A la Une de nos quotidiens ce matin, une vérité qui a bien du mal à émerger... deux semaines après la mort d'Adama Traoré.

C'était l'après-midi du 19 juillet à Beaumont-sur-Oise au nord de Paris... Adama Traoré, 24 ans, mourait entre les mains des gendarmes qui venaient de le courser et de l'interpeller...

Deux semaines... et quelques nuits d'émeutes plus tard, la famille du jeune homme réclame plus que jamais la vérité sur ce décès, vérité... "étouffée" selon Libération qui a mené l'enquête.

Où l'on confirme, donc, que les deux autopsies qui ont été réalisés ont démontré un syndrome d'asphyxie... comme origine du décès.

Les auditions des gendarmes qui ont procédé à l'interpellation disent clairement que... pour maîtriser le jeune homme, ils se sont mis à trois dessus, Adama "a pris sur lui le poids des trois corps"... en terme de gendarmerie, on appelle ça "employer la force strictement nécessaire".

Quelques minutes plus tard, Adama se plaint qu'il "a du mal à respirer", il fait un malaise dans la voiture qui l'emmène à la gendarmerie de Persan... A l'arrivée, il est inconscient... trop tard, il ne pourra plus être réaminé.

La seule conclusion, à ce stade, et on la retrouve dans Libération comme dans le Parisien ou Médiapart ce matin, c'est que "la communication du procureur de la République dans cette affaire est depuis le départ pour le moins évasive, qu'elle n'a pas aidé à créer un climat de confiance.

Dans son édito pour la République des Pyrénées... Jean-Marcel Bouguereau enfonce le clou:

Qu'on le veuille ou non, il y a suspicion sur les gendarmes... Des forces de l'ordre qui, plus que jamais, doivent établir de la confiance avec les minorités, en montrant leur respect pour les droits de tous les citoyens, quelle que soit... leur religion ou leur couleur de peau.

L'argent n'a pas d'odeur,  mais il y a des milliards qui inquiêtent plus que d'autres.

"Faut-il avoir peur de l'argent chinois?", s'interroge La Croix... pour qui l'Europe est LA nouvelle cible des investisseurs chinois. Après les aéroports français, les firmes de Pékin lorgnent sur le géant de l'hotellerie, Accor, mais aussi sur la Compagnie des Alpes, les remontées mécaniques de nos principales stations de ski.

Preuve de l'inquiétude ambiante, hier le nouveau gouvernement britannique a repoussé sa décision sur la construction de la centrale nucléaire d'Hinkley Point, financé au tiers par des investisseurs chinois.

Pékin nous donne des leçons de libéralisme... et le dernier poids lourd occidental à en avoir fait les frais, c'est Uber. L'américain vient de subir en Chine, nous disent les Echos, le plus gros revers de son histoire... contraint d'abandonner le marché chinois où il perdait chaque année un milliard de dollars, mais où il avait son plus gros marché, avec 40 millions de courses par semaine. Uber capitule au profit de son rival chinois Didi, dont il prend au passage 20% du capital... maigre consolation.

Toujours dans les pages éco de nos quotidiens... Fromage et dessert, Le Parisien/Aujourd'hui en France par exemple salue l'alliance entre La vache qui rit entre au capital de Pom'potes... ou quand l'économie s'attaque au goûter des enfants.

"Le groupe laitier Bel prend position dans les produits sucrés... en se jettant, comme un mort de faim, sur le n°1 français des compotes en gourde.

Dans le Parisien, donc, on nous explique donc que Bel veut devenir le roi du "snacking sain"... dans un "monde où la consommation devient de plus en plus nomade, les repas de plus en plus déstructurés". On nous apprend, aussi, que la Vache qui rit est une star en Afrique... ses plus grosses ventes, elle les fait en Algérie... L'explication est toute simple: une portion de fromage triangulaire peut se conserver un an en dehors du frigo... pratique, dans les épicéries du Sahel... allez, avec une gourde de compote de pomme, ça devrait mieux passer.

On le disait "en Marche"... Emmanuel Macron fait plutôt du surplace à en croire Le Figaro.

