Patrick Cohen : Une histoire pour commencer... Bruno Duvic : Histoire qui parle de l'une des priorités du gouvernement : la dépendance des personnes âgées. C'est l'histoire d'une dame de 83 ans et de Donuts. Elle est racontée par Alexandre Bollengier dans Le Monde. La dame souffre d'une démence avancée : elle marche pendant des heures et des heures, sans but. C'est le seul moyen pour elle d'évacuer l'angoisse générée par la maladie. A tel point, qu'il faut marcher à ses côtés pour lui donner à manger ! Donuts, c'est un chien. Un golden retriever de deux ans et demi. Voici quelques jours, dans une résidence de Belfort qui accueille des malades d'Alzheimer, Donuts a réussi à faire asseoir la vieille dame. Assez pour qu'on puisse lui donner son déjeuner. La dame lui caressait la tête et le poitrail, elle était rassurée. Donuts, comme le titre drôlement Le Monde, c'est "un chien en CDI à l'hôpital". Grâce à lui, on parvient à tisser des liens avec les personnes âgées que la maladie enferme dans le silence. Et puis, en le caressant, en l'embrassant, elles font, sans s'en rendre compte, fonctionner leurs articulations. Des chiens pour aider les personnes âgées dépendantes. Des expériences similaires à celle de Belfort se déroulent en Ille-et-Vilaine et en Gironde. Evidemment, c'est une pierre minuscule sur ce chantier de la dépendance et de la souffrance des personnes âgées malades. Mais tout de même, grâce à Donuts, récemment, un monsieur de plus de 90 ans qui souffrait d'un cancer a retrouvé un peu de sérénité avant de s'en aller. Donuts s'était lové dans le creux de ses genoux et avait posé sa tête sur sa cuisse. Patrick Cohen : Un peu de chaleur avec cette histoire... On en a bien besoin ! Bruno Duvic : Le froid à la Une de beaucoup de journaux... Bien sûr, c'est une torture pour les gens qui dorment dehors : on ne l'oublie pas. Bien sûr, cela pose de vrais problèmes économiques, mais on ne peut pas s'empêcher de sourire ce matin à la lecture de la presse. Un peu de neige, quelques degrés en moins au thermomètre, et voilà qu'il faudrait s'équiper comme pour aller au pôle nord ! Dossier complet dans France Soir : ce qu'il faut manger pour résister au froid. Le quotidien vous propose même un kit de survie si vous restez bloqués dans les transports. Si vous suivez tous les conseils, votre voiture devient un garde-manger, avec baguette-jambon-beurre, œufs durs et fromage. Alors, c'est vrai que cet épisode de froid est exceptionnel pour début décembre... Il fait même la Une du Wall-Street-Journal. Photo de l'aéroport d'Edimbourg totalement paralysé : "Trop de froid trop tôt" titre le quotidien. Deux éditorialistes essayent de donner du sens à cet épisode. Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard fustige notre société qui déteste l'imprévu. Il faut le vœu que ces jours différents, où la vie se ralentit, soient l'occasion de sortir de nos habitudes quotidiennes. Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet s'adresse aux râleurs qui trouvent qu'on ne met pas assez de moyens pour mobiliser des saleuses et autres chasse-neige. C'est vrai que dans les pays nordiques, c'est différent, mais il faut rappeler que dans ces pays, les hivers sont plus longs et plus rigoureux, ce qui justifie des moyens plus importants. Les Bretons ou les Lyonnais seraient-ils d'accord pour se payer pareils investissements via leur feuille d'impôt ? On peut en douter. Le site "slate.fr" nous emmène dans le saint des saints de la SNCF : le centre national des opérations ferroviaires. C'est un peu la tour de contrôle de la SNCF installée près de la gare de l'Est à Paris. Dans ce reportage, Quentin Girard explique comment on gère les priorités en cas de crise, comme en ce moment. Et au passage, il glisse que la gestion des priorités pourrait être plus délicate quand le marché du transport de voyageurs sera totalement ouvert et quand des opérateurs privés feront pression sur la tour de contrôle pour que leurs trains ne subissent aucun retard. Voilà pour "la France engourdie", comme le titre joliment Le Parisien. Le redoux est attendu samedi. Patrick Cohen : Et le débat autour de Wikileaks