(Nicolas Demorand : "Et ce matin, la banlieue sous le feu des caméras")... "Vous les médias, vous n'êtes là que pour mettre de l'huile sur le feu. La seule chose que vous pourriez faire pour calmer les choses, ça serait de ne pas venir. Tout ça, c'est de votre faute. Le fonctionnement des médias, c'est le montage. Vous coupez, vous montez, et au final, vous mentez parce que ça fait vendre. Elle est là, la vérité"... Voilà comment les reporters de Libération ont été accueillis à Tremblay-en-France, cette ville de Seine-Saint-Denis qui est en effet sous le feu des caméras cette semaine. Il faut dire qu'il s'y est passé beaucoup de choses... Lundi soir : reportage sur les trafiquants de drogue à Tremblay, dans la nouvelle émission d'Emmanuel Chain sur TF1. Quelques heures plus tôt : coup de filet de la police, qui saisit plus d'un million d'euros. Enfin mercredi soir : deux bus sont caillassés, et l'un des deux est même incendié. Y a-t-il un lien entre les trois ? C'est la question au coeur du dossier, ce matin, dans Libération... D'abord, Emmanuel Chain se défend d'avoir joué les balances auprès des flics. Du côté policier, on reconnaît avoir précipité le coup de filet avant le passage de l'émission. Mais l'enquête durait depuis plusieurs mois. Quant à l'accusation d'avoir joué les pyromanes, là encore Emmanuel Chain se défend : "TF1, c'est un média. On veut tuer le messager. Ce n'est pas la faute de TF1 s'il y a de la drogue en banlieue. Nous avons fait les choses en responsabilité". Libé relève tout de même le côté anxiogène du reportage... "On se croirait dans le Bronx, avec les trucages de voix, les flous et la musique". Un autre habitant montre le théâtre Louis-Aragon de la ville : "Il y a plein de réussite ici. C'est ça aussi, la banlieue". Cela dit, à Tremblay, on reconnaît qu'il y a 80% de réalité dans le sujet. Question dans Le Monde : "Pourquoi la situation s'est-elle dégradée si vite dans cette ville de 35.000 habitants ?". Car, en effet, ce n'est pas la cité pourrie que certains pourraient imaginer, loin de là. C'est une ville paisible, et même riche puisqu'elle profite des immenses ressources de l'aéroport de Roissy. Mais malgré cela, Luc Bronner décrit une lente descente aux enfers : pas de rénovation urbaine, des populations toujours plus fragiles... Dès lors, il suffit de quelques jeunes en rupture, cramés par le cannabis et l'ennui, attirés par l'argent facile. Ca se traduit très vite dans les urnes : aux Européennes, les listes antisionistes de Dieudonné sont arrivées en tête dans un bureau de vote au coeur du quartier populaire de la ville. Et aux Régionales, dans les quartiers pavillonnaires, le Front National a atteint 19%. Hier, Brice Hortefeux a montré ses muscles : "Ce ne sont pas les petites crapules qui vont faire la loi dans le quartier". Mais Luc Bronner détaille le mauvais bilan du tout-répressif dans les banlieues. Le journaliste du Monde, qui est un des meilleurs spécialistes de la question, vient de publier un livre qui s'appelle "La loi du ghetto"... Il explique ce titre dans Politis : "Rien à voir avec les ghettos américains, et encore moins les ghettos juifs du passé. Mais ces quartiers se caractérisent par un enfermement... enfermement extérieur (ségrégation sociale, voire ethnique), mais aussi intérieure, avec un langage et des normes qui permettent de compenser partiellement les blessures infligées par la société". (ND : "Quelques brèves, glanées dans la presse")... D'abord, une première... Pour la première fois, une publicité vidéo dans un magazine de presse écrite. C'est dans Enjeux-Les Echos... un encart qui vante les mérites de la dernière Citroën. L'encart est un peu plus épais que d'habitude : il contient un tout petit écran. Vous appuyez sur un bouton et la pub défile. En début de semaine déjà, on pouvait voir la couverture de Télé 7 Jours (qui célèbre ses 50 ans) en 3D en brandissant le magazine devant sa webcam. Comme quoi nouvelles technologies et presse écrite ne sont pas forcément ennemies. La Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée Nationale veut enterrer le Brevet des Collèges, examen jugé "bancal et baroque"... Le ministre Luc Chatel ne ferme pas la porte à une évolution : le Brevet passerait définitivement sous le régime du contrôle continu. C'est à lire dans Le Figaro. Et puis soupçons de pots-de-vin dans Libération... Ils concernent la vente de sous-marins, par un consortium franco-espagnol, à la Malaisie. Dans l'équipe, il y a la Direction des Constructions navales et Thalès. