Le Parisien dénonce les escrocs de l'autisme, la Provence raconte un neurobiologiste qui teste un médicament qui aiderait les jeunes autistes... En Inde, des politiciens jouent au suicide pour attirer l'électeur, dit le Monde; en Finlande, des start-uppoers plongent dans l'eau glacée pour attirer l'investisseur...

On parle d'une petite fille ce matin...

Qui a douze ans, que la Dépêche appelle Manuela, et qui reprend gout à la vie à l'hôpital Purpan de Toulouse, avec pourtant le bassin en compote et les jambes inertes, mais vivante: Manuela avait sauté par la fenêtre de l'appartement de ses parents il y a deux semaines, du cinquième étage d'une résidence de Saint Cyprien, juste près avoir ouvert la porte de l'immeuble, par l'interphone, à sa maman. Elle avait laissé un mot sur la table de la cuisine. "Pardon, je ne gaspillerai plus l'argent, maman je t'aime, je vous aime.» Car Manuela s'en voulait d'avoir acheté pour 400 euro de jeux sur internet, son papa, il est boulanger, s'en était rendu compte quand un distributeur automatique avait bloqué sa carte bleue; en se réveillant à l'hôpital, elle a dit à son père,  «et l'argent papa, c'est bon?» Et elle l'a embrassé... 

Mais il y a autre chose dans cette histoire qu'une gamine piégée par internet et sa culpabilité, le papier se termine ainsi, par deux phrases qui veulent raconter la personnalité de la petite fille...

"Sensible au bien-être de ses parents, Manuela avait écrit une lettre au Président de la République pour qu'il puisse aider sa famille et ses deux jeunes frères autistes. Dans l'espoir d'une vie meilleure."

Et le journal ne nous en dit pas plus, on ne peut qu'imaginer ensuite ou deviner. Mais dans toutes les fragilités d'une famille, qu'est ce qui joue, qu'est ce qui met une gamine à fleur de peau... 

C'est la journée de sensibilisation à l'autisme et les plus attentifs de nos journaux le sont donc avec d'infinies précautions, tel le Berry républicain qui raconte un enfant et les siens sur le parcours du diagnostic, quand le Monde nous montre comment par le jeu, une ferme miniature, ou la toupie de Maya à boucles blondes, des parents s'approchent de l'attention de leurs enfants et captent les regards... On trouve dans nos journaux autant de pistes fragiles mais parfois sur ses pistes, des vandales viennent tout ravager. 

A sa une le Parisien dénonce les escrocs de l'autisme, charlatans et malfaisants qui profitent de parents fragiles...  un gourou a fait dépenser à Estelle  6000 euros de complément alimentaire pour soulager son enfant, un médecin a dit à Stéphane que les vaccins avaient rendu son fils autiste, allait il alors ne pas vacciner son deuxième enfant. Avec Olivia Cattan maman d'un garçon autiste, et militante, le parisien nous révèle une tourbe humaine, mais avant les escrocs, il y a la solitude de parents, et le temps qu'il faut pour etre pris en charge...  un an et demi d'attente a Créteil, trois an et demi dans le Finistère, comment alors refuser les mirages.

La Provence propose un miracle qui viendrait de marseille où cherche Yehezkiel Ben Ari, un neurobiologiste dévoué à la cause l'autisme. Il teste, sur 400 enfants avec les laboratoires Servier, un médicament qui ne guérirait pas l'autisme, cela n'existe pas, mais qui améliorerait la sociabilité des enfants autistes, en contournant les barrières neuronales qui les retiennent face aux autres. 

On parle de richesse également...

Qui scotche, le Financial times, le Figaro comme les Echos, le groupe pétrolier saoudien Saoudi Aramco a dégagé 111,1 milliards de dollars de bénéfices l'an dernier, elle est  la compagnie la plus proftable du monde,  plus rentable que tout le cac 40 réuni disent les echos.. Elle n'avait jamais publié ses comptes, Aramco, depuis sa nationalisation à la fin des années 70, mais elle devait le faire car elle veut emprunter sur les marchés, pour acheter une autre entreprise, et voyez-vous, Aramco la prospère a des fragilités et son avenir n'est pas garanti... L'Etat saoudien la ponctionne à 50% pour financer le train de vie de ses princes, mais aussi des dépenses sociales et militaires. Tiens, l'Humanité s'indigne de nos ventes d'armes qui se poursuivent à l'Arabie saoudite, l'Allemagne les a gelées jusqu'en septembre prochain... On sait au moins d'où vient l'argent de nos armes, des impôts de Aramco... 

Il est d'autres taxes plus modestes, mais bien utiles. les Echos encore racontent comment l'Europe a sauvé les vélos européens, menacés par la chine et autres conquérants asiatiques: par des taxes anti-dumping, qui vont de 10 à 70 %. L'économie est une guerre, rien n'y échappe. dans l'equipe le suisse Betrand Piccard, qui fit le tour du monde en avion solaire, nous glace dans une prophétie: "Les dinosaures auraient du parler aux oiseaux", dit-il à propos de l'industrie automobile européenne, qui ne saurait pas innover.

Dans le Figaro on me raconte une histoire qui se voudrait joyeuse. En Finlande, à Oulu dans la ville qui fut la capitale de Nokia, mais que la crise a saisi, des entrepreneurs se jettent dans l'eau glacée de la banquise pour vendre leur start-ups aux investisseurs...  Les corps sont un outil. En Inde, je le lis dans le Monde, des politiciens se suicident pour attirer l'électeur, Arun Pathak  de Benares qui se"st coupé les veines, a avalé du Valium, s’est immolé, et s’est jeté dans le Gange, une pierre attachée à la jambe, au nom du bien de la nation et pour qu'on l'entende. C'est plus risqué que passer à la télé. 

La croix publie une liste de 566 noms. ceux des morts de la rue, l'an dernier, en france, quand Aramaco faisait 111 miliards de bénéfices; Dans un gentil quartier de Paris, Pernety, me dit le Parisien, on va rendre hommage à André qui était sans abri et égayait le quartier de son vélo décoré de doudous et d'un drapeau du PSG, il est mort il ya d eux semaines à la pitié Salpétrière, le père françois de la paroisse notre dame du travail priera demain soir pour ce brave type, est-il meilleure épitaphe que ces deux mots.  

Et le communisme s'expose à Paris

Qui fut une espérance et un dérèglement esthétique avant de mal tourner et de subir le réalisme d'Etat, et ce communisme  nourrit l'Humanité, Libération par la plume de Philippe Lançon, et une revue que je vous conseille, l'oeil,  tout entière consacrée à l'image, ces trois journaux qui nous raconte une exposition au Grand palais, où l'on brasse l'art soviétique de 1919 à la mort de Staline, quand les artistes révolutionnaires renonçaient aux beaux-arts pour embrasser les temps nouveaux, puis le gel vint et dans une toile académique, Gorki faisait la lecture au dictateur Staline dont le bras atrophié était retouché... Libération me cite ces mots désabusés d'un linguiste russe...  «Nous nous sommes jetés vers l'avenir avec tr op de fougue et d'avidité pour pouvoir garder un passé. Nous avons trop vécu par le futur, trop pensé à lui, cru en lui, nous n'avons plus la sensation d’une actualité qui se suffise à elle-même, nous avons perdu le sentiment du présent.» 

Parfois, en l'âge technologique, ce vertige communiste est aussi le notre.

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