Le succès de Trump face aux canadiens dans Le Monde, les voitures électriques dans les Echos, la Croix et le Figaro, la joie de l'Humanité pour Salah Hamouri libéré. Pétillon sur des belles pages de Libération, qui sur le web publie Yael Pachet: son père Pierre, les noms juifs et les masques qu'on se donne.

Une victoire de Donald Trump pour commencer...

Donald Trump qui a amené son voisin canadien à renégocier le traité de libre-échange nord-américain, et c'est un "incontestable succès", dit Le Monde. Le Globe and Mail de Toronto confirme que ce sont les Canadiens qui ont fait des concessions, les "méthodes d'intimidation" de Trump ont payé...

Voilà l'ambiance quand Libération passe au tamis les supposés bons chiffres de l'économie américaine, ils sont moins bons qu'il n'y parait. Oui mais, qui a concédé. Je vois dans les Echos un homme aux cheveux décolorés de fort bonne humeur, Boris Johnson qui s'organise pour remplacer Theresa May, lui que l'on compare souvent à Donald Trump. Oui mais Johnson lis-je, n'a pas eu d'aventure avec une star du porno. Ainsi vont les démocraties. 

Aussi loin que possible de la vulgarité politique, les unes de Ouest France et de la Croix, sur le tsunami en Indonésie sont là pour nous rappeler à une humanité commune et blessée. On regarde dans le Financial Times et dans Libération cette même femme sauvée des eaux hier accrochée à un sauveteur. Il s'en faut d'un rien... 

A la une de l'Humanité, un homme aux cheveux rasés donne une impression de puissance physique. « Salah Hamouri libre », titre l'Humanité, puisque l'avocat franco-palestinien Hamouri est sorti hier de prison en Israel, après 403 jours de détention administrative. Et ce matin l'Humanité trouve en Palestine une raison d'espérer.

Les Echos, eux, flanqués du Figaro et de la Croix encore, veulent nous parler d'avenir, et annoncent l'âge de la voiture électrique, vivons nous un temps de belles innovations? On témoigne dans la Montagne du dynamisme de  jadis. Car au viaduc de Garabit dans le Cantal, viaduc signé Eiffel, on fête les 130 ans du chemin de fer Paris-Béziers, en costume pour l'occasion... ? 

La violence dans le football...

Au stade de Montpellier, comme prévu et redouté, quand des supporters de Nîmes ont exhibé un morceau de la bâche dérobée aux ultras de Montpellier, et Midi Libre raconte l'absurdité des affrontements et des gaz lacrymogènes au coeur d'un match. Mais ce n'est pas seulement le midi... Car vous lirez, dans Ouest France, dans le Courrier de l'Ouest, dans le Télégramme, comment samedi soir, un bus de supporters de Guingamp a été attaqué après un match remporté à Anger par l'Equipe bretonne, et donc dans l'Ouest tempéré, la même passion délétère... 

On sent souvent, à lire les journaux, l'impression d'impuissance face à la brutalité des hommes. Explicite, ce matin, nous donne une raison de désespérer même de nos lois. Le journal en ligne est allé interroger deux prostituées parisiennes, pour faire le bilan de la fameuse loi sur la pénalisation des clients, que les défenseurs des prostituées contestent, qui fragiliserait le New York times s'empare du sujet aujourd'hui... Anaïs, 43 ans qui reçoit ses clients dans des appartements qu'elle loue sur Air B’nb, et "Tete", 45 ans, travailleuse du sexe transsexuelle au Bois de Boulogne le confirment. Les clients se font plus rares, l'argent manque, on prend des risques et le 20 aout dernier Anaïs en a payé le prix.  "Il est arrivé, je lui ai demandé mon enveloppe, il a sorti son couteau, il m’a demandé de l’argent, j’en n’avais pas. Il a voulu forcer un rapport non protégé, je l’ai mordu, il m’a frappé... "

Tete ne travaille plus la nuit au bois de Boulogne mais sur une avenue éclairée, les policiers alors la guerre...  "J’ai fait trois pipes à 20 euros et j’ai pris trois amendes de 35 euros. Donc je suis dans le rouge de 45 euros."

A Bordeaux, Sud-Ouest me raconte une scène de tribunal correctionnel où David comparait pour une « bêtise. » Le 6 novembre 2015, "ce responsable d’atelier, père de famille sans histoires",  a fait monter dans son fourgon, à Bègles, une jeune prostituée étrangère, et n'ayant pas assez d'argent lui a placé un cutter sur la gorge et l’a contrainte à une fellation. 

La jeune femme n'était pas à l'audience. David est reparti libre au bras de sa femme.

Le souvenir d'un dessinateur pour finir

Qui était dit Le Monde un des derniers grands du dessin de presse après le massacre de Charlie Hebdo, Pétillon auquel Libération consacres deux belles pages, où revivent l'élégance et la légèreté de cet homme qui avait résumé l'exploitation de l'homme par l'homme dans son Baron noir. Ce rapace qui raflait sans dramatiser des moutons gourmands, l’un d’eux  qui croquait encore l'herbe au moment de l'enlèvement pour en profiter jusqu’au bout.

Parler des morts, c'est parler de nous. Dans Libération, sur internet, vous lirez ce texte d'une femme de lettres, Yael Pachet, qui parle de son père Pierre Pachet, lui aussi écrivain. La plaque commémorative posée sur l'immeuble où il avait habité a été taguée vendredi, d'une étoile de David.

Et Yael sa fille, parle alors de lui et de son nom, et de cette famille  Apatchevski, un nom venu d'Odessa devenu Pachet pendant la guerre; et le nom est resté la paix revenue... "Le nom de Pachet disait, à sa manière, un silence, une retenue. Il prononçait le désir de s’assimiler, terme aujourd’hui tombé en désuétude, comme on se fond dans la foule, pour y trouver une place, un lieu d’être."

Et Yael Pachet nous parle de nos débats étranges, ce jour où le Monde encore raconte les stratégies des immigrés, pour que les prénoms de leurs enfants ne soient pas un obstacle.

Elle dit aussi le jeu des masques et des vérités, et Pierre Pachet, qui considérait les questions identitaires avec respect et ironie, savait marier ses mondes.  "Dans l’église où nous nous sommes rassemblés pour l’enterrement de notre mère, il s’est excusé de nous tourner le dos, et sortant une kippa de sa poche, il a lu le kaddish, tourné vers Jérusalem. C’est peut-être la seule fois de sa vie où il a fait un happening juif, où il a imposé quelque chose de cet ordre-là. Et c’était sublime."

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