Dans l'Ain, des chauffeurs de bus scolaires roumains qui ne parlent pas français, le Progrès. A Paris, se battent à la machette des gangs de sri-lankais, Libération. Damien Hirst parle d'argent et de pubs, le Figaro.

On parle de Foie gras ce matin...

Un foie gras éthique, obtenu sans gaver les volatiles, et qui fait le bonheur de Sud-Ouest et le nôtre, un très beau reportage dans l'Estremadure, une région pauvre en Espagne, où Eduardo Sousa attire et chérit des oies sauvages captée pendant leur migration, elles se posent chez lui, appelées par les oies de sa ferme auxquelles elles vont se mêler et là se nourrissent des bonheurs de la dehesa; ce paysage méditerranéen où poussent figuiers, chênes et oliviers . « Toma bonita! » dit Eduardo en lançant du maïs aux oies migrantes pour les acclimater, elles seront protégées des prédateurs par ses chiens, elles feront du gras heureuse par coutume ancestrale, car les oies engraissent leur foie spontanément, en prenant le temps... Mais à la fin du bonheur, quand viendrait le moment de s'envoler à nouveau, par une nuit sans lune, Eduardo viendra  et avec des lampes LED aveugle les oies . Et dans leur inconscience, elles seront tuées, sans avoir souffert, assure-t-il, il épargne les oies baguées, et le cycle se perpétue.

C'est une histoire que les vegans n'aimeront pas, mais elle est passionnante par tout ce qu'elle nous dit.

Eduardo s'inscrit dans l'histoire, il affirme que sa technique vient des supplétifs hébreux que l'armée romaine avait emmené dans sa conquête de l'Espagne pendant l'antiquités. Mais il campe dans notre modernité. Il est devenu célèbre quand une vedette de la gastronomie new-yorkaise lui a consacré une conférence visionnée sur internet 1 millions et demi de fois. Le foie gras des oies d’Eduardo est sublime et rare et cher, c'est un met d'élite et de proximité, et savez-vous, il va échapper au bannissement du foie gras issus du gavage qu'a décidé New york... Et à partir d'Eduardo, Sud Ouest nous fait réfléchir: l'avenir de l'élevage des oies seraient dans leur libération, des animaux qui se sentent libre et sereins, de bonne foie, nous offriront le leur.

Et cette histoire libre animaux sacrifiés vient bien ce matin, quand s'ouvre la COP 25 à Madrid et le secrétaire général de l'ONU nous demande de cesser de faire la guerre à la planète. Les journaux, chacun à sa manière, interprètent le défi environnemental. Le Monde me convie à au "regret et à la consternation", devant le temps perdu, car on savait depuis 1979, il y a quarante ans, ce que notre mode de vie ferait à la planète: cette année 79, un rapport de l'académie des sciences américaines était remis à la maison blanche, il prédisait un réchauffement moyen compris entre 1.5 et 4.5 degrés. Le rapport fut oublié.

L'opinion et les echos se mobilisent ce matin, puisque le capitalisme se serait amendé? Un titre des echos, dont le numéro est entièrement tissé de textes écrit par des experts, des politiques, des célébrités, est révélateur: la COP 25 est « un sommet crucial pour éviter la décroissance ». Que faut-il sauver.

Le Parisien, lui, se demande quels arbres il faudra planter à Paris  our les âges à venir, nous donnant de l'ombre sans réclamer trop d'eau. Les feuilles de nos platanes sont tombées dès aout, l'été passé.

On parle aussi de chauffeurs de bus ce matin...

Des chauffeurs de bus scolaires, qui conduisent les enfants dans l'Ain et dans l'Isère, et qui ne parlent pas français. Ils sont roumains, embauchés par une compagnie, qui n'a pas de trouvé de chauffeurs français, la pénurie, nos chauffeurs roumains ont des petits panneaux indiquant leur ignorance de la langue, à la rentrée des enfants ont été déposés au mauvais arrêt, la colère monte dans le Bugey, elle est dans le Progrès qui m'apprend que la maitrise du français n'est pas une condition pour transporter nos enfants.

Voilà de quoi nourrir quelques fatigues face au monde; sous un faux air de folklore, Libération nous donne une autre raison. A Paris, des affrontements sanglants, à la machette au couteau au katana opposent des gangs de jeunes Tamouls, les  Mukkalas, Viluthus, Venillas, Red Boys, Eelam Boys, Cobras, la police peine à les comprendre, leurs membres sont issus de la communauté tamoul réfugiées en france pendant la guerre civile au Sri Lanka, et le sang qui tombe sur le trottoir parisien reproduit la violence d'une ile lointaine.

A la une de Libération et  de la voix du Nord, monte en puissance la grande peur du jeudi noir à venir, le 5 décembre jour de grève auquel le Parisien consacre plus de 7 pages nourries d'angoisses et de conseils, je retiens qu'on peut avec de bonnes chaussures, si le travail n'est pas trop loin, marcher. Le titre est teinté d'humour, « grève, le guide de survie », ce n'est pas bien sérieux.

Depuis deux ans me dit Ouest-France, tous les deux mois, des sachets de courses alimentaires sont déposés auprès de conteneurs à verre au niveau du stade de football, à Mériadec, Morbihan, ils contiennent des bouteilles d’eau en plastique remplie d’urine. La gendarmerie s'interroge, le maire est excédé. Ca aussi ça énerve.

Et un homme riche pour finir...

Damien Hirst, quinquagénaire artiste anglais contemporain vedette que le figaro qui a visité en basket tee-shirt dans son atelier de Londres, et qui se souvient qu'enfant il a subi les coupures d'électricité, puis il est devenu artiste consacré; il s'est remis à la peinture, il en parle et il parle d'argent, c'est assez drôle.

« L'argent m'intéresse, car c'est un domaine complexe, difficile à manier. Peut-être pas aussi compliqué que l’amour, mais pas loin. Quand j’ai commencé ma vie d’artiste, je n’avais aucun argent et ce fut rude. Et puis, j’ai commencé à en gagner et à avoir des problèmes avec mes amis des débuts, artistes comme moi. Qui paie le tournée au pub? Quel pub et dans quel quartier? »

C'est une très bonne question. L'Est républicain me montre les sourires en or massif des volontaires d'Emmaus,  qu'un photographe a suivi et honore d'une exposition à Vandoeuvre. La Croix me parle de générosité, et après une fin de semaine où l'on s'est disputé autour d'un black friday, me signale une autre coutume américaine débarquée chez nous, le giviving tuesday, le mardi du don, c'est demain. N'hésitez pas Damien!

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