La Vie raconte un rabbin surnommé Toto, qui aima mai 68 et dont l'élève Serge Bloch illustre les mots de Jésus. L'Obs, le Monde, Libération (dessiné par Charlie qui a 50 ans) nous racontent Malfalda et Quino qui lui donna naissance. Le fleuve de mots Depardieu dans le Point. Les femmes en niqab dans The Conversation!

On parle d'un rabbin ce matin...

Qui était de Colmar et s'appelait Simon Fuks mais je lis dans la Vie que ses élèves le surnommaient Toto, en mai 68, notre rabbin Toto avait pris sa 2CV pour voir de près la Révolution de Paris, il contait la bible comme un si beau roman, et la faisait illustrer par les gamins sur des feuilles de papier ronéo qui sentaient l'alcool, l'un d'eux s'appelait Serge Bloch, fils du boucher cachère de la ville, qui émancipé ferait les beaux arts...  Mais on n'échappe pas à sa jeunesse et Bloch, que les parents aimants connaissent pour ses personnages de Max et Lili,  Bloch donc est devenu  illustrateur de la Bible, et des Evangiles aussi, "Jésus, histoire d'une parole", que publie la très catholique maison bayard, il y translate son enfance...  

E t cette histoire de rabbin gauchiste et de juif dessinant jésus, elle vient bien en ce jour où nous célébrons le dessin qui est tende ou rire ou sarcasme consolateur ou courage, je lis dans l'Obs qu'en Algérie le journal satirique El Manchar, en dépit de la peur remet le couvert, c'est le jour d'en parler puisque chez nous Charlie hebdo a 50 ans...  Charlie met à sa une un djihadiste qui brandit un hachoir et dit  je viens découper le gâteau, le dessin est de Riss qui était à l'instant avec nous... 

Charlie a 50 ans, c'est le jour du dessin mais aussi le jour où nous démêlerons ce que les hommes font de Dieu, et nous nous souvenons aussi du temps où les révoltes étaient une espérance...   Le rabbin Toto de la Vie, aurait pu être cousin de la fillette Mafalda, sa contemporaine qu'un génie argentin, Quino, avait fait naître dans les années soixante dans un sublime retournement, elle aurait du être Mafalda le prétexte à une publicité, elle était devenue la voix même de la contestation, dans son regard d'enfant fâché sur le monde, mercantile, périlleux et en guerre et qu'un fascisme menacerait... Quino dut quitter l'Argentine quand elle tomba en dictature militaire, les journalistes mouraient et d'autres aussi:  tout se retrouve  et quand ce fut à Charlie hebdo qu'un autre fascisme tua, Quino qui était ami de Wolinski vint nous dire que Mafalda aurait eu une peine terrible -Umberto Eco nous demandait de considérer Mafalda comme un être vivant... Quino est mort et nous nous instruisons, j'ai lu tout cela sur sur les sites de l'Obs et du Monde et dans Libération, le titre de Libé me dit tout... "Et comme si ça ne suffisait pas, Quino est mort"...   

Et Libération accueille Charlie ce matin...  

Dans une symbiose dont nous sommes partenaires ce jour, chaque page pratiquement de Libération est illustrée par les artistes de Charlie, manière de poursuivre la fraternité de  janvier 2015 quand le quotidien avait hébergé l'hebdomadaire ensanglanté... En ouverture de Libé s'amuse un écrivain journaliste qui a conservé l'espièglerie d'une Mafalda quinquagénaire: Philipe Lançon donc se souvient comment en 2003, sans quitter Libé, il entra à Charlie, dans son premier article , Lançon avait moqué Dominique de Villepin dont l'amour de la poésie lui semblait empesé... Lançon se souvient de l'innocence, Charlie en son enfance sage possédait l'âpreté de la musique punk des nunchakus et des revues porno, Lançon se souvient comment il découvrit les tablées paillardes des monstres sacrés, les Gébé Wolinski Cavanna Cabu Siné Honoré, auraient-ils été admis en notre époque prude? Il comprit aussi que c'était un honneur de voir ses mots enluminés des dessins de ces grands frères, et il comprit Charlie: "La parole qui gronde est un chien qui doit se dépenser, s’épuiser, aboyer, flairer le caniveau et patauger dans la merde, pour que finalement, le geste - dessiner, chroniquer - se libère et aille, en chacun, vers autre chose : une idée, une image, qui, les bons jours, devient une forme qui fait rire.."  

