C’est un dessin qui résume à merveille la situation. Page 2 du Monde daté d’aujourd’hui, on le doit à Pancho. Un dessin qui rappelle ces jeux dans les magazines pour enfants : Un labyrinthe. Il faut en trouver la sortie. Un labyrinthe en forme de main serrant une rose. Cela ne vous rappelle rien ? Oui ! le logo d’un parti socialiste emmêlé dans ses querelles intestines, ces tensions qui le nouent littéralement. Et le dessin de Pancho du coup le résume très bien ce PS. Un labyrinthe qui démarre dans le poignet…s’emmêle au niveau de la fleur et dont l’issue n’est pas du tout évidente. Pourtant le titre du dessin est plutôt positif, il « va de l’avant comme on dit au rugby -à la mode en ce moment. « C’est parti » titre donc de l’illustration -ce qui vous en conviendrez- est l’opposée exacte de « C’est fini et bien fini ». Car à lire vos journaux ce matin, l’Université d’été du PS à la Rochelle sonne comme des funérailles officielles. « Les socialistes plus divisés que jamais » titre l’Humanité. «Déboussolés» pour l'Est républicain. La Charente Libre elle évoque «Une université à marée basse». Certains, toutefois, y voient encore une leur d’espoir : « Le PS n’est pas mort car il bouge encore » écrit ainsi Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne. Pour Pierre Taribo, l’image aussi est en mouvement « Les socialistes, sont en plein bazar ». « Quel projet ? Quel chef ? Quel rôle pour Ségolène Royal ? S’interroge l’éditorialiste de l’Est Républicain. Quelle place pour la génération montante qui regarde la ligne d’horizon et ne voit rien venir de nouveau ? On serait tenter de répondre au moins à cette dernière interrogation, la place elle semble plutôt libre. Avec l’absence remarquée à La Rochelle des piliers du PS : Eléphants perdus peut-être dans les méandres du labyrinthe ? « Ni Dominique, ni Laurent, ni Martine. Sans doute ni Jack, ni Lionel » c’est ainsi que démarre l’article de Mathieu Croissandeau dans le Nouvel Observateur, cette semaine. Un abécédaire sur « la rentrée de tous les dangers » qui débute avec A comme Absence. « Officiellement, écrit Croissandeau, les bonnes excuses abondent : DSK fait campagne pour le FMI, Aubry inaugure la braderie de Lille, Fabius avait un mystérieux engagement à l’étranger… » Ca ce sont les versions officielles, car en coulisse poursuit le journaliste, les absentéistes assurent qu’il ne se passera pas grand-chose à cette université d’été. Et décidemment ce rendez-vous porte bien mal son nom… Université d’automne serait plus judicieux, tant le climat y est morose. Université d’hiver pourquoi pas. Avec une ambiance quasi glaciale. François Hollande qui ne vient assister que de loin et quelques secondes seulement au discours de Ségolène Royal. « La guerre des Rose est ouverte » titre la Provence. « Et ils appellent ça une université d’été ! » s’exclame Patrick Fluckiger dans l’Alsace. « Nos facultés, lance l’éditorialiste, ne méritent pas de voir leur titre galvaudé par une réunion d’éléphants, d’éléphanteaux et de jeunes lions autoproclamés, droits sortis de la jungle de la politique la plus politicienne. Messieurs et mesdames conclut Fluckiger, quand vous commencerez à parler politique et à vous remettre en cause, notre journal sera ravi de rendre compte de débats plus intelligents et plus « universitaires ». Et Alain Duhamel d’enfoncer encore un peu plus le clou dans Nice Matin. Duhamel qui estime que « le projet de société du PS est devenu introuvable : le seul point d’accord de tous les dirigeants socialistes est que l’ancien projet est caduc mais que le nouveau n’est même pas conçu. » . Et l’on pense alors au titre du livre de Lionel Jospin qui paraîtra à la fin du mois « L’impasse ». Et c’est vrai qu’entre une impasse et un labyrinthe sans issue, il n’y a pas de différence… Alors Libération propose le portrait en dernière page de Manuel Valls. 