Le Point raconte la colère des épargnants allemands contre les taux négatifs de "Draghila". Mediapart s'alarme de la privatisation de la Française des jeux. Une journaliste de l'Obs défendait les gilets jaunes, elle les connaissait. XXI raconte l'espérance et la transformation d'un postier irlandais...

On parle de l'Allemagne ce matin...

Et on parle d'une révolution qui se déroula il y a trente ans, quand des manifestations en Allemagne de l'est eurent raison d'une dictature communiste et firent tomber le mur de Berlin, c'était le 9 novembre 1989, cette histoire nous habite et sur le site de Midi Libre, des Français qui vivaient alors à Berlin racontent une espérance... mais le monde diplomatique prend notre mémoire à revers et raconte la suite, l'histoire d'une annexion titre le journal, l'annexion de l'est par l'allemagne de l'ouest, quand l'aspiration à la liberté se transforma en une brutalité économique dont se nourrit encore aujourd'hui l'extreme droite allemande qui prospère dans l'Est du pays...

C'est un très long article que Jean-Luc Mélenchon a salué hier sur twitter, il déroule implacablement une autre vision de l'histoire, d'une gauche pour résumer, en deuil d'une utopie. Quand le communiste s'effondre, un court instant, la RDA devient un pays démocratique dont les révolutionnaires rêvent de faire un pays libre et socialiste... Les entreprises d'Etat ont été regroupées dans un organisme géant la Treuhand, qui doit redistribuer les richesses industrielles au peuple. Mais cette utopie est balayée dans une guerre idéologique éclair menée par l'allemagne de l'Ouest, alors dirigée par les démocrate-chrétiens, qui font miroiter aux allemands de l'est la promesse du Deutschmark, et de sa prospérité. En mars 1990, les premières et dernières élections libres de RDA se déroulent à l'ombre de cette tentation, la droite l'emporte et en quelques mois, l'Allemagne de l'Est va disparaître, absorbée par l'Ouest, mais cette absorption détruit les structures d'une société qui n'est pas prête pour le libéralisme. "la population est-allemande fut jetée dans les flots du capitalisme avec une pierre autour du cou". Le cout des bien et des services s'envole, les entreprises sont asphyxiées, les industries sont balayées par des centaines de milliers de licenciements et une vague de privatisation, l'industrie est-allemande est vendue à des investisseurs de l'Ouest dans un atmosphère d'affairisme et de scandale qui empoisonnent aujourd'hui la mémoire allemande. "la réunification aura été le plus grand programme d'enrichissement des Allemands de l'Ouest jamais mis en oeuvre" a dit un jour u dirigeant social-démocrate, Et ce serait cela que commémorent les 09 novembre les classes dominantes occidentales conclut le monde diplo.

Conclusion partielle. le 9 novembre 1989 fut d'abord la fin d'un régime meurtrier de son peuple. Depuis plusieurs jours, l'Equipe rafraîchit nos mémoires en racontant des histoires de sportifs est-allemands qui avaient choisi la liberté, je découvre aujourd'hui la beauté éphémère de Lutz Eigebndorf, espoir du football de l’Est dont l'élégance lui avait valu le surnom de Beckenbauer de RDA... Il s'enfuit à l'Ouest en 1980 et mourut trois ans plus tard dans un accident de voiture très possiblement organisé par les services secrets est-allemands qui l'avaient baptisé le traitre...

Mais que faire si l'injustice est née après la liberté mais l'injustice se décline sous tant de formes... Dans le point, qui n'est pas idéologiquement sur la ligne du monde diplomatique, on me raconte un autre malheur allemand, contemporain celui-là; celui des épargnants de la caisse de Munich, une institution outre-Rhin, qui applique depuis un mois un taux négatif sur les nouveaux dépôts de plus de 100.000 euros, vous n'épargnez plus, vous êtes taxés, et en allemagne, la colère monte contre mario Draghi, le patron de la BCE qu a inventé ces taux négatifs pour soutenir l'économie, mais que le grand journal Bild Zeitung a caricaturé en Draghila, un vampire venu ponctionner l'épargne allemande... Mme Lagarde qui succède aujourd'hui à Monsieur Draghi, Mme Lagarde dont le Monde raconte le long parcours, sera-t-elle un jour surnommée Vampirella, se demande la Tribune...  

Dans Mediapart on parle de la Française des jeux.

Donc la privatisation est actée et dont on pourra acheter des parts dans huit jours, et Mediapart s'insurge, on confie au privé un fleuron français, l'héritier de la loterie nationale créée en 1933 pour que ses gains soulagent le malheur des anciens combattants, on offre à la spéculation une activité qui attire les plus fragiles, ce sont les plus pauvres qui sont les plus susceptibles de devenir dépendants du jeu... Et on retrouve dans une privatisation française vue par Mediapart comme un écho des privatisations de l'Allemagne racontées par le Monde diplomatique, une transgression contre les peuples et leur bien-être, et il faut lire les deux articles l'un après l'autre pour entendre les évidences d'une partie des gauches... Pendant ce temps, dans l'Opinion,  Charles-Henri d’Auvigny qui  est président de la Fédération des investisseurs individuels et des clubs d’investissement trouve que le gouvernement est timide sur cette affaire de la Française des jeux, il voudrait qu'on en fasse un grand moment pédagogique national sur l'enjeu de l'épargne.

Le mouvement des gilets jaunes a un an cet automne et dérange encore même dans son déclin, à Hargnies me dit la Voix du Nord, une femme qui avait prêté son terrain aux gilets jaunes si souvent expulsés de leurs cabanes, elle s'est retrouvée devant les gendarmes suite à une plainte de la mairie... Le Monde diplomatique encore raconte un an des gilets jaunes en Ardèche, qui de luttes en luttes ont réinventé sans en avoir la culture les rites des vieux mouvements populaires. L'Obs s'attendrit dans un beau texte d'une journaliste qui a suivi le mouvement sur an, et c'est aussi bien un reportage que l'histoire d'une découverte d'une part de peuple par cette journaliste, Emanuelle Anizon, qui se retrouvait à défendre les gilets jaunes dont elle connaissait les raisons sur des plateaux télés où on les accusait de toutes les violences...

Il y a dans nos journaux des tendresses pour les classes populaires, ce qu'on leur fait, il y a dans Society un bau reportage sur la chaine de pubs  JD Wetherspoon, qui ne sont pas chers et as si bon, dont les moquettes ont des motifs étranges, dont le  style ne fait qu'imiter la chaleur des vrais pubs mais qui sont comme un refuge et qui furent ce lieu se concocta le Brexit, entre les clients fatigués de ne pas exister et le propriétaire milliardaire Tim Martin qui abreuvait leur colère...

Il y a aussi de l'espérance pour finir...

Dans XXI beau comme à son habitude, on me raconte Finbarr O’Barry, un irlandais timide, facteur de son métier, timide et violent d'avoir été violé dans son enfance par un ami de sa famille, qui pensait que pédophilie et homosexualité étaient des synonymes, et qui fit partie d'un groupe de citoyens venus participer à la rédaction d 'une  nouvelle constitution pour l’Irlande… Et là devint l'ami de Chris, venu trop maquillé pour défendre la cause du mariage gay, et leur vie changea comme un pays... L'espérance dort, comme dort à calais, dans Nord Littoral et la Voix du Nord  le dragon mécanique géant que des milliers de personnes sont venues admirer et qui va se dresser cette fin de semaine, pour les rêves que nous méritons. 

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