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête. Enfin, la Une du quotidien corse 24 Ore : "Marins en grève : la Corse en crève"... Coup de gueule contre la nouvelle grève de la CGT à la SNCM et la CMN, qui refuse l'arrivée d'un concurrent italien. (ND : "Eh bien justement, nous allons en Italie, à présent")... Alors que Nicolas Sarkozy essaie de colmater sa majorité après la défaite aux Régionales, un autre dirigeant européen vient, lui, de remporter des Régionales : c'est Silvio Berlusconi... Encore une victoire, malgré les critiques... ou peut-être grâce à elles. Dans Le Nouvel Observateur, Marcelle Padovani explique cet "insubmersible Berlusconi"... Il est le sujet central de toute l'information politique... politique et people. La première info qui cueille les Italiens au réveil chaque matin concerne immanquablement Berlusconi. Si bien que l'Italien moyen a fini par s'identifier à lui. Et si le bling-bling berlusconien révélait une Italie droguée à la télé, portée à l'illégalité, tolérante envers la corruption et d'un individualisme forcené ? La réponse semble plutôt "oui". Berlusconi est arrivé en politique au moment où les grandes idéologies se sont écroulées. Et aujourd'hui encore, alors qu'il est au pouvoir depuis de longues années, il parvient à incarner la défiance envers les politiques. Si des adversaires commencent à poindre à droite, pour Marcelle Padovani, le principal ennemi du Cavaliere, c'est lui-même. Il a tout misé sur l'exhibition de son corps. Mais à 70 ans, le ventre déborde, le cheveu tombe, et le visage devient plastique sous les liftings et le collagène. (ND : "Et après l'Italie, pays du calcio : rugby à la Une")... A la Une de La Dépêche du Midi : "Où va notre rugby ?"... Dossier très intéressant, parce que le rugby a une très bonne image, comparé au foot : moins de fric et de divas. Mais cela fait une quinzaine d'années maintenant que le rugby est passé pro, et il est à la croisée des chemins. Beaucoup d'équipes sont sur la sellette, voire rétrogradées en division inférieure, parce qu'elles vivent au-dessus de leurs moyens. Le championnat français est sans doute le meilleur au monde en ce moment, mais il se développe trop vite. Le poids des salaires des vedettes venues du monde entier plombe les clubs. Un écart se creuse entre les grosses écuries et les autres. Les villes moyennes ou petites, où sont enracinés les bastions du rugby, n'ont plus les moyens de suivre. "Cela pose un problème culturel à notre sport", reconnaît le directeur de "Midi Olympique", la Bible du rugby, dans les colonnes de La Dépêche. Un exemple parmi d'autres : la grande équipe de Béziers est aujourd'hui en troisième division. (ND : "Et la rubrique Tendances, pour terminer")... D'abord (c'est à peine croyable, vu le contexte politique), mais chez les super-pointus de la fringue, ce serait le retour du jeune de droite... Mocassins à glands, gilet shetland, veste Barbour, duffle-coat, polo Lacoste et cravate tricotée à la Jean d'Ormesson... C'est le très bobo Nouvel Obs qui nous décrit cette tendance. Ses figures de proue seraient, en politique, François Baroin, et, dans la musique, les Américains de Vampire Weekend, habillés comme des premiers de la classe au campus. Deux éléments d'explication : Ce look "école catholique", c'est une manière d'afficher ses convictions anti-bling-bling dans une époque fric et people. * Et puis la rébellion s'est tellement institutionnalisée que c'est plus sulfureux d'avoir l'air d'un bourge de droite que de porter un T-shirt punk vendu par les grandes chaînes. On peut donc avoir l'air d'un premier communiant et voter sauvagement à gauche. Les stars tendance du moment... Chez les filles : Louise Bourgoin, à la Une de Elle et dans Paris-Match... Au passage, dans Match, photo assez amusante : elle pose de dos, avec trois garçons. Miss Louise est habillée. Ce sont les garçons qui sont les fesses à l'air. Tendance chez les hommes : indétronable Eric Cantona, à la Une du magazine branché GQ ce mois-ci... Le réalisateur Ken Loach résume "le mystère Canto" : "Sensible, généreux, proche du peuple et inaccessible en même temps, mystérieux, fantasque et imprévisible". A la veille de Pâques, GQ rappelle ce que lui chantaient les foules de Manchester United lorsqu'il était footballeur : "Jésus est notre ami, et son nom est Cantona". Et puis on parlait hier de ces informations qui avaient l'air de poisson d'avril mais qui n'en étaient pas. Il y a quand même eu de très bonnes blagues... On décernera le César au site Internet Thésame... C'est relevé sur Rue89. Thésame assurait hier qu'à partir des masques anti-grippe inutilisés, on allait faire des strings. Magnifique idée de business pour Roselyne Bachelot. C'est la nouvelle affaire Clearstring... Bon week-end...

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