Il fallait oser... "France Soir" l'a fait... Hier... Le quotidien n'a pas hésité à publier les caricatures de Mahomet qui ont créé l'émotion... On va dire ça comme ça... Chez les musulmans... Preuve brutale, mais preuve avant tout, que cette initiative est une décision éditoriale importante et courageuse, puisque le directeur de la publication, Jacques Lefranc, a été limogé hier soir par le propriétaire du quotidien... Le Franco-égyptien Raymond Lakah. En France, seul ce journal a osé... Mais il doit quand même se sentir moins seul, au niveau européen, puisque le journal "El Periodico" en Espagne, tout comme "La Stampa", ou "Il Corriere della Sera" en Italie, ou encore "Die Welt" en Allemagne, ont reproduit eux aussi tout ou partie des caricatures de Mahomet... D'ailleurs, dans "Die Welt", l'éditorialiste écrit : "On prendrait les protestations musulmanes plus au sérieux si elles étaient moins hypocrites... Quand la télévision syrienne a diffusé en prime time des drames documentaires montrant des rabbins en cannibales, les imams se sont tus". Serge Faubert, bonjour... Vous dirigez la rédaction de "France Soir"... La question est simple : s'il fallait le refaire, est-ce que vous le referiez, et de cette façon ?... Et que répondez-vous à ceux qui disent que "France Soir" aurait voulu se faire un coup de pub parce qu'il traverse une mauvaise passe financière ?... Merci, Serge Faubert... A lire également, sur ce sujet, le dossier de "La Croix", intitulé "Les religions face à la dérision"... Dossier dans lequel ce journal analyse les relations souvent mouvementées entre l'humour et le sacré... Disons, pour résumer, que l'ironie et le sarcasme entretiennent des relations difficiles avec les trois religions du Livre... Les chrétiens, eux, attendent le respect, explique "La Croix", même s'il n'y a pas de position unique sur ce sujet, dans le christianisme... Mais des positions comme celle du prêtre orthodoxe Michel Evdokimov, qui estime qu'avec la caricature, au lieu d'élever l'homme vers Dieu, on abaisse Dieu vers l'homme... En résumé toujours, côté islam, on aime l'humour, mais on pose des limites... Celles à ne pas franchir étant notamment la représentation du Prophète... Quant au judaïsme, il pratique l'autodérision... "Non, franchement, je ne vois pas, dit le rabbin parisien Haïm Korsia... Non, je ne vois pas, dans un passé récent, de protestations provoquées par une caricature à propos de l'une ou l'autre figure du judaïsme". Enfin, je voudrais vous signaler que je suis allé feuilleter les pages de grands journaux des pays arabes, comme "El Watan" en Algérie, "La Presse" au Maroc, ou "L'Orient-Le Jour" au Liban... Eh bien, il y a comme une grande discrétion, dans ces journaux, ce matin... Peu de commentaires... Tout juste quelques articles factuels, signalant la publication des caricatures par des journaux européens, dont "France Soir". La lecture de la presse ce matin, c'est un peu le mal de mer. 3 heures et demie du matin, hier... Conditions climatiques acceptables... Pourtant, à 92 kilomètres au large de Cherbourg, le chimiquier "Ece", transportant 10.000 tonnes d'acide phosphorique, entre en collision avec un vraquier gorgé de phosphate... Vous imaginez le tableau... Genre "expérience chimique en mer"... Eprouvette géante... Eprouvant épisode en Manche. Mais dormez tranquille, nous disent les experts... Pas de risques graves pour l'environnement... L'acide est soluble dans l'eau... Il n'aurait qu'un effet létal "ponctuel et fugace"... Comme l'écrit Eric Fottorino dans "Le Monde", les poissons apprécieront la fugacité ponctuelle du poison. Le pire, c'est que ce genre d'accident est monnaie courante dans la région... Et pour cause, nous explique "Libération" : 150 navires, soit 20% du trafic maritime commercial, croisent tous les jours en Manche... Ce qui fait qu'à chaque minute du jour et de la nuit, une collision est évitée... Jusqu'au jour où elle ne l'est pas. Ce qui a été le cas, il y a trois semaines... On en a peu parlé... La routine. On en arriverait presque à trouver ça normal d'ailleurs, puisque vers 18 heures chaque jour, explique le contre-amiral Edouard Guillot, la navigation en Manche s'apparente à une traversée de la place de la Concorde à 150 kilomètres/heure... Ca peut paraître complètement fou... Mais