Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : le pouvoir, ombre et lumière

(Bruno Duvic) Alors que le petit Paris médiatique et politique baigne dans cette ambiance électrique des remaniements ministériels, voici une histoire qui dit qu'à un certain moment, le temps a passé, les caméras s'éteignent et les courtisans s'éloignent. Minuscule histoire d'une grande bourgeoise qui a connu le pouvoir au degré le plus élevé et qui se bat pour un gros lopin de terre.

C'est dans L'Express sous la plume de Michel Feltin-Palas. En Corrèze, le canton de Bernadette Chirac va disparaitre dans ses contours actuels, victime d'un redécoupage électoral. Elle y est élue depuis 1979. Rien de scandaleux dans cette affaire, la politique presque au quotidien. Et il y a des gens bien plus malheureux que l'épouse de l'ancien président de la République.

Mais au détour d'une confidence, dans L'Express , l'ex première dame connue pour son mauvais caractère dit ceci : « mon mari décline, ma fille ainée est malade, ma fille cadette m'empêche de voir mon petit-fils. Quand j'arrive ici j'oublie mes soucis parisiens. »

La vieille dame veut faire pleurer dans les chaumières corréziennes, dira-t-on. Si c'est le cas, ça ne marche pas. Les socialistes auraient pu épargner « son » canton : "Si le président Hollande l'avait exigé, nous l'aurions fait", dit le président du conseil général. Mais le président n'a pas bougé une oreille. Il a reçu Madame Chirac, l'a poliment écouté et n'a rien changé. La gauche locale ne l'a même pas prévenue. "Nous avons oublié. Faute de goût", reconnait le maire de Tulle. La droite locale ne l'a pas beaucoup aidé non plus. Les UMP du coin se souviennent peut être que Bernadette Chirac les surnommait « les bovins ».

Et puis tout le monde pensait qu'à 81 ans, elle passerait la main, qu'elle ne se présenterait pas aux cantonales de 2015. Que nenni. « Naturellement, dit-elle à L'Express, je serai candidate. » Où et comment ? Après avoir régenté l'Elysée, Madame Chirac semble se battre contre des moulins...

Des caméras, il y en a encore quelques unes pour suivre Jean-Marc Ayrault. Le voilà tout sourire aux côtés de son épouse à la Une de Presse Océan . De retour à Nantes. Mais la lumière est sur l'homme à qui il a brièvement serré la main hier lors de la passation de pouvoir à Matignon.

Manuel Valls, déjà à la Une de Paris Match , lui aussi avec son épouse. Le récit de la semaine politco people de Match : ouverture sur un palais de l'Elysée dans la pénombre dimanche soir. Suivent six pages de photos du Premier Ministre. Ensuite, Anne Hidalgo, devant son bureau de l'hôtel de ville de Paris. Et Ségolène Royal, « la revanche ».

Sera-t-elle dans le nouveau gouvernement ? Oui les journaux en semblent certains.

Coulisses d'un remaniement... Et déjà un différend entre François Hollande et Manuel Valls.

Qui au ministère de l'Intérieur ? Qui dans le bureau de l'homme le mieux informé de France ? Chacun veut placer un proche raconte Le Parisien-Aujourd’hui : François Rebsamen pour le président, Jean-Jacques Urvoas pour le Premier Ministre. Confidence de socialistes ou de proches de l'Elysée : « Manuel en fait un casus belli, il ne veut pas de Rebsamen, entre eux c'est la haine ». « Mais Hollande ne lachera pas, pour lui c'est une question d'autorité ». « Enjeu : savoir où est le centre du pouvoir, l'Elysée ou Matignon. C'est le premier bras de fer. »

Dernière confidence d'un député hier, tard, sur ces tractations en cours pour le constitution du nouveau gouvernement. « Ce soir, certains vont se coucher ministres, ils ne le seront déjà plus demain matin. »

D'autres se sont endormis avec la certitude de ne pas être ministre : les écologistes. Le parti a tranché : pas de participation au gouvernement. Ils seront des partenaires vigilants. « Valls à l'épreuve des Verts », titre Libération . La majorité ne tient plus qu'à un fil. A eux seuls, les députés PS et apparentés sont 290. La majorité est à 289 à l'Assemblée. Voici « Manuel Valls sous la surveillance de sa majorité » en manchette du Figaro . Pression de la gauche de la gauche. Déjà L'Humanité appelle à manifester. « Contre l'austérité, le 12 avril dans la rue citoyens ! ».

