(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la partie recommence

(Bruno Duvic) Mesdames, messieurs, les gauchistes ont pris le Financial Times . Il y a du rouge ce matin à la Une du quotidien, édition Europe : "Manifestation à Paris, des milliers de personnes à la marche française contre l'austérité.C'est la dernière d'une série dans la zone Euro en crise ». Et en pages intérieures : « Les gauchistes manifestent à Paris contre les plans d'austérité.»

Quelle ambiance, quels arguments dans la manif d'hier ? « Une vraie grosse manif' » résume Ouest France , qui appelle à voter pour le traité à la Une.

Reportage sur Rue89

« Ambiance promenade, pas de gros ballon en tête de cortège. » Livio et Raffaeala ont regardé ça avec un peu de recul, ils sont italiens : « C'est très franco français, très manif PCF, peu de publications gauchistes ou de petits groupes, c'est comme des manifs pro Mélenchon, y'a des vieux ou des jeunes qui semblent un peu vieux. »

Pourtant le premier témoin dans le Reportage de Rue89 , c'est un jeune,

Evan, 23 ans (il n’a jamais cru que ce serait différent avec Hollande). « Faut être plus radical, on associe la révolution au bain de sang, pas forcément, une révolution peut se passer dans la gentillesse. »

Kosta a 30 ans : « Je m'apprête à être père, je voudrai savoir vers quoi on va déjà que moi je galère. »

Romain, adjoint au maire communiste d'Ivry sur Seine : « Avec la règle d'or, l'Etat ne pourra plus décider de son budget. »

Katel, 41 ans, « Je travaille dans la fonction publique territoriale. Je vois les hôpitaux de Paris qui commencent à pâtir du manque de moyens. »

Voilà ce qu'on pouvait entendre dans la manif et que Nicolas Demorand résume de cette manière dans Libération : « Non au traité européen c'est à dire à l'austérité économique, Non au mode de ratification parlementaire, Non, en termes plus feutrés à la politique menée par François Hollande. »

Voilà "De quoi Mélenchon est le Non" , pour reprendre la Une de Libération .

Ce Non, c'est « 80.000 manifestants intraitables contre l'austérité » pour L'Humanité à la Une. Edito de Patrick Appel Muller : « Les dizaines de milliers de manifestants hier ont cassé l'unanimisme de caserne. » Il met en cause les médias : « Avez-vous assisté à un débat télévisé entre un partisan du Oui au traité budgétaire européen et un tenant du Non ? (…) La manifestation d'hier est une première grosse pierre posée pour faire barrage à l'austérité. »

Alors ce Mélenchon, qui a mobilisé, reconnait Le Figaro , combien de divisions, demande Libération ? Est-ce qu'on rejoue 2005 ?

« Mélenchon considère que les divisions de l'époque restent entière, écrit Lilian Allemagna, qu'à gauche il y a deux lignes et que la sienne deviendra, d'ici à 10 ans, majoritaire. Il veut convaincre une partie des écologistes et des socialistes de la rejoindre (…) Son problème c'est que taper si fort sur les premiers mois de la gauche au pouvoir s'avère également contre-productif et lui fait petit à petit endosser le statut de diviseur que les électeurs de gauche récompensent rarement. »

Sur atlantico.fr , question à Chrisophe Bourseiller qui a beaucoup étudié la gauche et les mouvements sociaux. "En exigeant l'austérité, l'Europe va-t-elle mener à la révolution des peuples ?" Réponse : "Deux facteurs rendent possibles une crise sociale : une paupérisation brutale de la population, à laquelle s'ajoute une variable incontrôlable : le possible éclatement d'une colère collective (…) La tendance en Grèce par exemple semble être plutôt à une certaine résignation. Mais la colère peut éclater à tout moment."

L'homme n'est pas une machine...

L'homme contre la machine... Il y a 15 ans, des kilomètres d'articles avaient été écrits sur ce thème lors du match d'échec entre Garry Kasparov et l'ordinateur d'IBM Depp Blue. C'est la machine qui avait gagné.

