupe d’opposants au régime de Bachar Al-Assad circule depuis trois mois dans un bibliobus qu’ils ont aménagé pour aller proposer des livres aux habitants… Il y a là des romans, des contes pour enfants, manuels éducatifs, ouvrages de sociologie et même des bouquins de développement personnel… Une dizaine de villages parcourus ces dernières semaines, et des Syriens ravis de pouvoir parler d’autre chose que de la guerre ou de la religion… Et c’est donc la lecture pour oublier les bombes, mais aussi résister à ceux qui veulent imposer leur idéologie.

Et puis on peut se réjouir aussi, avec Jérôme Garcin, le patron du service culture de L’OBS qui, cette semaine, publie des extraits d’une correspondance amoureuse : les lettres échangées par Albert Camus et Maria Casarès, qui paraîtront jeudi prochain. Un immense écrivain, une immense comédienne, qui ont eu la chance de s’aimer à une époque où la passion ne s’exprimait pas encore à coup d’émoticônes envoyés par texto, mais de manière épistolaire… En l’occurrence, Gallimard publie 865 lettres, qui scellent pour toujours, je cite là Garcin, « ces amants à la fois célèbres et clandestins ». Clandestins, car lorsqu’ils se rencontrent, l’auteur de « La Peste » est marié – c’était le 6 juin 1944, le jour de la Libération… Mais leur histoire va pourtant durer des années, jusqu’à la mort de l’écrivain, en janvier 1960… Quinze années de mots d’amour, et leurs lettres sont magnifiques… Maria Casarès appelle Camus son frère d’armes, son beau prince exilé, son vivant, son seigneur, son jeune homme aux yeux de lumière… Albert Camus appelle Casarès sa tragique, son unique, sabrillante, saplage », sabelle furie, sa _petite sainte brûlanteou encore sa truite noire… Et c’est très affectueux, « truite noire »_, Nicolas. C’est comme quand je vous appelle mon saumon mordoré... 

Quelques mots d’amour pour tenter d’oublier le reste.

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