C'est quand, le bonheur ?... Pour eux, c'est maintenant... Les candidats à la Présidentielle... Dans 20 jours, il n'en restera plus que 2 sur 12... Autant dire que le bonheur, ils ont intérêt à le trouver dans la campagne... Nous, du coup, c'est logique... il nous reste "20 jours pour choisir"... La Dépêche du Midi se penche sur cette campagne, "où l'indécision demeure"... "22 avril : le suspense"... Et le quotidien de Montpellier s'interroge... "Où en sont les candidats ?... Où en sont les Français ?"... Alors les candidats... eh bien, ils aimeraient bien le savoir, où ils en sont... La Dépêche du Midi constate que "les baromètres d'opinion les rassurent autant qu'ils les inquiètent... et que les petits candidats peinent à exister... L'habilité à l'oral de Besancenot et de Bové ne compense pas la tendance au vote utile... Voynet et Buffet sont en réelle difficulté"... Et les électeurs ?... Une chose est sûre, selon le journal... "Dans la noria de sondages contradictoires, deux enseignements restent valables... Près d'un électeur sur deux n'a pas choisi... et l'abstention s'annonce moindre qu'en 2002"... Donc 20 jours pour choisir... Choisir, oui... mais "on veut des débats"... "On veut des débats"... C'est la Une du Parisien-Aujourd'hui en France... Comme un cri du coeur... "Ras-le-bol de ces candidats qui refusent de prendre le risque d'un affrontement direct"... "On veut du débat... du beau jeu à la française"... Philippe Duval et Dominique de Montvallon se souviennent... "Du beau jeu comme en 1981, quand Mitterrand, affrontant Giscard, propose de "changer la vie"... ou comme en 95, quand Chirac, contre Balladur, découvrait la "fracture sociale"... Et les deux journalistes de constater... "Les Français sont nostalgiques de ces rencontres d'anthologie"... Dans le même temps... électeurs et candidats sont renvoyés dos à dos... C'est toujours dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... où le triomphe du "moi je" est analysé... Le journal constate que "Sarkozy, Bayrou, Royal parlent beaucoup d'eux dans cette campagne, et sans humilité... Mais les Français, de leur côté, n'ont aussi que ce "moi je" à la bouche... Pour preuve : le succès de l'émission de TF1, "J'ai une question à vous poser", belle suite de revendications personnelles"... Dans Les Echos, le sociologue Denis Muzet analyse lui aussi ce phénomène... "Les électeurs choisiront le candidat qui répondra le mieux à cette question : "Est-ce que oui ou non, cette fois, vous allez nous écouter ?"... Et ça, pour Muzet, c'est la conséquence de la "mal-info"... "mal-info", comme "malbouffe"... où les individus multiplient les sources d'information, passant d'un média à un autre... picorant de petites informations, à la va-vite... Les programmes ne sont pas lus, ou mal compris, selon le sociologue... et ce, même si les électeurs continuent de dire que c'est déterminant dans leur vote... C'est comme les téléspectateurs qui disent regarder Arte dans les sondages, alors qu'ils sont devant TF1... Bref, il y a une vraie perte de sens... à laquelle il faut ajouter la disparition des repères que constituaient les grandes idéologies... Du coup, ce constat... La langue politique est devenue, pour les Français, une langue étrangère"... Bon ben alors, s'il faut partir à la recherche de la petite phrase... Prenons-en une, ce matin, qui ait du sens... C'est un titre de L'Humanité... une exhortation tirée du discours de Marie-George Buffet hier à Bercy... "Votez pour vos colères, vos idées, vos exigences"... "Votez pour la planète"... Revoilà Nicolas Hulot... "Le Don Quichotte des éoliennes", pour Chantal Didier, dans L'Est Républicain... L'Est Républicain qui rappelle, en Une, que devant 5.000 personnes hier, au Zénith de Paris puis sur l'Esplanade du Trocadéro, Nicolas Hulot a rappelé les promesses des candidats signataires de son Pacte pour l'environnement... Il a souhaité que la mutation écologiste nécessaire soit vite intégrée dans la politique... Pour Alexandre Morel, dans La Montagne, c'est pas gagné... "Quelle que soit la pertinence de la Charte écologique, elle ne permet pas de répondre à l'interpellation constante des candidats sur la situation de l'emploi, la qualité de l'enseignement, le financement des retraites, et plus généralement les question d'identité nationale ou