Le quotidien ose la question, Macron est-il "En marche, ou en panne?" Le ministre de l'Economie, nous dit-on, a été "démonétisé" par les attentats qui ont centré le débat politique sur les questions de sécurité... Il est donc "contraint de ralentir le pas".

A se demander où il est passé, tant il a disparu des radars médiatiques après les attaques terroristes de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray. Macron en a conscience, il est urgent pour lui d'étoffer sa parole sur les sujets régaliens... Du côté des proches de François Hollande, nous dit le Figaro, on veut croire que l'homme de Bercy n'a plus d'espace politique: "il est mort", assure même un député qui a ses entrées à l'Elysée..." Il n'a pas le profil du moment, vous imaginez, vous, confier les rênes du pays à un homme de 38 ans?" Les hollandistes se concentrent sur le 29 aout prochain... rassemblement des socialistes réformistes en Haute-Garonne pour lancer la candidature du président sortant. Emmanuel Macron... n'a pas été invité.

"Le premier terrorisme, c'est celui du Dieu argent". 

Alors ça ce n'est pas du Macron dans le texte, mais du Pape François.

La phrase a été prononcée au retour des JMJ... et elle a les faveur ce matin de l'Humanité, et de l'Echo de Haute-Vienne.

L'Huma, une fois n'est pas coutume, se range aux côtés du Pontif quand il insiste, "sur el terreau de désespérance sur lequel prospèrent, partout dans le monde, l'intégrisme et la violence". "Le terrorisme grandit lorsqu'il n'y a pas d'autre option, précise François... et au centre de l'économie mondiale, il y a le Dieu argent, voilà le premier terrorisme".

Une fois n'est pas coutume, là encore, Yves Thréard dans le Figaro prend clairement ses distances avec la parole vaticane. Quand le pape déclare que "Si je parle de violence islamique, alors je dois parler de violence catholique", l'éditorialiste y voir "d'étranges propos" et rectifie: "on n'a pas vu, dit-il, que les fidèles du Christ fassent planer aujourd'hui une menace sur le monde... En revanche, les fous d'Allah sèment la terreur et la mort partout"... voila qui a le mérite de la nuance.

Allez rien de tel que deux semaines de sports à la télé pour faire retomber la pression...

Eh oui les Jeux Olympiques démarrent vendredi au Brésil... L'Equipe rallulme la flamme, avec un grand sondage qui nous annonce que "nos star pour Rio" sont Usain Bolt et Teddy Riner.

L'autre résultat du sondage, c'est que oui, les "français attendent avec impatience le début des épreuves"... 61% d'entre nous... vont regarder les retransmissions à la télé, quitte à se lever au milieu de la nuit pour profiter "du plus génial des multiplexes"... Ca se sont les mots Frédéric Bernès, pour qui "on aime les JO parce qu'on croit qu'ils nous éloignent de la grande distribution du sport et que notre plaisir en sera moins coupable... Parce que dans l'inconscient collectif, l'athlète olympique est spécialement aimable, pas pourri-gâté (ça dépend lesquels) par l'argent... Bref on aime les Jeux comme un aime un vent de fraîcheur en plein été".

Pour bien le sentir passer, ce vent frais... lire aussi le reportage de Jean-Baptiste Duval dans le Huffington Post. "Quand le Brésil pacifie les favélas de Rio, ça n'a rien de pacifique"... et ça ressemble à ça...

Extrait

Voila, extrait d'une vidéo filmée dans un quartier pauvre de Rio en mai... opération massive des UPP, unités de police pacificatrices, donc... qui débarquent par dizaines avec fusils d'assaut et camions blindés.

Avec l'arrivée des Jeux, Amnesty International dénonce l'escalade de la violence policière dans les favelas... qui a fait 40 morts rien qu'au mois de mai.

conseil aux sportifs, donc, pas d'excursion dans ces quartiers emblématiques de Rio... le Huff Post nous rappele que début juillet une équipe de télé aallemande s'est fait voler pour 400 000 euros de matériel... et en mai trois athlètes espagnoles ont été agressée dans le quartier de Santa Teresa. Alors finalement il vaut peut-être mieux risquer l'électrocution dans les douches du village olympique...

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