parole de contre-amiral ne saurait être remise en cause. D'où le titre de "Libé" : "La pagaille du rail"... Car la voie de navigation en Manche, une automer, est constituée de trois rails, précisément : au nord : le rail du Pas de Calais, au large du Cotentin : le rail des Casquets, et près des côtes bretonnes : le rail d'Ouessant... Une zone où, espérons-le, il reste un peu d'eau dans l'acide. Le mal de mer... C'est aussi le mal FAIT en mer... Lorsque les flots tournent au rouge.. La couleur du sang... Celui des baleines massacrées par les marins japonais... Ca fait des années que ca dure, dans l'indifférence générale, sauf lorsque Greenpeace vient y mettre son nez... Images dejà vues, mais toujours saisissantes, du combat de David contre Goliath... Les militants écologistes sur leurs frêles esquifs, à l'assaut des forteresses baleinières... Il y a un côté "Robin des Mers contre pirates du lobby baleinier"... Ces images, vous pourrez les voir dans "Paris Match"... Une mer rouge sang... Où l'on voit une baleine massacrée treuillée après le harponnage... Et ce n'est pas fini : une fois qu'elle est sur le pont, il faut plusieurs coups de fusil pour la tuer... Une agonie qui peut durer une demi-heure... Voire plus... Comme pour cette baleine, que les pêcheurs n'arrivent pas à achever... Alors, ils la laissent retomber... La nageoire caudale étant pulvérisée par les chocs contre la coque, la baleine se noie. Vous verrez aussi les marins japonais agresser les militants de Greenpeace à coups de lances à incendie... D'ailleurs, les affrontements sont de plus en plus violents... C'est maintenant au harpon qu'ils sont menacés, les combattants de Greenpeace. Sans mauvais jeu de mots : cétacé pour aujourd'hui... Demain, dans quelques jours, dans quelques semaines, les mêmes scènes se reproduiront, dans l'indifférence, ou presque... Parce que la mission des écologistes, qui n'a sans doute jamais été aussi périlleuse, donne des résultats encourageants... Pendant 15 jours, récemment, des tueurs de baleines ont été constamment gênés... Mais enfin, la loi leur permet d'en tuer 2.137 cette année, pour une chasse faussement scientifique... Jamais les Japonais n'ont publié un article sérieux depuis 20 ans. D'ailleurs, il EST chez lui... Dès lors qu'il passe à la télé, le chef du gouvernement italien est comme dans son salon... Y compris sur les chaînes dont il n'est pas propriétaire. C'est "Le Point" qui nous dresse le tableau de cette présence médiatique impressionnante... En 14 jours, et à moins de 3 mois des élections générales, Berlusconi a participé à 11 émissions sur les chaînes privées et publiques italiennes. Le même jour, on a pu le voir dans un débat politique en prime-time, et dans une émission sur le foot, en seconde partie de soirée... En fait, il n'était coupé que par la pub... Et les téléspectateurs qui l'auraient manqué ce jour-là ont eu droit à une session de rattrapage le lendemain matin, entre deux recettes de cuisine destinées aux ménagères. Au bout du compte, le dernier relevé hebdomadaire des temps d'antenne de chaque responsable politique se présente comme suit : pour Berlusconi : 3 heures et 16 minutes... Et pour son adversaire principal, Romano Prodi : 8 minutes. Même la radio y passe... Le Président du Conseil italien s'invite partout, même sur les ondes d'Isoradio, la station qui informe les automobilistes sur l'état des routes. Et il se justifie : "Je suis très présent, parce que 85% des journalistes sont communistes en Italie". Imaginez Dominique de Villepin, qui pourtant détient moins de pouvoirs entre ses mains que Berlusconi... Imaginez le Premier ministre français à "100 minutes pour convaincre" puis, juste après, dans une émission de foot... Puis qu'on retrouverait le lendemain chez Joël Robuchon sur France 3, avant de l'entendre sur "Autoroute FM"... On se demanderait dans quelle démocratie on est. Cette question, les Italiens se la posent, évidemment... Les Italiens hallucinent... Mais ils n'ont guère le choix : leur Premier ministre contrôle directement 95% des chaînes privées et, vu sa position, les chaînes publiques... Indirectement, mais il les contrôle quand même. Quelle présence tout de même, ce Berlusconi ! Bonne journée !... A demain !...

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