(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : signes distinctifs

(Bruno Duvic) Savez-vous qui a composé l'hymne du club de Barcelone ? C'est Manuel Valls... Pas le ministre mais presque : le cousin de son grand père.

Manuel Valls, le petit fils, sera ce soir dans les tribunes du Parc des Princes. En attendant, le catalan du gouvernement est dans les colonnes de L'Equipe et il est évidemment très sensible à tout ce que représente ce club de Barcelone. Années 70, le Camp Nou (le stade du Barça) était un chaudron. Johan Cruyff sur la pelouse et « cette résonnance politique » dit le ministre de l'Intérieur. L'attente de la démocratie, dans une Catalogne qui avait tant lutté contre le dictateur Franco, agonisant à Madrid.

PSG/Barça en quarts de finale de la ligue des champions de football. « Qui dit mieux ? » demande L'Equipe à la Une. Une des meilleures formations de l'histoire face au club français de tous les fantasmes. Ce soir, « Il y a des étoiles partout », titre encore le journal sportif qui, du coup, laisse de côté l'esprit cocardier. Les neuf pages consacrées à ce match sont une ode à la grandeur de Barcelone.

Sa star Messi, un but par match depuis un mois. Le jeu de passe ahurissant de cette équipe : 652 passes réussies par rencontre de ligue des champions. Sa rigueur dans la préparation : le petit déjeuner est pris en commun avant l'entrainement. Ca forge l'esprit de groupe et ça permet de contrôler la diététique. "A Barcelone, j'ai découvert l'essence du football" dit Lilian Thuram, qui y a passé deux ans.

Comment battre Barcelone ? "Faire du mieux qu'on peut" répond le chroniqueur Didier Braun.

Ce match vu par la presse catalane est important, mais il n'y a pas l'excitation que l'on sent dans les colonnes françaises. Pour les sites Internet de Diario Sport ou du Journal de Catalogne , l'histoire du jour, c'est le retour de l'entraineur de l'équipe espagnole à l'occasion de ce match. Retour après une chimiothérapie.

Paris/Barcelone, signe distinctif : c'est le Qatar qui gagne à la fin.

Le Qatar propriétaire du PSG et sponsor maillot du Barça. Le Qatar ou quand l'argent sent le gaz, un puits sans fonds, se dit-on. Pas forcément. Dans Le Monde , un chercheur spécialiste du Moyen Orient, Hugo Micheron, décrit « La crise larvée des pays du Golfe », parmi lesquels le Qatar.

Pays de goinfres, gavés d'hydrocarbure, mais dans ces économies en croissance rapide, la consommation d'énergie est tellement vorace qu'il y a des pénuries d'électricité.

Pour l'emploi : fonction publique ou rien. Au Qatar, 90% des nationaux sont des fonctionnaires. Dépenses incontrôlées, économie de la rente - pétrole et finance. Dans le Golfe, des pistaches aux 4X4 Hummer, tout est importé.

Et la contestation politique matée sans pitié au moment des révolutions arabes n'est pas éteinte : à Bahreïn, il y a des manifestations toutes les semaines.

Dans la série « football et économie », une question non résolue dans la presse ce matin : les clubs de foot français paieront-ils la taxe à 75% ? Non répond le président de la fédération française sur leparisien.fr , les PME ne sont pas concernées. Mais Les Echos affirment que les footballeurs entrent bien dans le champ d'application de la mesure.

A la Une de La Provence : des bébés

Signe distinctif : ils portent un bracelet électronique. En tout cas à partir d'aujourd’hui à la maternité de l'hôpital Saint-Joseph, à Marseille, a plus importante de la région Paca.

A peine nés, déjà sous surveillance. Un bébé a été enlevé l'été dernier à la maternité. Du coup la direction prend des mesures radicales. Les bracelets sont associés à des portiques de sécurité : alarme en cas de franchissement. Investissement : 100.000 Euros.

