"Chaud devant !"... "Chaud devant !", c'est le titre qui barre la Une de France Soir... Rien à voir avec la photo de pin-up (très peu vêtue) qui orne la page 3... Sous ce titre ("Chaud devant !"), la rédaction du journal nous précise que les experts du monde entier, réunis à Paris, "poussent un cri d'alarme"... Ces experts, ce sont les 500 délégués du GIEC (le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat)... Après une semaine de discussions à huis-clos, ils publieront la synthèse de 6 ans de travaux... En conclusion, ils nous diront que, d'ici à la fin du siècle, les températures grimperont parfois de 4 degrés, pendant que le niveau des mers s'élèvera, lui, de 58 centimètres... Ces scientifiques estiment que l'augmentation des rejets de gaz à effet de serre (dus à l'activité humaine) est étroitement liée au réchauffement de la Terre... Ce qui fait dire à Philippe Escande, dans Les Echos : "Il a fallu une génération pour que les citoyens le comprennent pour le tabac et en acceptent les contraintes... Il faudra le même temps pour ancrer dans les consciences la nécessité de brûler moins d'énergie pour limiter les conséquences désastreuses d'une modification des climats de la planète"... Dans La Tribune, Pascal Aubert, optimiste, nous prévient : "Le rapport que les experts du climat réunis à Paris vont rendre public aujourd'hui est sans doute appelé à devenir le livre de chevet de nombre de ministres et de chefs d'entreprise à travers le monde"... Au Royaume-Uni, le Guardian rapporte qu'un groupe de réflexion américain, financé par le géant pétrolier ExxonMobil, offre 10.000 dollars (7.700 euros) aux scientifiques et économistes qui contesteront les conclusions des délégués du GIEC sur le réchauffement de la planète... Jacques Chirac profite de la publication de ce rapport scientifique sur le climat pour ouvrir aujourd'hui (et toujours à Paris) la "Conférence pour une gouvernance écologique mondiale"... Ce qu'il vise, c'est la création d'une "organisation des Nations Unies pour l'environnement", une ONU-"E"... Le Figaro nous indique que l'idée est encore loin de faire l'unanimité parmi les "puissants" : Etats-Unis, Russie, Chine et Inde se montrent d'ores et déjà réticents à l'idée d'un tel organisme... Russes, Chinois et Indiens craignent de se voir imposer des mesures qui pourraient entraver leur croissance... Quant aux Américains, Bernard Le Solleu nous rappelle, dans Ouest-France : "Au premier Sommet de la Terre en 1992 à Rio, Bush père assurait déjà que 'le mode de vie américain n'est pas négociable'"... C'est justement pour leur parler d'environnement et de la création éventuelle d'un organisme onusien destiné à lutter contre le réchauffement climatique que Jacques Chirac avait convié, lundi dernier à l'Elysée, des journalistes français et américains (Le Nouvel Observateur, New York Times et International Herald Tribune)... Et là, le chef de l'Etat a-t-il fait "pschitt" pour tenir des propos "abracadabrantesques" ?... Il a commis, devant mes confrères, ce que Libération a baptisé "l'Irangaffe" (en référence à l'affaire de l'Irangate)... Face à ses interlocuteurs médusés, il a déclaré qu'il n'était "pas tellement dangereux que l'Iran ait une bombe nucléaire", ajoutant : "Il va l'envoyer où, cette bombe ?... Sur Israël ?... Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasé"... Le lendemain, le Président de la République rappelle les journalistes... Il veut préciser sa pensée... Il craint de s'être montré "schématique"... L'envoyée spéciale du New York Times n'en revient pas : elle décide de publier le propos présidentiel, alors qu'il lui était demandé de ne pas le faire... Cette histoire inspire à l'éditorialiste du Républicain Lorrain, Philippe Waucampt, un titre d'un mot, en forme de question : "Ségolinade ?"... Pour Laurent Joffrin, dans Libération, "Jacques Chirac fait passer rétrospectivement les propos ségoliens sur le nucléaire civil iranien ou sur le nombre de sous-marins nucléaires pour d'aimables anicroches"... Dans La République du Centre, Jacques Camus relève que "pour dix fois moins que cela, Ségolène Royal aurait été atomisée par l'UMP"... Alors ?... Que s'est-il passé ?... Qu'arrive-t-il au chef de l'Etat ?... ...Pour tenter de répondre à ces questions, Le Parisien-Aujourd'hui en France reprend l'article de la journaliste américaine du New York Times reçue à l'Elysée... A propos de sa première rencontre avec Jacques Chirac (celle du jour de la déclaration sur l'Iran), elle le dépeint "las, distrait, oubliant noms et dates, et discrètement rappelé à l'ordre, à un moment, par un collaborateur qui lui passe un petit papier lui intimant de revenir au sujet"... "Il ne manquait plus que lui ! (...) Depuis le temps que ça le démangeait !"