Patrick Cohen : Et dans la presse ce matin, des hommes et (des)honneurs... Bruno Duvic : C'est un chouchou qui a terminé avec l'image d'un caniche. C'est un morceau d'histoire qui tient en 700 pages. Les mémoires de Tony Blair paraissent aujourd'hui en librairie. Sortie mondiale et scoop mondial pour Le Guardian qui a obtenu la première interview de l'ancien premier ministre. Dix ans au pouvoir, la gauche réinventée, la guerre en Irak... Que reste-t-il des années Blair ? A propos de l'Irak, ceux qui chercheront des excuses ou des regrets dans le livre, en seront pour leurs frais. "Je ne cherche plus à convaincre" dit Tony Blair. "Il faut simplement que les gens comprennent que les arguments pour et contre la guerre, étaient plus équilibrés qu'on ne le dit". Et quand Le Guardian lui parle de toutes ces familles qui ont perdu des proches en Irak, il répond : "Ils sont morts et moi, celui qui a pris la décision de la guerre, je suis toujours en vie. Comment pourrais-je ne pas ressentir du chagrin à propos de ces vies perdues ?... J'étais aux responsabilités et quand j'utilise ce mot, il a sens profond pour le passé mais aussi pour le futur. De ses dix ans au pouvoir, Blair retient les réformes de la Santé et de l'Education, le PACS à l'anglaise, et la troisième voie entre un Etat omniprésent et totalement absent... Il estime que la crise ne remet pas en cause ce principe. Dans cette interview de Tony Blair, on trouve encore des mots d'une cruauté inouïe à l'égard de son successeur Gordon Brown : "Avant même le début de son mandat, je savais que ça serait un désastre". Enfin, à propos des grands dossiers internationaux du moment, il a cette phrase : "Je ne prendrais pas le risque d'un Iran doté de l'arme nucléaire". Patrick Cohen : Des hommes et (des)honneurs... Suite... Après Tony Blair, Eric Woerth... Bruno Duvic : Oui, car encore et toujours, la presse gratte, grince et grogne... L'Express et Le Canard Enchaîné apportent de nouvelles pièces au dossier. Il serait bien intervenu personnellement pour que Patrice de Maistre ait la Légion d'Honneur, et, dixit Le Canard, il aurait bien contourné la loi pour vendre un morceau de la forêt de Compiègne à la société qui gère l'hippodrome de la ville. A propos de la Légion d'Honneur, son avocat assure qu'Eric Woerth n'a pas "porté" le dossier de Patrice de Maistre. Et Le Figaro cite un haut-magistrat : en soi, demander une décoration ne constitue pas une infraction pénale. Pour qu'il y ait infraction, il faut prouver qu'il y a eu contrepartie... L'enquête n'en est pas là. Mais pour L'Express, la question du maintien à son poste de ministre en charge des retraites est posée... S'il ne s'occupait pas des retraites, il aurait déjà été remplacé assure un proche de Nicolas Sarkozy dans L'Express. Parmi les éléments de réflexion, selon l'hebdomadaire, les relations du ministre avec les syndicats. Jusque-là, s'ils désapprouvaient ses projets, ils appréciaient l'homme. Aujourd'hui, ils reconnaissent qu'il est fragilisé. "Le soir, quand il s'endort, dit Eric Aubin de la CGT à propos du ministre, il doit davantage penser à sa situation personnelle qu'aux retraites". "Affaire Woerth : ils ont menti" titre ce matin L'Humanité. Et Patrick Apel-Muller cite Beaumarchais : "Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir". Entre ce que certains, à droite, appellent "une chasse à l'homme" et la polémique autour des Roms, le ton monte entre les leaders de l'UMP. C'est la Une du Figaro ce matin. Université d'été de Port-Marly. "C'est pas très festif cette année !" lâche Renaud Muselier. C'est le moins qu'on puisse dire. Querelle pour le pouvoir à l'UMP entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Le Figaro et Libération la résument avec cet échange d'amabilités : "Si tu donnes les clés du parti à Xavier Bertrand, pense à faire un double" avait dit Copé en 2009. Réponse hier du porte-parole, Dominique Paillé : "Si Jean-François Copé prend l'UMP, inutile de garder un double, il aura déjà changé les serrures". Patrick Cohen : La Revue de Presse, Bruno Duvic... Laurent Fignon s'est échappé... Bruno Duvic : A la Une de L'Equipe, photo pleine-page du champion et cette inscription funéraire : "Laurent Fignon : 1960-2010". Il avait 50 ans. Après Bernard Giraudeau et Alain Corneau, le "crabe" a donc pincé l'homme aux cheveux et au maillot d'or. L'hommage ce matin dans la presse va au-delà des articles de circonstance. "Fignon s'est échappé", disiez-vous, c'est la Une de "20 minutes". Le coureur aux deux Tour de France est à la Une de quasiment tous vos quotidiens. Dans Le Républicain-Lorrain, Philippe Waucampt tient le fil de cette émotion. "Fillon, c'était l'anti Armstrong. On percevait toujours en lui la fibre et l'épaisseur humaine. Comme d'autres personnalités avant lui, il n'avait pas caché sa maladie. "Le cancer n'est pas une maladie honteuse" disait Fignon. Dans les colonnes du Progrès de Lyon, une femme médecin souligne à quel point cette idée est récente : "Jusqu'aux années 80, il était fréquent de ne pas révéler le diagnostic aux patients. Puis on a décidé qu'un adulte avait le droit de savoir ce qu'il avait. C'est ce droit à la vérité qui a permis le changement dans l'opinion publique". Honneurs, déconvenues, déshonneurs... Fignon aura tout vécu dans sa carrière, lui qui a reconnu s'être dopé. Reste le chagrin de ses amis, comme Jean-Emmanuel Ducoin, dans L'Humanité. Il conclut son hommage avec ces mots : "Ce matin, il n'y a pas d'autres vêtements sur moi que ce lambeau de rage et de stupeur. A plus d'un titre...". Patrick Cohen : Quoi d'autres dans la presse Bruno ? Bruno Duvic : Des hommes et (des)honneurs... Les bonnes feuilles du livre de Didier Porte, "Insupportable", sont dans Libération. On y apprend que le médiateur de Radio France a reçu quelques 9.000 messages dans l'affaire Porte et Guillon. Et 95% étaient des messages de soutien aux humoristes. Libé relève encore la promesse du directeur d'Inter, Philippe Val : "Aucune personnalité n'a porte fermée". Didier Porte viendra présenter son livre demain, chez Stéphane Bern sur Inter. Quand la crise des Subprimes touche les HLM... C'est la Une de La Tribune ce matin. Quelque 150 organismes HLM auraient de leurs comptes 7 milliards de dettes toxiques. Patrick Cohen : Des hommes et (des)honneurs... Suite et fin... Bruno Duvic : C'est un signe de l'époque qui s'étale ce matin dans la presse : les avocats sont devenus des people... A tel point que le magazine branché "GQ' publie un palmarès des avocats les plus puissants de France. En tête Olivier Metzner, avocat de Jérôme Kerviel, de la fille Bettencourt et de Dominique de Villepin. Ce dossier, c'est aussi une succession de bons mots, les avocats sont très forts pour cela... Je vous en cite trois qui résument bien le climat du jour, violent : - De maitre Dupont-Moretti, 3ème au classement : "Les décorations, c'est comme les bombes, ça tombent toujours sur ceux qui ne les méritent pas". - De maître Fédita, dossard N° 24 : "Les coupures de presse ont ceci de particulier qu'elles ne cicatrisent pas". Enfin, beaucoup plus léger à propos de maitre Herzog, N° 7. C'est une phrase de sa maman. Elle dit le goût des avocats pour la célébrité : "Petit, il se perdait dans les gares pour entendre son nom au micro".

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