Mediapart décrypte la stratégie de soft power de l'armée française, espions en tête, qui veut être aimée pour être puissante.. Masquée, l'institutrice réalise que les enfants ne l'entendent plus, le Journal de Saône-et-Loire. Le Monde voyage dans l'ingénierie de l'oeil et l'évolution de l'espèce, c'est lumineux.

On parle de champagne...

D'un champagne rosé qui se lance et dont on goutera en octobre "les notes acidulées de groseille et de framboise" promet l'Union, ce champagne baptisé Fleur de Miraval est composé aux trois quarts de chardonnay âgés et pour un quart de pinot noirs jeunes, il aura vieilli trois ans avant de nous venir et sera présenté en bouteille laquée afin de ne pas voir la lumière avant l'ouverture...

Et puis voyez-vous, c'est le champagne de Brad Pitt...

Et ici l'Union, vieux journal dévoué au champagne, se confronte à un choix cornélien, faut-il ne parler que de l'art de la vigne ou bien célébrer la star hollywoodienne qui s'abandonne cool et désirable à la une du journal... La star évidemment. Il y a neuf ans Brad et son épouse Angelina Jolie avaient acheté un château dans le Var,  Miraval, ils y ont produit le seul rosé qui figure dans la liste des 100 meilleurs vins du monde... Et après le rosé Brad Pitt, désormais divorcé, a voulu passer au rosé à bulle et s'est donc associé avec un domaine plus que centenaire en Champagne, au Mesnil-sur-Oger, pour produire un vin de compétition, ainsi parle Brad Pitt..

« Pour moi, l'univers  du champagne est un univers fabuleux de célébration, de qualité, de prestige, de luxe. Fort du succès de Miraval en Provence, je voulais que l'on essaie de créer la maison de référence du champagne rosé en concentrant tous nos efforts sur cette seule couleur. Le résultat est spectaculaire et j'en suis très fier. »

Ces mots de success story, Brad Pitt les a confiés au magazine Elle et à une vingtaine de journaux internationaux... Et l'Union, avoue son malaise de devoir relayer la com et le marketing. "On aurait aimé vous dire qu'on avait rencontré Brad Pitt, entre deux pieds de vigne de chardonnay fraîchement coupés pendant la vendange au Mesnil. Qu'on l'avait interrogé sur son intérêt pour le vin et le champagne, qu'on avait échangé sur la singularité de cette vendange 2020, débattu de l'impact du changement climatique en dégustant « Fleur de Miraval ». Au risque de vous décevoir – ô surprise –, nous ne l'avons pas vu...."

Mais alors, que vaut le vin si l'on n'en parle que de loin?

Je me sens français, dépossédé, en ce premier septembre où il ya 150 ans nous étions défaits à Sedan, le Figaro n'oublie pas.

Il nous reste pourtant Français de la puissance, ce jour où Emmanuel Macron s'emploie à réformer le Liban avec la même certitude qu'un acteur américain qui ferait du vin. "Prouvez que vous êtes libanais", aurait dit le président français au chef des députés du Hezbollah chiite lors de son dernier séjour, nous dit le Figaro, qui raconte également la naissance du Grand Liban proclamé par notre général Gouraud il y a juste un siècle, sous notre protectorat. Le Monde interroge l'historien Henry Laurens sur notre lien avec ce pays que nous aurions inventé, au fait, ce n'est pas la France qui a organisé le Liban dans un communautarisme confessionnel, cela existait avant nous!  Bref, on s'instruit dans nos journaux et l'on réfléchit, notre catholique la Croix pose la question de notre laïcité, est-elle transposable au Liban?

On parle aussi d'espions ce matin...

Et d'espions français, les meilleurs sans doute, ou bien il faut le croire car ils s'y emploient à nous séduire, Mediapart raconte la stratégie de conquête de l'opinion par nos armées armées française, leurs quêtes de soft power, cette construction d'influence et d'idéologie qui avant les armes détermine la puissance... Les agences françaises de renseignement sponsorisent une grande exposition nommée Espions qui s'ouvrira le mois prochain à la cité des sciences à paris, on s'enthousiasmera des techniques et de l'éthique que nos agents revendiquent, l'exposition est organisée par l'equipe de la série télé le Bureau des légendes, qui a fait de nos espions des héros familiers, le réalisateur Eric Rochant les vénère, il le dit, il a joute, "Je suis aussi une source de leurre. Tout ce que je raconte, c’est ce que la DGSE voudrait dire sans le pouvoir. »

Ainsi vont nos divertissements.

On parle donc de communication ce matin, sans elle, que sommes nous.

Dans une école privée de Chalons-sur-Saône, l'institutrice Anne Farion a découvert hier, pour sa rentrée, qu'avec le masque, les enfants de sa classe de maternelle ne la comprenaient pas, elle a du forcer la voix, elle qui parle doucement pour inspirer le calme, elle dit au Journal de Saône-et-Loire qu'elle doit se réinventer; Libération prône pour la transmission les vertus des classes en plein air que les danois ont inventé, en forêt sur des rondins de bois, cela réveille les petits et s'il fait froid, ça les endurcit!

Et on parle enfin de conquêtes...

Et donc d'économie, les Echos racontent comment Suez résiste à Veolia qui veut la dévorer pour créer un géant de l'eau, une entreprise est un corps vivant que ne se rend pas ainsi à son vieux rival...

Mais ce sont moins ces géants qui nous inspirent que d'autres entreprises modestes qui disent une vitalité. L'Yonne républicaine raconte des petites entreprises qui se sont créées en dépit des incertitudes, un gite rural dans un ancien silo agricole à Toucy,  une boutique de poteries artisanales à Avallon, et même à Malay-le-grand, un parisien venu de la finance a repris une discothèque, alors que le monde de la nuit était interdit par le virus! Il faut avoir la foi? L'espèce humaine s'invente des miracles...

Dans le Monde vous devez lire une saga splendide sur l'ingénierie des corps et l'évolution des espèces, elle est titrée « l'épopée de l’oeil », et raconte les mutations de nos systèmes visuels depuis 800 millions d'années, nous nous sommes épanouis par la lumière, nous ne sommes pas le champagne… La perfection de l'oeil humain faisait douter Darwin de sa propre théorie sur la sélection naturelle, elle est pourtant vérifiée, nous voyons grace à une protéine, l’opsine... Lisez, vous en oublierez même le masque. Lisez aussi dans Sud Ouest, ce mystère naturel: deux thons méditerranéens  ont été pourvus par des scientifiques de capteurs, l'un d'eux est allé se promener jusqu'en Islande, l'autre n'a pas bougé de la mare nostrum, pourquoi? il faut imaginer le libre arbitre des poissons. 

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