... Constat exclamatif de Jean-Pierre Bédeï, dans La Dépêche du Midi, à propos de José Bové... Pour La Montagne, Dominique Valès renchérit : "Lui qui s'était engagé à ne jamais se présenter à une élection (...) finalement fait acte de candidature"... En page intérieure de Libération, ça devient : "Bové 'l'insurgé électoral' dans la course"... Dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, Daniel Llobregat, toujours à propos de José Bové, avance ce commentaire : "Plus que jamais, la droite, avec son candidat presque unique mais très dominant, peut se frotter les mains"... ce à quoi Chantal Didier répond, dans L'Est Républicain : "Rien n'assure que la popularité de Bové se transformera en vote"... Enfin, de Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, cette raillerie : "Se définir comme 'porte-voix des sans-voix', voilà qui en bouche un coin... Ca revient presque à se proclamer opticien pour les aveugles"... Plus de 7 électeurs sur 10 jugent la campagne électorale "de mauvaise qualité"... Les Français réclament un débat d'idées... C'est dans Le Figaro, Le Figaro qui publie, avec la chaîne de télévision LCI, un sondage réalisé les 30 et 31 janvier auprès de 1.071 personnes en âge de voter, enquête de l'institut OpinionWay... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, associé pour l'occasion à i> télé, c'est (cette fois) l'institut CSA qui nous apprend que les 18-24 ans préfèrent Sarkozy à Royal, 35% contre 31 (sondage effectué mercredi auprès de 902 personnes de 18 ans et plus)... La candidate du Parti Socialiste et son rival de l'UMP ont commencé à s'affronter sur ce terrain-là... Hier soir à Grenoble, Ségolène Royal a décrit son adversaire en "candidat antijeunes", et s'en est pris (vous le lirez dans Libération) "à ceux qui pensent que les jeunes sont un problème, qui n'en parlent qu'en termes de délinquance, qui ne cessent de les stigmatiser"... Elle s'est engagée notamment, si elle est élue, sur la contraception gratuite pour les jeunes filles, sur le permis de conduire offert pour tout jeune diplômé du CAP, sur un prêt à taux zéro de 10.000 euros garanti par l'Etat... "Elle cherche à s'attacher le vote des jeunes", constate Le Figaro... pendant que mes confrères des Echos nous apprennent que "Sarkozy tente de séduire les enseignants", pendant que sa rivale socialiste cherche à les écouter... Ce soir, à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, le candidat de l'UMP devrait proposer des mesures concrètes pour revaloriser les statuts des rémunérations des personnels de l'Education nationale... Nicolas Sarkozy promettrait d'organiser, une fois élu, une conférence paritaire consacrée au pouvoir d'achat des enseignants... Il envisagerait aussi de mettre en place, dans les écoles, des "cours supplémentaires en échange d'un complément de rémunération", le tout couronné par l'octroi d'une "liberté pédagogique" (mais là, la rédaction des Echos ne nous en dit pas davantage)... De son côté, hier, Ségolène Royal a rencontré, pendant près de deux heures, 32 enseignants réunis par l'ancienne secrétaire nationale du SNES-FSU, la Grenobloise Monique Vuaillat... Un mot de la couverture de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles... A côté d'un gros titre qui nous invite à découvrir "les secrets de l'Elysée", le magazine se pose (et nous pose) cette question : "Ségolène va-t-elle dévisser ?"... Cette interrogation des journalistes de Valeurs Actuelles apporte de l'eau au moulin électoral de Ségolène Royal... Hier, elle a dénoncé "les médias amis du pouvoir (...), ceux-là mêmes qui se demandent tous les jours si je vais tenir et pourquoi il ne faudrait pas changer de candidate"... Plusieurs de vos journaux, ce matin, se montrent curieusement attentifs à ce que porte la reine des meetings socialistes... "vêtue d'une jupe grise plissée, d'un chemisier blanc et d'une veste de cuir noir"... A quand le même type de description pour les hommes de la campagne électorale ?... Je vois ça d'ici : "José Bové, pipe de bruyère à tuyau droit, blouson en mouton du Larzac, pantalon de velours à grosses cotes, souliers type Mephisto"... Ca aurait de la gueule, non ?

Alain LE GOUGUEC

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