A bord d'une 2 CV , couleur menthe à l'eau. Au sud des Cévennes. Au volant : un américain en goguette, sur les pas de Stevenson. Le romancier écossais qui en 1878, raconta son périple sur place avec son ânesse, Modestine

On est en mode voyage lent, c'est dans l'air du temps. Un journaliste du New York Times est venu tester une aventure française. à bord d'une voiture grinçante, qu'il raconte dans une pleine page du journal américain.  "La concrétisation de l'un de mes rêves les plus anciens" dit-il.  Mais comme beaucoup de projets fondés sur un rêve et non sur la planification...le sien a été mis à rude épreuve.  Dès le 1er jour, il peut des cordes, toute la journée.  Avec une seule vitesse d'essuie glace et sans système de désembuage.  A essuyer donc le pare-brise au kleenex toutes les 2 minutes...c'est long.  Tout ça sur les petites routes, courbes aveugles, lacets abrupts du massif des Cévennes...à couper le souffle oui " tout cela devait être beau à voir, écrit le journaliste; _si nous avions pu voir quoique ce soi_t"  La 2 CV évidemment tombe en panne à la nuit tombée..et aucun réseau pour appeler l'assistance. C'est l'heure pour le voyageur de se rappeler ces nombreuses pages de Stevenson consacrées aux difficultés à faire avancer son âne plus vite, où l'écrivain conclut "Laissez le suivre son rythme...et laissez moi suivre patiemment"  A méditer, au volant, coincés dans les bouchons pour ce "premier week-end d'août classé noir" prévient le Courrier de l'Ouest .  

Adieu la ville ! on part se ressourcer à la plage, la campagne, la montagne Adieu la ville ! Et pourquoi pas pour de bon ? Chiche ! on change de vie ! lance Le Parisien magazine.  Jeunes parents qui veulent fuir les embouteillages, cadres qui ne rêvent plus de faire carrière "à la capitale" : plus de la moitié des citadins français rêvent de se mettre au vert. Et à l'heure où certains se verraient bien vivre sur leur lieu de vacances, d'autres ont franchi le pas.  Ahmed, sa femme, et leurs 4 enfants ont ainsi quitté Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine il y a 2 ans. Ils habitent aujourd'hui en Lozère, dans un petit village de 200 habitants, à flanc de montagne.  "Notre famille nous a pris pour des fous" raconte Ahmed. Lui est passé du télémarketing à la vente de fruits et légumes.  "J'avais toujours habité en HLM, donc me lever avec cette vue, c'est incroyable. Ici il n'y a ni pollution de l'air ni pollution sonore. " Et on adore l'histoire de cette fonctionnaire devenue éleveuse d'alpagas près de Montauban, poursuit le magazine, ou celle d'un ancien conseiller du ministère de l'environnement belge, parti fabriquer des tartinades bio en Ardèche.   Ces nouveaux campagnards, qui tous le disent : "on n'a jamais eu envie de faire le chemin... en sens inverse. "  

Faire son chemin. Avoir la liberté de voyager. Une vraie révolution pour les femmes saoudiennes  

Plusieurs journaux reviennent sur cette décision de l'Arabie Saoudite, pays ultra conservateur, qui autorise -enfin- toute femme âgée de 21 ans ou plus, à obtenir un passeport et voyager sans l'autorisation d'un "gardien"  masculin. Jusqu'ici elles devaient obtenir la permission de l'un de leurs tuteurs : mari, père, ou autre parent de sexe masculin précise le Monde. fr. C'est la dernière d'une série de réformes voulues par le prince Mohammed Ben Salman...Une avancée qui cache toutefois un système de domination masculine toujours très ancré, écrit le journal  Ce système saoudien de "gardien" masculin, qui assimile les femmes à des mineures toute leur vie, est encore loin d'être aboli confirme la Tribune de Genève. Ces réformes surviennent alors qu'un procès est en cours dans le pays contre onze militantes. Elles se sont élevées publiquement contre le système. La plus célèbre de ces militantes a eu 30 ans en prison cette semaine. 

Faire son chemin. Et comment, quand les murs se dressent ?    