Cette ode à la parole me renvoie, tout se tient, au destin de JK Rowlings que raconte l'Express, l'autrice de Harry Potter, soumise depuis bientôt un an aux hordes du bien qui veulent l’annuler, la chasser de l’histoire, et exigent qu'on ne la cite plus quand on parle du héros qu'elle inventa, même es acteurs qui jouèrent Hermione et Harry se détournent de Mme Rowlings coupable d’avoir ironisé sur notre temps de mélange des genres, elle est de ces féministes que les transgenres laissent perplexe, que la nature oblige, elle croit qu'un homme trans devenu femme rugbyman sera plus lourde au corps de ses adversaires qu'une femme originelle, elle persiste à moquer les nouvelles fluidités, elle n'a pas peur de perdre, elle est milliardaire...   

Dans le Point, tout se tient, une autre incorrect déverse une parole indomptée, où s'entrechoquent la Russie, Poutine, la France confinée, c'est le fleuve Depardieu qu'intelligemment le point laisse déborder et qui charrie la vie et retrouve son cours, celui des mots, il cite De Gaulle sur Mauriac: "Qu’il s’agisse de Dieu, de l’homme ou de la France ou de leurs œuvres communes que sont la pensée,l’action et l’art, son magnifique talent savait, grâce à l’écrit, atteindre et remuer le fond des âmes. »  Monsieur Depardieu dans le Point, qui dit aussi que même sans Dieu, il aurait pu embrasser l'islam, une religion  aux métaphores sublimes, mais il ne parle pas l'arabe, il était trop saoul pur cela quand il en eut l'occasion, divin bonhomme...  

Mais qu'importe la parole! Je lis dans 20 minutes et dans Sud Ouest, qui en est fier, qu'en Dordogne a été tournée une série préhistorique, Moah, dont OCS débute la diffusion, série  sans musique  ni bande son, ni dialogues ni paroles, juste 13 onomatopées basiques qu'un jeune acteur, Tigran Mekhitarian, va faire chanter en s'inspirant de Chaplin, Charlie évidemment.

Et on reparle alors de Dieu... 

Que l'on peut retrouver dans des chemins détournés s'il en est besoin, tiens, dans Charlie hebdo justement encore, l'écrivaine Ayan Hirsi Ali  que les islamistes voulurent tuer, me parle d'une mosquée allemande selon son cœur, que la police protège, mais elle est menée par une femme iman et accueille chacun, les couples gays aussi, qu'en dirait JK Rowlings ? 

La foi est attendrissante et dans l'Echo républicain, je lis qu'à Gallardon, on recueille  dans l'église des reliques de Jean-Paul II, une goytte de son sang, et désormais une soutane que portait ce pape qui nous disait de ne pas avoir peur, elle est un peu tâchée, jamais lavée de son humanité.  

Dans The Conversation, je découvre le travail et le livre d'une sociologue, Agnès de Feo qui depuis dix ans suit en France les femmes qui portent le niqab, on découvre d'étranges personnages qui prient peu puisque leur religiosité est portée par le vêtement, et qui, au contraire du salafisme qui veut rendre la femme indiscrète, exigent de se montrer, d'être vues dans leur provocation, elles cherchent l’incident dans la rue, elles quêtent sur internet des aventures des hommes, elles s'offrent à eux dans des mariages temporaires si elles les trouvent au niveau de leur piété de cinéma...  C'est un article étrange et perturbant, forcément à lire, ce jour de Charlie.

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