Vous mettez le nez dehors après une bonne nuit de sommeil, vous scrutez le ciel et vous vous dites : "C'est une belle journée pour se baigner". Belle journée, oui... Mais attention, nous prévient Ouest-France : plus redoutable que les bancs de méduses et les plaques d'hydrocarbure, la mer est un "dépotoir pour vieux obus". Au siècle dernier, après les deux conflits mondiaux, on a immergé en toute hâte des centaines de milliers de tonnes de munitions. Ouest-France raconte par exemple qu'en 1965, 17.000 fûts chargés d'obus à l'hypérite (autrement dit le gaz moutarde) ont été embarqués à Lorient pour être coulés au large. Où sont-ils ?... A en croire le journal, nul ne le sait. Dans le golfe de Gascogne, peut-être ?... Ici ou ailleurs, le danger reste entier. Les textes internationaux interdisent l'immersion de matières produites pour la guerre biologique et chimique, "sous quelque forme que ce soit". Les Etats sont sommés de cartographier les sites réputés "à risque". Certaines munitions contiennent des métaux lourds (mercure, plomb ou cadmium) ; d'autres sont truffées d'arsenic ou de TNT. Un chercheur italien cité par Ouest-France a relevé, en Méditerranée, des "pertes de défense humanitaire" chez les congres et les rascasses, preuve qu'il y a des fuites dans les matières dangereuses enfouies au fond des mers et qu'un risque existe à long terme pour les espèces vivantes. Au Danemark, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, on raconte que des centaines de pêcheurs ont déjà subi les ravages du gaz moutarde, comme des Poilus de 14-18... Sur les plages, des enfants se sont brûlés gravement en jouant avec ce qu'ils croyaient être de l'ambre. En fait, il s'agissait de boulettes de phosphore (une fois sèches, elles s'enflamment au contact de l'oxygène). Ouest-France précise que les chercheurs, les conventions internationales et l'Union européenne demandent un "suivi régulier de l'état de corrosion des munitions immergées". En France, aucune étude détaillée n'a encore été menée. (Mickaël Thébault : "Ca craint sous les mers... et ça tangue en surface, Alain")... ...Ca tangue, en effet, après les déclarations du chef de l'Etat à Grenoble vendredi dernier. Les propos présidentiels ont fait l'objet d'une bombe : Nicolas Sarkozy veut déchoir de la nationalité française tout délinquant "d'origine étrangère" qui attenterait à la vie d'un membre des forces de l'ordre. Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur envisage d'étendre une telle mesure aux auteurs d'excision, de traite d'êtres humains ou d'actes de délinquance graves... Quant à l'UMP, elle déposera à la rentrée une proposition de loi qui menacera d'une peine de prison les parents de mineurs délinquants. Dans l'opposition, on dénonce une "dérive anti-républicaine". Le Figaro en fait son gros titre ; ça donne : "Sécurité : la droite à l'offensive, la gauche s'indigne". Pour La Croix, Dominique Quinio se demande s'il est vraiment nécessaire d'en "rajouter dans les propos belliqueux (...), les mesures répressives et les projets de loi sécuritaires". Car, comme le rappelle Jean-Louis Antoine dans L'Est Républicain, notre arsenal juridique contient déjà ce qu'il faut pour sanctionner "les foyers qui ne satisfont pas aux obligations légales envers leur progéniture". Il constate que, "décidément, l'été verse à la surenchère". Selon l'éditorialiste de Libération Fabrice Rousselot, c'est "la surenchère comme stratégie de diversion". Plusieurs de ses confrères semblent partager ce point de vue. Ils pensent que Nicolas Sarkozy crée un nouvel écran de fumée afin de faire oublier ce qui va mal dans son camp : les crispations sociales autour de la réforme des retraites, l'affaire Woerth/Bettencourt, le sort des banlieues sensibles. Car (c'est Bruno Dive qui le souligne dans Sud-Ouest) "Nicolas Sarkozy se représentera en 2012 probablement lesté d'un mauvais bilan en matière de sécurité, un thème qui avait fait sa force entre 2002 et 2007. Il le sait, et c'est pour cela qu'il réagit aujourd'hui si fort". Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig y voit un "retour aux fondamentaux de la droite quand elle se retrouve dans les difficultés". Ces fondamentaux sont "la sécurité et l'immigration". Daniel Ruiz, pour le quotidien La Montagne, va plus loin. A ses yeux, "Nicolas Sarkozy et ses proches prennent le risque de rendre encore plus familière l'idée que l'ennemi c'est l'autre, le différent". Dans L'Humanité, Patrick Le Hyaric enchaîne ; il écrit : "Comme à de sombres époques, (le Président) a désigné à la vindicte populaire un ennemi de l'intérieur : l'étranger". En cela, "il crédite et valide les idées de l'extrême-droite". Dans la foulée, L'Huma se penche sur cette notion ambiguë qu'est "l'origine étrangère" des citoyens français. Les constitutionnalistes opposent au projet présidentiel "le principe de l'égalité". Interrogé par Libération, le juriste Guy Carcassonne pose quelques éléments de réponse. "Déchoir de sa nationalité un délinquant français "d'origine étrangère" supposerait qu'il ait une autre nationalité, car