L'établissement sera désormais fermé entre 21h et 6h du matin. Avis aux papas stressés, il faudra subir un contrôle vidéo et se faire « bagder ».

Un témoignage sur rue89

Signe distinctif : la franchise. L'article de rue89.com pourrait s'appeler : « Français sans enthousiasme ».

Il s'appelle Hamza, origine marocaine, il est analyste financier. Il vient d'obtenir la nationalité française et il raconte la cérémonie de naturalisation et ce qui lui passait par la tête à ce moment là.

Rendez-vous à 15h15 à la préfecture de police, une cinquantaine de personnes sur le trottoir. Il y a ceux qui sont sur leur 31, costard-cravate-attaché-case, ceux qui se font accompagner et les personnes âgées, les plus excitées.

On entre dans une pièce appelée salle Marianne : drapeaux bleu-blanc-rouge et buste de la dame. Une dame justement, adjointe au préfet, prononce un discours « franchement pas mal », dixit Hamza.

Et puis on se met debout pour chanter La Marseillaise. « Là je me suis vraiment rendu compte que j'allais changer d'identité, le fait de chanter un hymne national autre que le mien, j'avais l'impression de trahir un petit peu mon pays.

Alors maintenant que je suis français, mon premier objectif c'est de rentrer dans mon pays d'origine. N'y voyez aucune répulsion envers la France, mais je me suis rendu compte que je me suis trop éloigné des miens.

Je suis venu ici en 2004 pour faire des classes prépa scientifique. Pourquoi j'ai demandé la nationalité ? Essentiellement pour faciliter mes démarches, plus de visa pour voyager ; pour la sécurité, on ne peut plus me mettre dehors. Vous allez me dire : ‘ha bon ? c'est pas pour la grandeur de la France et des valeurs qu'elle porte ?’ Pas directement, mais il y a de ça aussi. »

D'autres signes distinctifs ?

Popularité en berne. C'est François Hollande. Moins 6 points en avril par rapport à mars dans le tableau de bord Paris Match -Ifop. Cote de popularité : 31%. C'est à lire sur parismatch.com

Signe distinctif : elle fait la Une de Time magazine . Christine Lagarde : "Cette femme peut-elle sauver l'Europe ?" demande le magazine américain, groupie de la patronne du FMI.

Dis-moi ton prénom, je te dirai ta section au Bac. C'est le blog d'un sociologue spécialiste des prénoms, relayé par slate.fr et rue89.com .

Il a étudié les prénoms surreprésentés dans chaque section.

Bac L : Alienor,

Bac S : Augustin

ES : Sixtine

Industrie : Teddy

Gestion : Ahmed

Sanitaire et social : Priscilla

Signe distinctif : cette façon de tenir sa clope entre le majeur et l'annulaire. Cette impression qu'il donne d'être à peine sorti du lit. Ainsi apparait Michel Houellebecq à la Une de Libération . Il publie dans quelques jours un recueil de poésie, « Configuration du dernier rivage ». Et il livre à Sylvain Bourmeau son art poétique.

« C'est en général écrit très vite. Des choses qu'on ne comprend pas très bien soi-même sont intéressantes à garder (…) Je travaille énormément la ponctuation, mais le texte quasiment jamais. Je ne change pas les mots. C'est bon tout de suite ou jamais (….) C'est vrai que si je n'avais écrit que de la poésie, je n'aurais aucune chance pour les funérailles nationales. Il y a les opérations poésie de la SNCF(…)

Mon initiation est d'une banalité totale : Baudelaire à 15 ans, dans une grande excitation quand même. »

A lire ce recueil, commente Eric Loret dans Libé , « on a le sentiment d'un cancer toujours à venir, # enviedemependre, mais la douleur sourde est toujours grotesque de rire. »

Exemple :

"Nous vivrons mon aimée sans aucune ironie

Et nous achèterons peut-être des canaris"

A demain

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