continue... Bruno Duvic : Wikileaks et même la société numérique qui se dessine année après année. Libération ouvre aujourd'hui ses colonnes à des philosophes et intellectuels. Ce sont eux qui rédigent le journal et le sujet d'ouverture, c'est donc Wikileaks sous le double titre : "La fuite en avant" et "La dictature de la transparence". Pour Elisabeth Roudinesco, ce que révèle l'affaire Wikileaks, c'est que les gouvernants sont victimes de la même dictature de la transparence que celle qui affecte la vie privée des citoyens. Comment garder des informations secrètes dans ce contexte ? Umberto Eco imagine des espions revenant aux anciennes méthodes : déplacements discrets dans des diligences aux itinéraires incontrôlables avec des messages cachés dans un talon de chaussure. Dans La Tribune, Sophie Peters plaide pour un peu de secret, comme une famille qui laverait son linge sale entre elle. Certains jugements de diplomates doivent pouvoir rester secret. Umberto Eco tire un autre enseignement de cette affaire. Les informations des services secrets publiées par Wikileaks étaient déjà largement dans la presse. Les dossiers constitués par les services secrets n'ont donc rien de si extraordinaires : ils sont composés de coupures de presse. Plus largement, dans Le Point, le biologiste Joël de Rosnay porte un regard positif, celui-ci sur nos sociétés numériques. Pour lui, au contact des ordinateurs, d'Internet, des réseaux, nous sommes en train de créer un cerveau collectif. L'enjeu, c'est la démocratisation des connaissances. Nous sommes en train de faire émerger quelque chose de supérieur à nous. Reste la question : comment contrôler ce nouveau dieu ? Wikileaks, crise de l'euro... Dans Le Nouvel-Economiste, Henri Loiret fait un lien. Dans les deux cas, une même et troublante impuissance des Etats. Trop ou pas assez de transparence ? En tout cas, ce jeudi, les quotidiens et hebdomadaires multiplient les enquêtes et révélations : - La corruption à la FIFA dans Le Monde, - L'autre contrat explosif dans Le Point. A côté de celui de Karachi, il y a les ventes de frégates à l'Arabie Saoudite. Là aussi, les commissions étaient faramineuses. L'enquête d'Hervé Gattegno souligne les soupçons sur les balladuriens, et en particulier les proches de François Léotard dans l'organisation du circuit des commissions. Patrick Cohen : Politique, people et boule de cristal pour terminer... Bruno Duvic : A la Une du Figaro, les silences de Martine Aubry inquiète le PS. Ce sont les suites de la candidature Royal aux Primaires. A la Une de la Croix, Roselyne Bachelot défend les allocations familiales. Non, à la mise sous condition. Valeurs Actuelles : "L'homme qui n'en finit pas de monter dans la majorité : Copé, jusqu'où ira-t-il ?". Le people, c'est la couverture de Paris-Match à l'occasion de la sortie de son nouvel album. La Belphégor de la chanson française sort de sa cachette. Mylène Farmer accorde une interview à Nathalie Rheims. Elle réfute le terme de "recluse" la concernant et s'amuse des légendes qui circulent sur elle. Tenez-vous le pour dit, Mylène Farmer ne prend pas de bain de jus de tomates ! L'album s'appelle "Bleu-Noir". De quelle couleur sera l'année 2011 ? Le site "Rue89" invite ses lecteurs à faire leurs pronostics sur les évènements qui marqueront l'année prochaine. "Rue89" en propose une série plus ou moins probables, plus ou moins inquiétants. plus ou moins farfelus : - L'Iran acquiert la bombe atomique, - Ségolène Royal dénonce des fraudes aux Primaires au PS et se présente à la présidentielle en dehors du parti, - Le Conseil constitutionnel autorise le mariage homosexuel. Et puis, il est beaucoup question de l'un de nos sujets du jour : Internet et la société numérique. Voilà ce qui pourrait arriver en 2011 : - Wikileaks racheté par le magnat des médias Rupert Murdoch. - Les réseaux de téléphonie mobile qui saturent. - L'interface de Facebook qui deviendrait rose. - Et puis, et puis, une sextape de Patrick Balkany et Brigitte Bardot pourrait être mise en ligne. Vraiment, il faut dire stop à la tyrannie de la transparence ! A demain !

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