Les eaux du fleuve Suchiate, qui sépare le Mexique du Guatemala sont étrangement calmes depuis le mois de juin. Debout sur son radeau, Edwin râle en regardant du coin de l’œil la vingtaine de militaires de la Garde nationale mexicaine, postés sous les arbres " C'est à cause d'eux si le affaires vont mal, bougonne le jeune Guatemaltèque, " depuis qu'ils sont là , plus personne ne peut passer au Mexique"    Reportage dans la Croix à Tapachula, ville frontière du Guatemala, dans le sud du pays, devenue depuis juin, un cul de sac pour les Centraméricains.  Le Mexique verrouille sa frontière sud,  explique le journal. Sous la pression des Etats-Unis, le pays fait la chasse aux migrants sur son territoire et les empêche d'avancer vers le Nord.  

Face à la menace des arrestations et des expulsions, de plus en plus de migrants choisissent de demander l'asile au Mexique. Des files d'attentes dès 4 heures du matin devant le centre d'aides aux réfugiés. A quelques mètres de là, deux femmes pressent le pas, agacée par la foule. "Qu'ils partent d'ici, vite " lance l'une d'elle.   Le mur tant désiré par Donald Trump s'est finalement érigé au Mexique en quelques semaines. Dans les esprits aussi 

Il y a aussi des murs qu'on franchit ce matin dans la presse   

L'un des plus formidables murs de granit au monde. Paroi superbe et monumentale.  Les 900 mètres de roches d'El Capitan, en Californie. Un océan de verticalité minérale.  A ses pieds, Alex Honnold, chausson d'escalade au pied, tee- shirt rouge et pantalon fétiche. Il ajuste son sac, ses écouteurs, lance sa play list "rock qui déchire" ...et débute l'escalade. Seul. Sans corde. Sans sécurité. Il va tenter ce que personne n'a fait avant lui ; l'ascension en solo intégral.   Le portrait de l'Américain, roi de la paroi, dans Libération ce matin  On est parcouru de frissons à lire le récit de ces 4 heures d'ascension, terriblement aérien, vertigineux, où Alex confie parfois tout son corps à deux phalanges verrouillées au fond de la paroi, avalant avec régularité les difficultés et sidérant au passage les cordées somnolentes.  

Un exploit. Une folie.  

Et ces mots au sommet : "Si tu cherches la perfection, le solo intégral s'en rapproche. C'est si bon de se sentir parfait, pendant un petit moment."  

De quoi tutoyer les étoiles.   C

'est possible pour nous autres aussi, simples terriens.  En levant le nez.  Et si on se faisait un planétarium ? propose Nord Eclair : la fête du grand spectacle de l'univers, c'est ce week-end.   La fameuse nuit des étoiles pendant 3 jours. Où il est possible d'observer à l’œil nu la célèbre pluie d'étoiles filantes des Perséides précise Sud Ouest alors que le Bien Public s'intéresse plus particulièrement à la Lune. A sa surface. Ses cratères. Dont certains portent le nom d'habitants de la Cote d'Or. 4 cratères mêmes pour 4 hommes de sciences.  Felix Tisserand, Gaspard Monge, l'abbé Mariotte, Georges-Louis Leclerc. Chacun son cratère. Là haut. Face visible.  Ou face cachée.  

Et l'observation de ces étoiles est plus nécessaires que jamais nous dit Sandrine Codis, astrophysicienne dans La Nouvelle République. Les astrophysiciens sont loin d'avoir tout compris, il reste énormément de choses à découvrir.  Pour comprendre cet océan céleste, on utilise des télescopes à terre. Télescopes qu'on envoie aussi dans l’espace, et plus loin encore dans le système solaire. Avec des sondes, on collecte des échantillons sur Mars ou sur des astéroïdes. Et d’autres voyagent aux confins de l’univers. Loin donc de l'âne de Stevenson. Le romancier qui déjà au 19 ème écrivait :  "Personne ne connaît les étoiles s'il n'a pas dormi, selon l'heureuse expression française, " à la belle étoile ". Il peut bien savoir tous leurs noms et distances et leurs grandeurs et demeurer pourtant dans l'ignorance de ce qui seul importe à l'humanité, leur bénéfique et sereine influence sur les âmes. Les étoiles sont la plus grande source de poésie. Reines de la nuit "   

A notre portée peut-être, ces reines...si, par chance, notre 2 CV tombe en panne, à la tombée de la nuit.

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