Deux mois après l’épisode des 630 migrants refusés par l’Italie et Malte l’Aquarius, le bateau de Médecins sans frontières a repris la mer hier en direction des côtes libyennes mais pendant son immobilisation 720 réfugiés se sont noyés.

"Nous sommes en train d'assister à un renversement total de nos valeurs et cela nous marquera à jamais.... parce qu’il faudra vivre avec cette image de nous -mêmes".

C'est Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d'Alsace qui nous interpelle ce matin. 

"La ligne dure incarnée par le nouveau gouvernement italien d’extrême-droite a gagné du terrain nous dit l'éditorialiste alors que notre président Emmanuel Macron assimilent les ONG aux passeurs accréditant l’idée que sauver des vies est désormais une atteinte à l’ordre public. Que c’est dans l’ordre des choses de laisser couler à pic, sous nos yeux, dans cette mer où des millions de vacanciers viennent se baigner des malheureux poussés par la faim, la guerre et le désespoir". 

Même tonalité rageuse dans la Charente Libre.

"Accusés de faire le jeu des passeurs, les ONG sont devenus indésirables" regrette Dominique Garraud.

"Les migrants rescapés sont recueillis par des navires militaires ou de commerce ou le plus souvent confiés aux garde-côtes libyens pour un retour quasi-certain à la case «enfer» dans un pays en total chaos. Et pourtant le droit international maritime impose de secourir et d’emmener les naufragés vers un «port sûr» et donc en Europe". Désormais ce n’est visiblement plus la question".

Ce retour vers l'enfer, vous pourrez également le lire dans le journal l'Humanité qui en fait sa Une ce matin mettant en exergue l'hypocrisie de l'Union Européenne sur le sujet.

En Syrie, la bureaucratie de la torture met ses registres à jour

C'est un article que vous pourrez retrouver dans le Journal Le Monde. Des opposants, arrêtés au début de la révolte anti-Assad, ont enfin été officiellement déclarés morts. Leurs familles n'ont pas récupéré leurs corps et encore moins d'explications mais elles savent maintenant la réalité tant redoutée. Oui. l'absent est bel et bien mort. C'est un petit document que la sœur, le père ou l'oncle ont reçu alors que les autorités syriennes ont entrepris d'actualiser les registres d'état civil. Les causes du décès ne sont généralement pas mentionnées mais la marge de doute est faible écrit le Journal. Soit ces détenus ont été exécutés à la suite d'un procès expéditif, soit ils n'ont pas résisté à la torture, à la faim ou aux maladies qui sévissent dans les geôles du régime Assad.

343 cas de mort en détention on été pour l'instant officialisés par le pouvoir mais les ONG estiment qu'au moins 13 000 syriens n'auraient pas survécu à leur emprisonnement. "Le régime Assad est en train de confirmer ce que les ONG hurlent depuis des années, à savoir que ses prisons sont des abattoirs" s'indigne Fadel Abdel Ghany directeur du Syrian Network for Human Rights. 

Comble de l'horreur, on apprend aussi en parcourant l'article que c'est par hasard que les familles ont appris que la bureaucratie de la torture avait commencé à mettre à jour ses registres alors qu'elles venaient au bureau de l'état civil de leurs communes simplement pour des démarches anodines. Ce sont les réseaux sociaux ensuite qui se sont chargés de répandre la nouvelle à la population. En Syrie, Bachar el Assad continue de traiter son peuple comme du vulgaire bétail.

Plusieurs journaux se penchent ce matin sur la santé d'un fleuron de l'économie Française, Air France.

La Croix, les Echos, le Parisien, l'Opinion, la plupart des quotidiens Nationaux commentent les résultats de la compagnie annoncés hier et deux journaux ont font même leur Une.

Le Figaro d'abord qui s'inquiète, je cite, du grand gâchis trois mois après le départ forcé de l'ex PDG Jean Marc Janaillac poussé vers la sortie après un piteux référendum.

Dans un dossier spécial le journal revient notamment sur le problème de gouvernance qui empoisonne l'entreprise française avec la recherche d'un nouveau patron qui tourne à la farce.

"C'est un sacré bordel lâche un administrateur et l'intérim d'Anne-Marie Couderc lui tourne  au calvaire" 

"Air France au PDG introuvable est comme un  avion sans ailes"  titre également en Une Libération qui croit savoir qu'il ne reste aujourd'hui que 3 candidatures crédibles dont celle de  Denis Olivennes, ex dirigeant du pôle «médias» de Lagardère et qui connait bien la maison Air France ainsi que Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie Corsair.

Libé qui note également que la situation pourrait se débloquer après un intervention du conseil d'administration.

C'est que le nouveau patron d'Air France ne devait pas percevoir plus que son prédécesseur, soit 1 million 200 000 mille euros par an, bonus compris.

"Mais ça ne fait pas lourd dans le métier", rigole un ancien cadre dirigeant de la boite alors le conseil d'administration devrait  faire un effort et mettre la barre à 2 millions 500 mille euros, ça fait quand même 100 % d’augmentation. Les syndicats, qui réclament 4 % de hausse salariale et qui n’ont toujours pas obtenu gain de cause devraient apprécier.

D'autant plus que malgré les arrêts de travail et ce problème de gouvernance. Air France KLM continue de gagner beaucoup d'argent. C'est ce que relève par exemple l'Opinion.

"Air France-KLM est assis sur un tas d’or" nous disent même Les Echos.

Malgré le coût des grèves, estimé à 335 millions d’euros le groupe est en effet parvenu à annoncer des résultats supérieurs aux attentes en grande partie grâce à KLM c'est vrai mais Air France continue aussi de dégager des bénéfices et l'action en bourse se porte d'ailleurs très bien.

Et c'est grâce à une demande de transport aérien toujours aussi forte.

Le tourisme de masse, c'est très bon pour le business c'est vrai mais peut-on vraiment s'en satisfaire ?

Et si comme nous le propose Télérama cette semaine, on arrêtait de bouger pour éviter que la planète suffoque... 

Car les chiffres donnent le tournis et ils sont même carrément effrayants. Dans les années 50, le nombre de touristes internationaux ne dépassait pas les 25 millions.

Dans les années 80 on passait à 279 millions, aujourd'hui nous en sommes à 1 milliards 200 millions. Dans 10 ans près de 2 milliards de touristes prendront l'avion pour parcourir la terre. 

On imagine l'impact sur l'environnement.

En Angleterre nous raconte l'hebdomadaire, des membres d'une petite ONG écologique, Plane Stupid, ont pris l'habitude de protester contre l'explosion du trafic aérien... en s'allongeant sur les pistes des aéroports.

S'immobiliser quand le Monde à la bougeotte en quelque sorte. 

"Vécu à une époque comme une libération, le tourisme  est devenu une norme oppressante" critique le sociologue Rodolphe Christin pour qui l'esprit des voyages s'est transformé en consommation effréné.

A Barcelone, Amsterdam, Venise, Lisbonne, c’est l'overdose, les affiches, "Touristes Go Home", "Touristes rentrez chez vous" se multiplient. Mais ces touristes, c'est nous, c'est vous et puis on a bien le droit de partir en vacances évidemment parce qu'on l'a bien mérité alors que faire ?

Changer nos habitudes ...

Partir moins loin peut-être ou comme le dit le philosophe Jérôme Lèbre dans son "éloge de l'immobilité".

"S'arrêter, car savoir faire halte, 'est aussi savoir résister".

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