le droit international nous interdit de fabriquer des apatrides". Quant à la Constitution de la Vème République, elle assure "l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine". Pour faire un résumé de tout ce qui s'oppose à l'idée défendue par Nicolas Sarkozy, Guy Carcassonne forme une phrase constituée de sept mots seulement : "Même un mauvais citoyen reste un citoyen". Quoi qu'il en soit, constate Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, "la famille Le Pen vient de passer un excellent week-end politique (...) En pratiquant ouvertement l'amalgame entre insécurité et immigration, le chef de l'Etat a brisé le tabou qui marginalisait depuis 25 ans (le président du Front National)"... L'éditorialiste alsacien ajoute et conclut : "Pendant ce temps, dans les banlieues, les problèmes demeurent et s'aggravent. Désespérant. Sauf pour Marine Le Pen, persuadée à juste titre qu'au bout du compte, les électeurs 'préfèreront l'original à la copie', vieil adage paternel". Je laisse, sur ce sujet, le dernier mot à Jacques Guyon et à La Charente Libre. Pour Guyon, "ce qui importe à Nicolas Sarkozy, c'est un deuxième bail à l'Elysée ; et, pour cela, tous les moyens semblent bons". (MT : "Débat sur la sécurité et l'insécurité... et controverse d'experts autour des déficits et des politiques d'austérité")... Lu, dans Les Echos, ce titre : "Finances publiques : le FMI conforte la stratégie budgétaire de la France, mais pointe la fragilité de la reprise". Le quotidien économique précise que, dans son rapport annuel sur les finances françaises publié vendredi, l'institution que dirige Dominique Strauss-Kahn apporte "une bonne bouffée d'oxygène" au gouvernement français, gouvernement qui s'est engagé à ramener son déficit public à à peine plus de 6% l'an prochain comme il s'y est engagé auprès de Bruxelles. Rien de transcendant là-dedans, si ce n'est que, quelques pages plus loin, toujours dans Les Echos, on nous gratifie d'un "commentaire" du Prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz. Son texte a pour titre : "L'austérité est une menace pour la reprise économique". Stiglitz y démonte le raisonnement qui veut que : réduction du déficit = restauration de la confiance = reprise des investissement = croissance. Il explique que l'Histoire a plusieurs fois contrarié ce scénario trop beau pour être juste. Il achève sa démonstration par ces mots : "Après avoir entraîné le monde au bord de l'effondrement économique, le marché financier dit maintenant à des pays comme la Grèce et l'Espagne : 'malheur à vous si vous diminuez les dépenses... et malheur à vous si vous ne les diminuez pas'". Comprenne qui pourra. Le profane se dit, en lisant cela, que le monde de l'économie et de la finance est vraiment fou. Folle aussi, la croissance chinoise. Vous l'apprendrez en lisant Le Figaro Economie : malgré un léger ralentissement, la Chine serait devenue la deuxième économie du monde. Elle aurait surclassé le Japon entre avril et juin. Pour autant, les autorités chinoises ne fanfaronnent pas, car elles savent qu'il y a beaucoup à dire quant au prix payé par les salariés de l'Empire du Milieu dans cette course effrénée au développement et au profit. Dans Libération, Philippe Grangereau nous explique que le nombre des accidents industriels explose en Chine. La semaine dernière encore, 7.000 fûts remplis d'un produit très toxique se sont retrouvés accidentellement dans le fleuve Songhua, dans le nord-est du pays. Des millions de personnes s'y abreuvent. (MT : "Quelques mots de sport... pour finir ?") 8 titres, 18 médailles : l'athlétisme français fait la Une de bien des journaux ce matin. Les photos des athlètes bleus s'étalent à la Une... Moi, je vous invite à découvrir notamment avec Le Parisien-Aujourd'hui en France le portrait du directeur technique national de cette belle équipe d'athlètes. Ce DTN, nommé en mars 2009, se nomme Ghani Yalouz. C'est un ancien lutteur, médaillé d'argent aux Jeux d'Atlanta en 1996. On lui reprochait de ne rien connaître à l'athlé. Et voilà le résultat ! Son secret est tout simple : il a su créer un esprit collectif. L'article du Parisien commence par cette phrase : "Les plus sceptiques le considèrent toujours comme un étranger". "Une équipe" : c'est le titre de l'éditorial que signe en première page de l'Equipe Fabrice Jouaud. Il écrit : "Quel paradoxe que des sportifs engagés dans des disciplines individuelles dégagent un tel esprit collectif, quelques semaines après le spectacle offert en Afrique du Sud par un groupe gorgé d'individualismes". Le Figaro salue la revanche "des petits clubs et des entraîneurs bénévoles" qui ont formé cette génération de champions. Quant à Christian Chardon, dans L'Union-L'Ardennais, voici ce qu'il dit : "Merci de nous avoir donné le spectacle d'une équipe de France tricolore qui a retrouvé ses couleurs Bleu-Blanc-Beur, qui lui vont si bien lorsqu'elles se fondent dans le Bleu-Blanc-Rouge du drapeau national. Un message qui en calmera quelques-uns (...)". Suivez son regard...

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