Une journaliste du New York Times vient d'enquêter sur ce match. Le site américain Wired reprend ses conclusions. Et il s'avère que si Deep Blue a gagné c'est grâce à un bug de l'ordinateur. Bug qui lui a fait faire un mouvement imprévisible, ce qui a totalement déstabilisé Kasparov.

Wired s'amuse avec cette histoire : « Après tout c'est une erreur humaine dans la programmation du logiciel qui a provoqué le bug et donc la victoire de la machine.» Alors, qui est le plus fort, l'homme ou la machine ? Les matches suivants n'ont pas donné de résultat probant. Match nul en particulier en 2003 entre Kasparov et une autre machine.

Conclusion de l'article, « Il est peut être temps de rejouer le match, car l'ordinateur Deep Blue, comparé à ceux d'aujourd'hui, est totalement ridicule. »

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Qui plait le plus aux femmes, Copé ou Fillon ? A la page débat du Figaro , match de femmes UMP pour savoir lequel des deux est le plus en faveur de la parité. Le texte pro Copé recueille nettement plus de signatures.

Marseille loin des clichés, initiative de La Provence pour parler différemment de la ville marquée par la violence cette année. Le quotidien souligne les réussites marseillaises, par exemple dans la Recherche. A l'hôpital Nord, des gastro-entérologues viennent de reconstituer entièrement un œsophage par chirurgie endoscopique.

A propos de santé, sur le Huffington Post , l'appel du président de "Vaincre la mucoviscidose", alors que viennent de se tenir les Virades de l'espoir. Les centres de prise en charge de cette maladie manquent de moyens. Un chèque de 4 millions et demi d'Euros promis en 2004 par l'Etat n'a jamais été versé.

Les buralistes prêts à bloquer la frontière. C'est la Une de L'Indépendant catalan tout près de l'Espagne le jour de l'augmentation du prix du tabac.

Et le séisme dans le monde du handball.

« Séisme », le mot est à la Une de MidiLibre , concerné de près puisque c'est l'équipe de Montpellier qui est au cœur de cette affaire présumée de paris truqués.

Le Parisien-Aujourd’hui en France a compté 17 arrestations, notamment hier soir au sortir du match entre le PSG et Montpellier au stade Pierre de Coubertin. 17 dont le Zidane du Handball, Nikola Karabatic.

Des stars du sport français en pleine tourmente, l'histoire recommence. __

L'Equipe raconte ce moment. « Chaque porte dérobée du stade Pierre de Coubertin est gardée par un ou plusieurs journalistes. Devant la sortie principale, une centaine de curieux. Des reporters commentent en direct. A l'arrière du stade, des hommes sortent, escortés par des policiers en civils. Ils traversent le parvis sans hâte, se dirigent vers les voitures banalisées garées en double file, gyrophare sur le toit. Nikola Karabatic est assailli, suivi pas à pas par une dizaine de caméras, visage impassible, lorsqu'il plie sa carcasse pour pénétrer à l'intérieur du véhicule. »

Les deux frères Karabatic sont défendus par maître Dupont Moretti. Une affaire de plus pour celui que le magazine GQ met en tête de son palmarès des avocats les plus puissants de France. C'est l'occasion de brosser une nouvelle fois le portrait de ce colosse barbu, fils d'une femme de ménage et d'un ouvrier métallo. « Il exècre l'hygiénisme et la transparence de l'époque et fume dans les palais de justice en cachant sa Gitane dans les manches de sa robe. »

Définition de l'avocat selon maitre Dupont-Moretti : « Le temps d'une affaire, j'entre dans la vie de mon client et j'utilise la mienne pour le défendre au mieux. Cette vie là, je l'ai choisie, je l'aime et elle me tue à petit feu. »

C'est le 3ème palmarès des avocats publié par GQ . A chaque fois, c'est une collection de gueules et de petites phrases. Comme ce conseil de maître Courcelle-Labrousse, 29ème au classement. « Attends d'avoir traversé la rivière pour dire au crocodile qu'il a une sale gueule. »

A demain

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