Qu'est ce qui attend tous ces hommes et femmes qui aspirent au pouvoir ? Un calendrier ultra dense, une politique économique à clarifier, des Français à réconcilier avec la politique et la gauche. Et quelques surprises. Dans une brève, L'Express , évoque ce matin un livre sur les lettres reçues par Nicolas Sarkozy lors de son quinquennat. L'une envoyée après son divorce était une demande en mariage assortie d'une petite culotte. Une autre, le jour de son anniversaire, contenait des bougies au cyanure.

Dans Libération , l'homme aux 99 enfants

Ca n'est pas une émission de télé déglinguée. Ca se passe aux Pays Bas c'est raconté par Sabine Cessou.

Depuis 1999, un homme donne sa semence à qui le veut ou presque, via une clinique et Internet. Insémination artificielle ou à l'ancienne. Ce quarantenaire qui vit à Maastricht a fait de l'aide aux couples et femmes en mal d'enfants son combat personnel.

99 enfants, donc. On vient le voir de Grande Bretagne ou de Biélorussie, il a des demandes d'Amérique Latine, d'Angola ou de Chine, des enfants dans toute l'Europe, en Russie et en Australie.

Pour 89 bébés, il a les photos dans un album. Et comme aux Pays-Bas, à partir de 16 ans, on peut connaître l'identité et l'adresse de son père biologique, une bonne partie de ces petits connaissent leur papa. Il tient même un tableau pour éviter qu'un jour, deux de ses enfants se rencontrent et fassent à leur tour des petits.

A part ça, il est célibataire. Il cherche une maman qui serait aussi sa compagne pour enrichir le tableau Excel.

Dans la presse également : bataille d'égo

PSG/Chelsea ce soir en ligue des champions. Deux méga-stars sur la pelouse. L'une est sur le banc de touche de Chelsea, l'entraineur José Mourinho. L'autre est à la pointe de l'attaque parisienne, Zlatan Ibrahimovic.

José Mourinho, surnom, « The special one », l'homme spécial. Deux ligues des champions au palmarès et sept championnats nationaux au Portugal, en Angleterre, en Italie et en Espagne. Deux pages dans Le Parisien sur sa gueule à la George Clooney, son perfectionnisme, son rapport fusionnel avec certains joueurs et ses phrases cultes, mélange d'arrogance, de provocation et d'humour.

En voici deux : « Si je devais me noter sur 10, je me mettrais 11 ».

Et à propos de son pays, le Portugal : "Là bas, il y a de jolies chaises, bleues, la ligue des champion, Dieu et juste après lui, moi"

Zlatan sous toutes les coutures et sous l'objectif de Karl Lagerfeld, vous le verrez dans le

magazine Elle man .

Mais dans L'Equipe , il y a plus fascinant que ces deux là. Une page entière rédigée par Anouk Corge sur le marin Lionel Lemonchois. Il a passé 10 jours, au milieu de l'atlantique dans la coque de son trimaran qui s'était retourné. Et à l'entendre, c'était juste un mauvais moment à passer. Une fois le bateau mis en sécurité, il a attendu le remorqueur qui avait été prévenu. "Comme tout est à l'envers, tu te fais un petit intérieur au plafond. J'étais pas mal installé. » Inconvénient, le bruit, « quand tu es dans une coque à 10 centimètres de l'eau ». Et puis il faut s'occuper. Il a lu et relu toutes les étiquettes qu'il pouvait et le livre de bord. Le jour de son anniversaire, « je me suis senti un peu plus couillon que d'habitude ». Un bateau de croisière est passé. Il a refusé d'embarquer. Pas question de lâcher son trimaran. « J'ai regardé leur feu de route s'évanouir. Il faisait presque nuit. Tu te dis : la récréation est terminée. »

Le remorqueur enfin. Très lent sur l'océan. « Tu t'emmerdes sur un bateau à moteur ». Alors les deux derniers jours, Lionel Lemonchois a quitté le remorqueur et est retourné dans sa coque qui trainait derrière. Retour dans son petit chez lui, cette fois, à l'endroit.

A demain !

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