45 ans maire socialiste d’Evry, annoncé par beaucoup comme l'avenir du PS. Paul Quinio le décrit comme un quadra « qui se reconnaît volontiers cadenassé derrière une forme de raideur». Raideur dans la démarche, la manière de lever le menton, dans les angles du visage, mais aussi à la maison. Et le journaliste de décrire l’appartement de Manuel Valls : « Certes la femme de ménage est passée la veille mais ce n’est pas elle qui a parfaitement aligné les trois télécommandes sur le meuble télé. Ni placé le grille-pain comme sur la photo des pages cuisines du catalogue Ikéa. Encore moins classé les livres de la bibliothèque : une étagère pour De gaulle, une pour Mitterrand, une pour le communisme… Pour lui, poursuit le journaliste, environnement bien ordonné, rime avec endroit apaisé ». On ne peut pas dire en revanche que La Rochelle rime avec tout cela. A Manuel Valls alors, pourquoi pas, de remettre de l’ordre dans la maison Socialiste. De l’ordre, du ménage… Il serait sûrement malvenu d’utiliser l’un ou l’autre de ces termes pour évoquer ces suppressions de poste dans l’Education Nationale… Pourtant, pourtant les économies selon le gouvernement passent par 11 200 postes en moins en 2008… des départs à la retraite qui ne seront pas remplacés. « Quand même, reconnaît Didier Pourquery dans Libération, sur ce dossier là, le Président à bien voulu laisser la vedette à son Premier ministre. Il faut dire, précise l’éditorialiste, qu’à quelques jours de la rentrée scolaire le blues des profs s’installe et menace de se muer en grogne. » C’est donc Fillon qui s’y colle. Le Premier ministre s’est exprimé hier à l’université de Créteil pour tenter de rassurer le monde de l’éducation. Rassurer quand 15 organisations ont signé un appel contre ces réductions budgétaires. L’Humanité signale l’ampleur inédite d’un tel rassemblement : « Les syndicats de l’éducation, écrit Dany Stive, savent d’expérience qu’il est difficile de mobiliser les troupes sur des suppressions de poste au budget de l’année suivante, au moment où chaque enseignant fait connaissance avec ses collègues et organise son année. L’initiative commune, estime donc le journaliste, n’en a que plus d’importance. » Rendez vous est donné pour mi-septembre où les signataires se retrouveront pour décider d’une suite à leur action, autour d’une initiative d’ampleur nationale, espèrent-ils. Et Ouest-France publie aujourd’hui une interview de Xavier Darcos. Le ministre de l’éducation nationale qui veut proposer aux enseignants une autre conception du métier. « Ils doivent, explique-t-il, s’intéresser à l’orientation et au soutien scolaire, disposer de bureaux, comme des cadres. La plupart des pays comparables au notre, qui ont réformé leur système éducatif, poursuit le ministre, ont réorganisé le temps scolaire. Ces pays ont augmenté le temps de présence des adultes dans les établissements. » François Chrétien et Bernard Le Solleu, les journalistes de Ouest-France, interrogent ensuite Xavier Darcos sur la réforme de la carte scolaire. Et l’on notera cette déclaration : «Si certains établissements sont définitivement abandonnés par leurs élèves, nous les fermerons. » Interview de Xavier Darcos, à lire dans Ouest France aujourd’hui Tenez une question Laurent : « Avez-vous eu une relation sexuelle avec un membre actuel du Congrès des Etats-Unis ou du Gouvernement ? Pouvez-vous fournir des preuves matérielles de relations illicites ou intimes avec un membre du congrès, un sénateur ou toute autre personne occupant un poste officiel important ? Une annonce en fait parue sur une pleine page du Washington Post le 2 juin dernier. On la doit au magazine érotique Hustler et à son propriétaire le très riche Larry Flint. Annonce qui peut rapporter gros : 1 millions de dollars si votre histoire est publiée. Portrait dans Le Monde daté d’aujourd’hui donc de Larry Flint qui, écrit Yves Eudes, « présente son annonce dans le Washington Post comme un pur acte militant, une offensive contre les politiciens conservateurs qui veulent interdire la contraception et l’avortement, qui prêchent l’abstinence, la chasteté et la fidélité et qui mènent en secret des vies dissolues, avec toutes sortes d’aventures sexuelles plus ou moins légales. » Larry Flint va jusqu’à affirmer que c’est un peu grâce à lui que Clinton a pu rester à la Maison Blanche. « En dévoilant la vie cachée de ses accusateurs, affirme-t-il, j’ai détourné l’attention du public, ça a relativisé toute l’affaire. » Depuis le 2 juin dernier, Larry Flint a reçu plus de 250 témoignages. Allez pour conclure, signalons que Libération ainsi que Le Parisien sortent à moins d’une semaine du coup d’envoi, un cahier spécial Coupe du Monde de rugby. Que la plupart des journaux reviennent ce matin sur le jeune Harry qui a salué hier sa défunte mère, Lady Diana « la meilleure mère du monde ». Et enfin que les glaces, c’est le Parisien qui nous l’apprend, ont vu leur vente chuter de 35% cet été. Bonne journée !

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