d'avenir européen"... Même interrogation de Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne... "Il faudra attendre l'élection du prochain Président de la République pour évaluer l'impact de Nicolas Hulot sur l'action politique... Ce qui est clair pour l'instant, c'est qu'entre les deux tours, lorsqu'il faudra ratisser large, la protection de l'environnement refera surface"... En même temps, peu importent les promesses... Gilles Dauxerre, dans La Provence, explique que "la réalité se rappellera au prochain Président... Il sera confronté aux questions environnementales, puisque la défense de la planète est maintenant l'affaire de toute l'humanité"... Pour preuve, cette liste des calamités à venir, dressée par Yves Thréard, dans Le Figaro... "Pénurie d'eau... inondations des zones côtières... baisse des rendements agricoles... disparition de 20 à 30% des espèces... Voilà ce qui nous attend sous l'effet du réchauffement climatique"... Le Figaro fait son grand titre de Une avec le climat, et "l'alerte des experts mondiaux"... Aujourd'hui, à Bruxelles, l'ONU présente le rapport de son groupe d'experts... le GIEC... qui souligne la nécessité d'une adaptation de tous les pays... Une présentation que Libération résume en un "Est-ce grave, Docteur ?"... En fait, explique le journal, "le but du GIEC, c'est de faire adopter d'ici la fin de la semaine, par les grands de ce monde, le "résumé pour décideurs"... avant que tout le monde ne se penche, à la fin du mois, sur les adaptations nécessaires... Cette réunion-là aura lieu à Bangkok"... Ce rapport du GIEC fait la Une de beaucoup de titres de la presse européenne... Le Corriere della Sera explique que c'est "le résultat de 6 ans d'étude, pour 2.500 chercheurs... Et que 60 Etats sont déjà face aux risques... Dans les prochaines années, les effets du réchauffement climatique se feront sentir durement en Afrique et en Amérique du Sud"... Difficile, pourtant, de sensibiliser... C'est le constat du quotidien anglais The Independent... "Les Britanniques sont peu disposés à changer leurs habitudes, malgré les menaces climatiques"... Et en même temps... à lire Le Figaro, on a quand même l'impression que les Anglais ont une longueur d'avance... Caroline de Malet est allée à Hackbridge, où se trouve le plus grand écovillage d'Angleterre... un ensemble immobilier inauguré en 2002... où tout est conçu pour limiter les émissions de CO²... Des toits recouverts de végétation... Les murs sont composés de briques et de laine de mouton... De grands bacs récupèrent l'eau de pluie pour arroser les espaces verts... et des bouches d'aération géantes placées sur les toits ventilent les appartements... Alors c'est vrai que le bâtiment a une drôle de tête... D'ailleurs, dans la région, on appelle l'endroit "Teletubbies Land"... Mais on peut bien se moquer... Cet endroit exemplaire a déjà reçu la visite de 15.000 étrangers... Chinois, Sud-Africains ou encore Français sont venus prendre des leçons... Alors, avec "Teletubbies Land" ou avec autre chose... il faut agir... C'est ce que vous lirez dans toute la presse ce matin... La Tribune, par exemple, se penche sur la question de l'eau... C'est l'une des conséquences les plus importantes du réchauffement sur les populations... avec, entre autres, une aggravation du risque de famines... Pas de doute pour le quotidien économique... "L'eau va changer la donne économique mondiale"... En même temps... le monde, ça intéresse qui ?... Pas les candidats à l'Elysée... Marianne se désole... "Affaiblissement des Etats-Unis... surgissement de la Chine... retour en force de la Russie... rébellion de l'Amérique latine... paralysie de l'Europe... Aucun candidat n'ose regarder en face le nouveau désordre mondial"... Et pourtant il y a urgence, explique l'hebdomadaire... "La politique étrangère de la France doit s'inscrire dans la réalité brutale d'un nouveau monde en mutation rapide... Contrairement aux idées reçues, la France n'est pas une quelconque puissance moyenne... Elle a un vrai poids particulier... Oui mais voilà, constate Marianne... Il semble bien que les présidentiables estiment que sur ce sujet, il y a plus de coups à prendre que de voix à gagner"... Bref... Prudence et généralités, contre globalisation et realpolitik...

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